Les ‘âyah explicites et les ‘âyah non explicites.

Les ‘âyah explicites et les ‘âyah non explicites.

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm

الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ

Louanges à Allâh Seigneur des mondes, que Allâh honore et élève davantage en degrés notre maître MouHammad et qu’Il préserve sa communauté de ce que le Prophète craint pour elle.

Esclaves de Allâh, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allâh, Al-`Aliyy, Al-`ADHîm, Lui Qui dit dans Son Livre honoré :

﴿هُوَ الَّذِيَ أَنزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُّحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ في قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاء الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاء تَأْوِيلِهِ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِّنْ عِندِ رَبِّنَا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلاَّ أُوْلُواْ الألْبَابِ

(Houwa l-ladhî ‘anzala `alayka l-kitâba minhou ‘âyâtoun mouHkamâtoun hounna ‘oummou l-kitâbi wa ‘oukharou moutachâbihâtoun fa ‘ammâ l-ladhîna fîqoulôubihim zayghoun fayattabi`ôuna mâ tachâbaha minhou btighâ’ l-fitnati wa btighâ’a tawîlihi wa mâya`lamou tawîlahou ‘illâ l-Lâhou wa r-râçikhôuna fî l-`ilmi yaqôulôuna ‘âmannâ bihî koulloun min `indi rabbinâ wa mâ yadh-dhakkarou ‘illâ ‘oulôu l-‘albâb)

ce qui signifie :« C’est Lui Qui a fait descendre sur toi le Livre dans lequel il y a des ‘âyah mouHkamah -explicites- qui sont la référence et d’autres ‘âyah moutachâbihah – non explicites-. Ceux qui ont un égarement dans leur cœur suivent ce qui n’est pas explicite en vue de semer la discorde et pour l’interpréter de la mauvaise manière. Et seul Allâh sait son ta’wîl ainsi que ceux qui sont versés dans la science et qui disent : ‟ Tout est de la part de notre Seigneur ! ” Seuls ceux qui sont dotés de raison sont exhortés par cela. » [sôurât ‘Âli `Imrân / 7].

Mes frères de Foi, notre Seigneur tabâraka wa ta`âlâ nous a indiqué que dans le Qour’ân, il y a des ‘âyah explicites et des ‘âyah non explicites. Quant aux ‘âyah explicites, ce sont celles dont le sens qui est visé est clair et celles qui n’admettent qu’une seule interprétation du point de vue de la langue. C’est-à-dire qu’elles n’admettent qu’une seule signification.

Par exemple, il y a la parole de Allâh dans sôurat Al-‘IkhlâS :

﴿وَلَمْ يَكُن لَّهُ كُفُوًا أَحَدٌ

(wa lam yakoun lahou koufouwan ‘aHad)

ce qui signifie : « Et il n’a point d’équivalent » [sôurât Al-‘IkhlâS / 4]

Et la Parole de Allâh :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihi chay’)

ce qui signifie :« Rien n’est tel que Lui. » [Sôurat Ach-Chôurâ / 11]

Allâh tabâraka wa ta`âlâ a appelé les ‘âyah mouHkamah– explicites : « Oummou l-kitâb » c’est-à-dire la référence. Autrement dit, elles sont la base à laquelle on ramène les ‘âyah moutachâbihah – non explicites. La plupart des ‘âyah du Qour’ân sont explicites mouHkamah.

Pour ce qui est des ‘âyah moutachâbihah – non explicites, ce sont celles dont le sens qui a été visé n’est pas indiqué clairement et qui du point de vue de la langue arabe, admettent plusieurs possibilités d’interprétation, c’est-à-dire plusieurs sens. Pour connaître le sens qui est visé, il y a besoin d’une étude faite par les gens qui ont de la compréhension, qui ont une connaissance des textes de Loi ainsi que de leur signification et qui ont une connaissance de la langue arabe de sorte que les différents sens possibles ne leur échappent pas.

En effet, ce n’est pas toute personne qui récite le Qour’ân qui a la capacité de l’expliquer. En guise d’exemple, il y a la parole de Allâh ta`âlâ:

﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

(Ar-RaHmânou  `ala l-`archi stawâ)[sôurat Tâhâ / 5]

 Dans la langue arabe, le mot ‘istawâ admet quinze sens. Donc,  il y a besoin d’une étude faite par des savants afin de connaître le sens visé dans cette ‘âyah.

Chers frères de Foi, les gens de Ahlou s-sounnah ont suivi deux voies pour l’interprétation des ‘âyah moutachâbih non explicites. Les deux voies sont valables. La première est celle qui est suivie par la majeure partie des Salafs (les Salafs sont les savants musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire). En effet, ils ont interprété ce qui n’est pas explicite d’une interprétation globale en ramenant ces ‘âyah non explicites aux ‘âyah explicites – mouHkamah, et ce en croyant que ces ‘âyah font partie du Qour’ân, et ont une signification qui convient à l’éminence de Allâh, sans préciser ce sens. Ils ne l’expliquent pas pour autant selon le sens apparent, c’est-à-dire le sens qui vient en premier à l’esprit. Lorsqu’ils entendent la parole de Allâh :

﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

(Ar-RaHmânou  `ala l-`archi stawâ)[sôurat Tâhâ / 5]

Ils la ramènent à la ‘âyah explicite comme la ‘âyah :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihî chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui. » [sôurat Ach-Chôurâ / 11]

Et ils savent que le sens apparent de la parole de Allâh ta`âlâ :

﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

(Ar-RaHmânou  `ala l-`archi stawâ)[sôurat Tâhâ / 5]

c’est-à-dire le sens qui vient communément à l’esprit – qui est l’installation ou la position assise –  n’est pas le sens visé par cette ‘âyah car il s’agit de caractéristiques des créatures. Ce sens est donc contraire aux ‘âyah mouHkamah – explicites comme celle-ci :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihî chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui. » [sôurat Ach-Chôurâ / 11]

Les Salafs l’ont donc interprétée d’une interprétation globale. Ils ont dit que Son ‘istiwâ’ est un ‘istiwâ’ qui convient à Son Être. C’est-à-dire qu’il ne s’agit ni d’une position assise, ni d’une installation, ni d’un établissement. Il n’a de ressemblance ta`âlâ avec aucune caractéristique des créatures.

L’Imam Ach-Châfi`iyy, que Allâh l’agrée,a dit à ce sujet : « J’ai cru fermement en ce qui est parvenu de la part de Allâh selon le sens qui est visé par Allâh. J’ai cru fermement en ce qui nous est parvenu du Messager de Allâh selon le sens visé par le Messager de Allâh. »

C’est-à-dire,  que  Allâh l’agrée, en excluant les significations perceptibles et corporelles que les illusions et les pensées pourraient avoir comme interprétation, car ces choses ne sont pas possibles au sujet de Allâh.

La seconde voie, c’est la voie des savants du Khalaf (ce sont les savants musulmans qui sont venus après les trois premiers siècles de l’Hégire). Ils interprètent d’une façon détaillée en identifiant les sens corrects selon la langue arabe. Eux non plus ne les expliquent pas selon leurs sens apparents, agissant ainsi conformément aux gens du Salaf.

Donc, les gens du Salaf -les prédécesseurs- et ceux du Khalaf –les successeurs- sont en accord sur le fait de ne pas donner à ces ‘âyah le sens apparent.

Au sujet de la ‘âyah :

﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

(Ar-RaHmânou  `ala l-`archi stawâ)[sôurat Tâhâ / 5]

que nous avons donnée à titre d’exemple de’âyah non explicites, la plupart des Salaf en ont dit : (‘istawâ bilâ kayf). C’est-à-dire c’est un ‘istiwâ‘ qui est sans comment, qui convient à l’éminence de Allâh, et qui n’est donc pas dans le sens relatif aux caractéristiques des créatures. C’est-à-dire  que précisément ce n’est ni dans le sens de la position assise, ni dans le sens l’installation, ni dans le sens de l’élévation par l’endroit.

Pour ce qui est des gens qui ont suivi la seconde voie, ils ont dit que al-’istiwâ’ signifie : Il a dominé, préservé et maintenu en existence. Parce que dans la langue arabe, qahra – dominé- fait partie des sens de ‘istiwâ, et ce sens est conforme à la ‘âyah explicite :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihî chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui. » [sôurat Ach-Chôurâ / 11]

et à Sa Parole ta`âlâ :

﴿ وَهُوَ الْقَاهِرُ‌ فَوْقَ عِبَادِهِ﴾

 (wa houwa Al Qâhirou fawqa `ibâdih) [sôurat al-‘An`âm]

Alors, ils ont retenu ce sens-là, à savoir : la domination –Al-qahr.

Certains égarés prétendent que le ta’wîl est interdit et que les Salaf n’ont jamais fait de ta’wîl. Mais ce sont là des paroles infondées et réfutables. Comment en serait-il autrement alors qu’il est parvenu avec une forte chaîne de transmission, au sujet du maître des gens Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, que Ibnou `Abbâs lui a ramené l’eau pour son wouDôu’ et le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam lui a dit :

 « من فعل هذا ؟»

(man fa`ala hadhâ)

ce qui signifie :« Qui a fait cela ? »

Ibnou `Abbâs répondit : « moi ô Messager de Allâh »

Le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam dit alors :

« اللهم فقهه في الدين وعلمه التأويل »

(Allâhoumma faqqih-hou fi d-dîni wa `allimhou t-ta’wîl)

ce qui signifie : « Ô Allâh accorde-lui la science de la religion et enseigne-lui l’interprétation. »

Si le ta’wîl avait été interdit, ses paroles du Prophète auraient été des invocations contre Ibnou`Abbâs et non pas des invocations en faveur de Ibnou `Abbâs.

Plus encore, empêcher le ta’wîl mène à prétendre des contradictions au sein même du Qour’ân. Allâh ta`âlâ dit :

﴿وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَ مَا كُنتُمْ

(wa houwa ma`akoum ayna mâ kountoum)[sôurat Al-Hadîd / 4]

Ce qui signifie : « Il sait toute chose vous concernant, où que vous soyez ». Si quelqu’un retenait le sens apparent de cette ‘âyah: et aurait donc pour croyance que Allâh est avec tout un chacun par Son Être ou qu’Il prend place dans tous les endroits et s’il retenait le sens apparent de la ‘âyah :

﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

(Ar-RaHmânou `ala l-`archi stawâ)[sôurat Tâhâ / 5], et aurait donc cru que Allâh est assis sur le Trône, cela entraînerait une contradiction ; car cela signifierait que Allâh est dans la direction du haut au-dessus du Trône et avec tout un chacun par Lui-même, dans toutes les directions et parmi cela la direction du bas, vers la terre. Cela entraînerait donc des contradictions et il n’est pas possible qu’il y ait des contradictions dans le Qour’ân.

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ أَفَلَا يَتَدَبَّرُ‌ونَ الْقُرْ‌آنَ ۚ وَلَوْ كَانَ مِنْ عِندِ غَيْرِ‌ اللَّـهِ لَوَجَدُوا فِيهِ اخْتِلَافًا كَثِيرً‌ا

 (‘Afalâ yatadabbarôuna l-qour’ân wa law kâna min `indi ghayri l-Lâhi lawajadôu fîhi –khtilâfan kathîrâ)

ce qui signifie :« Ne méditent-ils pas au sujet du Qour’ân ? S’il était parvenu de la part de quelqu’un d’autre que Allâh, ils auraient relevé beaucoup de divergences et de contradictions. » [sôurat An-Niçâ’ / 82]

Mais, si quelqu’un ramène ces deux ‘âyah à la ‘âyah :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihî chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui. » [sôurat Ach-Chôurâ / 11]

et interprète al-‘istiwâ’ par la domination ou bien il dit que al-’istiwâ’ a un sens qui convient à Allâh et qui exclut au sujet de Allâh la position assise et l’installation sur le Trône et interprète la Parole de Allâh :

﴿وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَ مَا كُنتُمْ

(wa houwa ma`akoum ayna mâ kountoum)[sôurat Al-Hadîd / 4]

par la science, c’est-à-dire qu’Il sait tout à votre sujet, cela aurait été une cause de sauvegarde. Car cela est conforme à la ‘âyah :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihî chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui. » [sôurat Ach-Chôurâ / 11]

Par ailleurs, que dirait celui qui empêche de faire le ta’wîl au sujet de la parole de Allâh au sujet de notre maître ‘Ibrâhîm`alayhi s-salâmdans  la sôurat AS-Saffât  :

﴿وَقَالَ إِنِّي ذَاهِبٌ إِلَى رَبِّي سَيَهْدِينِ

(Wa qâla ‘innî dhâhiboun ‘ilâ rabbî sayahdîn) [sôurat AS-Saffât / 99 ]

Et ‘Ibrâhîm`alayhi s-salâm partait vers la Palestine. Est-ce que, selon sa prétention, il dirait que Allâh habite la Palestine ou bien alors va-t-il faire un ta’wîl (une interprétation) pour considérer le sens cette ‘âyah de manière conforme avec les ‘âyah explicites telles que

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

(Layça kamithlihî chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui. » [sôurat Ach-Chôurâ / 11] et tant d’autres ‘âyah explicites ?! En sachant que ce qu’a visé notre maître ‘Ibrâhîm`alayhi s-salâm par sa parole est : « Je vais là où mon Seigneur m’a ordonné d’aller ! »

Mon frère musulman, si tu as lu une ‘âyah dans le Qour’ân et dont le sens apparent est contraire aux ‘âyah explicites, ne te précipites pas si tu n’as jamais entendu l’explication de la part de ceux qui sont qualifiés pour le faire, dis : « elle a un sens qui est digne de Allâh ! » et réfère-toi aux ‘âyah explicites. Ne retiens absolument pas le sens apparent, c’est-à-dire le sens qui vient à ton esprit et qui conduirait à penser queAllâh  a des similitudes avec les choses qu’Il a créées.

   Que Allâh agrée AHmad Ar-Rifâ`iyy Al-Kabîr qui a dit ce qui signifie : « Préservez votre croyance de l’attachement au sens apparent de ce qui est non explicite dans le Qour’ân et la Sounnah car ceci est une des portes pour la mécréance. »

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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