La bataille de ‘OuHoud

La bataille de ‘OuHoud

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître Mouĥammad Al-’Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier Mouĥammad.

Après la grande victoire des musulmans sur les associateurs dans la bataille de Badr, cette bataille ayant entraîné de nombreux morts dans leurs rangs, les rescapés des mécréants retournèrent à la Mecque qui était encore à cette époque aux mains des associateurs. Ils y étaient revenus désillusionnés . Ayant trouvé que la caravane de Abôu Soufyân était arrivée saine et sauve, ils s’étaient mis d’accord entre eux : ils vendraient les marchandises et assureraient avec le bénéfice obtenu les frais de réparation d’une armée destinée à combattre le Prophète Mouĥammad, afin de venger la mort de leurs pères, de leurs frères et de leurs fils qui avaient combattu le Prophète ŝalla l-Lâhou `alayhi wa sallam et les Compagnons et qui avaient voulu en finir avec l’Islam à Badr.

Qouraych s’étaient réunis pour préparer le combat contre le Messager de Allâh. Ayant dépêché des émissaires vers certaines tributs alliées, ils avaient demandé des combattants pour se joindre à eux. Trois mille associateurs s’étaient donc rassemblés munis de leurs boucliers et de leurs armes. Il y avait parmi eux deux cent cavaliers et quinze chamelles sur lesquelles on avait installé des palanquins sortes de chaises ou de litières surmontée de tentes posées sur le dos des chameaux. Quelques femmes des associateurs s’y tenaient afin d’encourager ces derniers au combat et leur rappeler la défaite de Badr.

La nouvelle parvint au Messager de Allâh qui dit ce qui signifie: “ J’ai vu du bien, par Allâh (c’est-à-dire dans le rêve). J’ai vu des vaches se faire égorger, j’ai vu sur la partie tranchante de mon épée une fêlure et je me suis vu faire entrer ma main dans un bouclier sûr. Je l’ai interprété par Médine ”. La signification de ce rêve qu’a vu le Messager est la suivante : les vaches étaient des gens qui allaient être assassinés. Quand à la fêlure dans l’épée, c’était un homme de la famille du Prophète qui serait assassiné.

Pendant leurs préparatifs, Abôu Soufyân s’était adressé à Al-`Abbâs fils de `Abdou l-Mouttalib et oncle paternel du Messager de Allâh, il lui avait demandé de sortir avec lui pour combattre les musulmans. Mais Al-`Abbâs n’avait pas accepté et avait prévenu secrètement le Prophète, le mettant ainsi en garde contre le danger imminent .

Les mécréants de Qouraych étaient sortis avec leur armée jusqu’à parvenir aux alentours de Médine l’Illuminée, près de la montagne de ‘Ouĥoud. Là, le Prophète éminent accomplit la prière du vendredi devant les gens. A cette occasion, il les encouragea au combat et à la persévérance. Il était sorti avec sept cent combattants courageux parmi les compagnons honorables, après que certains eurent repris le chemin de Médine, par peur du combat.

Le plan de guerre qu’avait mis en place le Prophète consistait à prendre position de sorte que Médine l’Illuminée soit face à lui et que la montagne de ‘Ouĥoud soit derrière. Il couvrit ses arrières en disposant cinquante archers adroits sur les hauteurs d’une colline élevée donnant sur le champ de bataille. Leur chef était un compagnon honorable du nom de `Abdou l-Lâh Ibnou Joubayr. Le Prophète leur avait ordonné de garder leur position et de ne pas la quitter avant d’avoir eu son autorisation. Il leur a dit ce qui signifie : « Repoussez avec vos flèches les chevaux loin de nous ».

Le Bien-Aimé, l’Élu avait par ailleurs partagé l’armée en plusieurs parties, à la tête desquelles il avait mis un chef, se chargeant lui-même de la direction du groupe de tête.

Le combat s’engagea et lorsque les associateurs vinrent, les épées tranchantes des musulmans les accueillirent ferment. Il y avait parmi les compagnons un homme courageux, reconnu pour sa bravoure et sa fermeté face aux mécréants. Il s’appelait Abôu Doujânah. Le Prophète lui donna une épée qu’il saisit. Il attacha sur sa tête un morceau de tissu rouge en signe de combat. Puis il brandit son épée et rien ne vint devant lui sans qu’il ne le fracasse ou ne le fasse tomber à terre. Il y avait un homme parmi les associateurs qui ne laissait pas un seul blessé musulman sans qu’il ne l’achève. Abôu Doujânah le rattrapa pour soulager les gens de sa nuisance. Ils se rencontrèrent et l’associateur asséna à Abôu Doujânah un coup qu’il amortit avec résolution et fermeté puis à son tour il lui asséna un coup d’épée si fort qu’il le tua.

Les gens menèrent un rude combat. Les archers musulmans remplirent leur tâche : ils furent l’une des causes du repli des mécréants et de leur fuite. C’était la perte des associateurs. Pourtant, un événement douloureux se produisit, qui changea totalement la fin de la bataille : les archers à qui le Prophète avait ordonné de couvrir les arrières des musulmans et de ne pas quitter leur position avant d’avoir son autorisation abandonnèrent, pour la plupart leur position.

Pensant que la bataille était finie et qu’il ne restait plus aucune trace des associateurs, ils descendirent pour prendre du butin. Il resta moins de dix archers qui, refusant de les rejoindre leur avaient dit : Nous obéissons au Messager de Allâh et nous gardons notre position. C’est alors que Khâlid Ibnou l-Walîd qui était encore associateur vit le reste des archers et se dirigea vers eux avec un groupe d’associateurs. Ils prirent par surprise ce faible nombre d’archers à revers et les assassinèrent, y compris leur chef Âbdou l-Lâh Ibnou Joubayr. Les clameurs des associateurs s’élevant, les musulmans furent surpris par l’encerclement. Certains furent tués et la situation devint pénible pour eux. Les associateurs qui s’étaient enfuis revinrent sur ces faits et attaquèrent brutalement les musulmans. Ils relevèrent de terre leur bannière salie.

Or un certain nombre de mécréants se concertèrent pour attaquer le Prophète d’un seul coup. Ainsi, profitant de l’éloignement de certains compagnons du Prophète durant le combat, ils s’abattirent sur lui. Il se trouva que l’un d’entre eux lui porta un un coup d’épée qui atteignit son front honoré. Un autre lui lança une pierre et lui cassa sa deuxième incisive droite. Sa lèvre honorée fut blessée. Un autre encore lança une attaque et blessa de son épée le haut de sa joue honorée. Il souleva encore son épée mais le Prophète para ce coup. L’épée tombant, le genou honoré du Prophète fut atteint et son sang coula sur la terre. Un associateur du nom de ‘Oubayy Ibnou Khalaf vint avec sa lance qu’il pointa vers le Messager de Allâh. Il la lui prit et le tua avec.

Lorsque le Prophète éminent fut blessé, le sang coula sur son visage honoré. Cinq partisans vinrent pour assurer sa protection. Ils furent tous tués.

Abôu Doujânah accourut et fit de son dos un bouclier pour le Messager de Allâh. Les flèches s’abattaient sur lui alors qu’il était recourbé, protégeant de son corps et de son âme la plus éminente des créatures, notre maître Mouĥammad. Les catastrophes se succédèrent : un esclave originaire d’Abyssinie, associateur, adroit dans le lancer, du nom de Waĥchiyy était venu. Son maître lui avait ordonné de tuer notre maître Hamzah et lui avait promis la liberté s’il le faisait. Durant toute la bataille Waĥchiyy  chercha le moment propice jusqu’à se retrouver face à face avec lui. Il souleva sa lance, prit de l’élan puis la lança. Elle traversa le corps de notre maître Hamzah, que Allâh l’agrée, qui tomba martyr dans la voie que Allâh agrée. La bataille finit pourtant par la déroute des associateurs qui avaient cru avoir vaincu. On ne dit pas que le Messager de Allâh a perdu : ce sont plutôt ceux qui ont contredit ses ordres qui ont échoué et qui ont provoqué leur propre perte.

Les musulmans enterrèrent leurs martyr à ‘Ouĥoud, à l’endroit même où ils ont obtenu le martyr. Lorsque le Messager de Allâh revint à Médine, dans une ambiance triste, une des femmes des partisans vint aux nouvelles. Lorsqu’on lui apprit que son père et son frère étaient morts martyrs, elle dit : « Qu’est-il arrivé au Messager de Allâh ? » Ils lui dirent : « Il est par la grâce de Allâh, comme tu le désires. » « Montrez-le moi », leur dit-elle. Lorsqu’elle le vit, ses yeux s’inondèrent de larmes de joie pour son retour indemne et elle dit : « Toute catastrophe, après ton retour sain et sauf, Ô Messager de Allâh sera négligeable. Elle n’équivaudra pas notre affliction de t’avoir perdu ».

Ainsi prit fin la bataille de ‘Ouĥoud qui fut une leçon. Les musulmans en apprirent l’importance de s’attacher aux ordres et aux nobles enseignements du Prophète. Ils apprirent ainsi que ses ordres sont tous un bien et une réussite.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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