L’Imam An-Nawawi explique le hadith al-Jariyah (hadith de la femme esclave)

L’Imam An-Nawawi explique le hadith al-Jariyah (hadith de la femme esclave)
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

nawawi-charh-sahim-mouslimLa louange est à Allâh le Seigneur des mondes Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître MouHammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier MouHammad.

Dans son commentaire du SaHîH Mouslim, lors de l’explication du Hadîth Al-Jâriyah (le Hadîth de la femme esclave) l’Imam An-Nawawi a dit :

nawawi-charh-sahih-mouslim-hadith-al-jariyah« Au sujet de sa parole (c’est-à-dire la parole du Prophète), ŝalla l-Lâhou `alayhi wa sallam « ayna l-Lâh? » Elle répondit « fi s-samâ’» (les expressions ne sont pas traduites car An-Nawawi va expliquer leur sens plus bas) Il lui demanda : « Qui suis-je? » Elle répondit « Tu es le Messager de Allâh ». Il dit alors : Libère-là car elle est certes croyante ».

Ce Hadîth fait partie des Hadîth qui traitent des attributs de Allâh. Il y a, au sujet de ces Hadîth, deux voies principales (madh-hab) au sujet de la croyance, que nous avons déjà clarifiées de nombreuses fois dans le livre au sujet de la Foi (c’est-à-dire le chapitre de la Foi dans le recueil de Hadîth de Mouslim);

Et l’une de ces voies est : y croire sans plonger dans [le détail] du sens avec la croyance que rien n’est tel que Dieu, et [la croyance qu]‘Il est exempt de ce qui advient aux créatures.

La deuxième voie, c’est l’interpréter selon ce qui est digne de Lui. Ceux qui ont choisi cette position ont dit : ici le sens était de la tester, afin de voir : est-ce qu’elle était une monothéiste, qui croit effectivement que le Seigneur, Celui qui domine toute chose, Celui qui fait ce qu’Il veut, c’est Allâh Lui seul, et qu’Il est Celui pour lequel ceux qui font des invocations se dirigent vers le ciel, de la même façon que celui qui prie se dirige vers la Ka`bah; et ce n’est pas parce qu’Il serait circonscrit dans [ou au-dessus] le ciel, de même qu’Il n’est pas circonscrit dans la direction de la Ka`bah, mais il en est ainsi parce que le ciel est la Qiblah de ceux qui font des invocations, et la Ka`bah est la direction de ceux qui prient. Ou bien elle faisait partie des adorateurs d’idoles, qui adorent les statues qui se trouvent tout autour d’eux, et lorsqu’elle a dit « fi s-sama », il a été su qu’elle était une monothéiste, et qu’elle ne faisait pas partie des adorateurs d’idoles ; al-QâDî `iyâD (grand savant mâlikîte) a dit :

« قال القاضي عياض : لا خلاف بين المسلمين قاطبة فقيههم ومحدثهم ومتكلمهم ونظارهم ومقلدهم أن الظواهر الواردة بذكر الله تعالى في السماء كقوله تعالى  {أأمنتم من في السماء أن يخسف بكم الارض}  ونحوه ليست على ظاهرها بل متأولة عند جميعهم »

Ce qui signifie : il n’y a pas de divergence chez la totalité des savants, que les textes du Qour’ân et du Hadîth oû il est cité Allâh fi ssmâ’ ne sont pas prises dans le sens apparent mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] ».

Informations utiles :

– L’imam, le Hafidh Abou Zakariyya Mouhyi d-Din Yahya Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (rahimahou l-Lah), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Chafi`i. Son charh (commentaire) du Sahih Mouslim est incontournable.

– Ici il explique le Hadîth connu sous le nom de Hadîth al-Jariyah (le Hadîth de la femme esclave), et il dit qu’au sujet de ce genre de Hadîth (c’est à dire les Hadîth équivoque -moutachabih -) il y a deux méthodologies correctes:

La première : croire en ce qui est révélé dans les Textes sans rentrer dans les détails du sens, tout en exemptant Allâh de toute ressemblance et caractéristique des créatures (c’est ce qu’on appelle l’interprétation globale).

La seconde : Interpréter selon un sens digne d’être attribué à Allâh (c’est ce qu’on appelle l’interprétation détaillée).

Ces deux voies qui sont toutes les deux correctes ont en commun de ne pas prendre le sens apparent.

– Lors de son explication, il dit très bien que ce Hadîth ne signifie pas que Allâh est dans (ou au dessus) le ciel.

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