Les connaissances indispensables de la croyance: signification de je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu

Les connaissances indispensables de la croyance: signification de je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent. Et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître MouHammad Al-’Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier MouHammad.

Les connaissances indispensables de la croyance : signification de la parole: « je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu »

Il est du devoir de la totalité des personnes responsables d’entrer en Islam, d’y demeurer à jamais et d’observer ce qui leur est obligatoire selon ses lois.

 Il est du devoir de la totalité des personnes responsables d’entrer en Islam, d’y demeurer à jamais (c’est à dire la personne responsable qui n’est pas musulmane doit entrer immédiatement dans l’islam en prononçant les deux témoignages {dans la langue qu’elle comprend}, et il n’est pas permis de retarder son entrée en Islam ; ainsi la seule condition pour devenir musulman est de prononcer les deux témoignages en y croyant et ce n’est pas une condition de se laver le corps, ni de se parfumer, ni de se circoncire, ni d’apprendre l’arabe, ni de connaitre une partie du Qour’ân, ni la présence d’un imam ni de témoins ; ainsi devient mécréant celui qui retarde l’entrée en Islam de celui qui voulait devenir musulman.

Tous les Prophètes ont appelé à l’Islam. L’Islam est l’unique religion valable et céleste.

Allâh Ta`âlâ dit dans le Qour’ân :

﴿إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللّهِ الإِسْلاَمُ﴾

(‘inna d-Dîna `inda l-Lâhi l-islâm)

Ce qui signifie : « Certes la seule religion, que Dieu agrée, est l’Islam », { Sôurat ‘Ali `Imrân / 19}.

Et Il dit aussi :

﴿وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِينًا فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾

(wa man yabtaghi ghayra l-‘islâmi dînâ falan youqbala minhou wa houwa fi l-‘Akhirati mina l-khâsirîn)

Ce qui signifie : « Celui qui prend pour religion autre que l’Islam, elle ne sera pas acceptée de lui, et il sera parmi les perdants au jour du jugement », { Sôurat ‘Ali `Imrân / 85}

Une personne est considérée responsable (moukallaf) lorsqu’elle est pubère, saine d’esprit et à qui est parvenu la base de l’appel à l’Islam, c’est-à-dire à qui est parvenu qu’il n’est de dieu que Allâh et que MouHammad est le Messager de Allâh. Ce n’est pas une condition que lui soit parvenu les détails de la croyance de l’Islam avec ses preuves. Elle devient responsable aussitôt que la base de l’appel à l’Islam lui est parvenue et le fait de ne pas avoir réfléchi un certain laps de temps sur la véracité de l’Islam ne sera pas une excuse.

Donc si quelqu’un meurt avant la puberté, il n’aura pas de comptes à rendre dans l’Au-Delà. De même, si sa folie se poursuit jusqu’après la puberté et qu’il meurt en étant fou, il n’est pas responsable non plus. Il en est de même pour celui qui a vécu pubère mais il ne lui est pas parvenu la base de l’appel à l’Islam.

d’y demeurer à jamais (l’intention de demeurer sur l’Islam est indispensable, c’est-à-dire qu’il n’y ait dans son cœur aucune résolution d’abandonner l’Islam dans le futur ni aucune hésitation à ce sujet. En effet, si quelqu’un a l’intention de commettre la mécréance dans le futur, il devient mécréant sur le champ).

d’observer ce qui leur est obligatoire selon ses lois (c’est à dire d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits).

Parmi les choses qu’il est un devoir de connaître et de croire {par le cœur} dans tous les cas, et qu’il est un devoir de prononcer {par la langue} immédiatement si quelqu’un est mécréant {d’origine ou apostat} ou sinon {pour la personne musulmane} dans la prière, il y a les deux témoignages :

أَشهَدُ أَنْ لاَ إِلهَ إِلاَّ اللّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ اللَّه

(‘ach-hadou ‘an lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâh, wa ‘ach-hadou ‘anna MouHammadan raçôulou l-Lâh)

c’est-à-dire : je témoigne qu’il n’est de dieu que Allâh et je témoigne que MouHammad est le Messager de Allâh

Le premier des devoirs pour chacun est de connaître Allâh {selon ce qui est digne de Lui} et Son Messager et de prononcer les deux témoignages une seule fois pour entrer en Islam si quelqu’un n’était pas musulman. Celui qui a réalisé cela est musulman, croyant. Par la suite, sa foi et son Islam ne deviennent complets que par l’accomplissement des devoirs et le délaissement des interdits.

La prononciation des deux témoignages qui est un devoir pour le mécréant est réalisée avec l’expression : (‘ach-hadou ‘an lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâh, wa ‘ach-hadou ‘anna MouHammadan raçôulou l-Lâh) en langue arabe ou avec sa traduction en toute autre langue.

Par conséquent, si quelqu’un qui n’est pas arabophone prononce (MouHammad) avec un hâ’ (ه) au lieu d’un Hâ’ (ح), on lui dit : Dis (Abou l-Gâcim est le Messager de Dieu) {qui est un surnom du Prophète MouHammad confirmé dans le Hadîth}. S’il n’arrive pas à prononcer le hâ’ (ه) dans le nom de Allâh, il suffit de le traduire dans sa langue.

Il n’est pas une condition de prononcer cette expression-là en particulier. Il suffit de dire ce qui donne le même sens comme en disant : (lâ khâliqa ‘il-la l-Lâh) ce qui signifie : « Il n’est de Créateur que Allâh » et il suffit de dire (MouHammad nabiyyou l-Lâh) ce qui signifie : MouHammad est le Prophète de Allâh.

Cependant, dire (‘ach-hadou) – Je témoigne – est meilleur que toutes les autres expressions car le terme (‘ach-hadou) – Je témoigne – comprend, du point de vue linguistique, les significations de savoir, de croire et de reconnaître.

Et celui qui est incapable de prononcer avec la langue, sa foi par le cœur lui suffit.

La signification de ‘ach-hadou ‘an la ‘ilâha ‘il-la l-Lâh est : Je sais, je crois et je reconnais que nul ne mérite d’être adoré sinon الله (Allâh) Dieu

La parole des savants {en arabe} (lâ ma`bôuda bi Haqqin ‘il-la l-Lâh) signifie : « Nul ne mérite d’être adoré sinon Allâh » c’est-à-dire personne ne mérite que l’on se soumette à lui d’une extrême soumission sinon Allâh, comme l’a expliqué l’Imâm, le Hâfidh, le spécialiste de la jurisprudence, le linguiste Taqiyyou d-Dîn as-soubkiyy et d’autres que lui. Les termes de as-Soubkiyy sont :

 » العبادة أقصى غاية الخشوع والخضوع « 

(al-`ibâdatou ‘aqSâ ghâyati l-khouchôu`i wa l-khouDôu`)

Al-`ibâdah – l’adoration – est l’extrême limite de la crainte et de la soumission.

C’est ce sens de al-`ibâdah –l’adoration– qui est visé dans la parole de Allâh Ta`âlâ :

﴿لاَ إِلـهَ إِلاَّ أَنَـا فَاعْبُدُونِ﴾

(lâ ‘ilâha ‘il-lâ ‘anâ fa`boudôun)

qui signifie : « Il n’est de dieu que Moi, alors adorez-Moi » {Al-‘Anbiya / 25} et dans la parole de Allâh Ta`âlâ :

﴿إِيَّاكَ نَعْبُدُ﴾

(‘iyyâka na`boud)

qui signifie : « Nous n’adorons que Toi » {Al-FâtiHah / 5}. C’est cette adoration qui n’est que pour Allâh ta`âlâ, telle que si quelqu’un la voue à autre que Allâh, il devient mouchrik, mécréant. Il ne s’agit pas du simple appel , de la simple demande d’aide ni du simple appel au secours ni de la simple crainte ni de la simple supplication, ni de la simple obéissance à une créature. Ainsi le fait d’obéir à quelqu’un dans un péché (qui n’est pas de la mécréance) sans considérer qu’il a le droit d’ordonner ce péché, ceci ne constitue pas une adoration envers cette personne, ce n’est pas de la mécréance mais c’est un péché.

Si  al-`ibâdah – l’adoration – voulait dire dans tous les cas obéir à une créature pour faire un acte d’obéissance ou de désobéissance envers Allâh, alors tous ceux qui sont au service des gouverneurs injustes seraient des mécréants. Est-ce que ceux qui disent que la simple obéissance ou le simple tawassoul est une adoration en déclarant mécréants les musulmans qui font le tawassoul par les prophètes et par les saints, vont-ils dire d’eux-mêmes qu’ils sont associateurs ?! N’est-ce pas qu’eux-mêmes obéissent à des gouverneurs dans certains péchés ? Par conséquent, ils se sont déclarés mécréants eux-mêmes même s’ils ne s’en aperçoivent pas ! Ces gens qui déclarent mécréants ceux qui pratiquent al-istighâthah – la recherche du renfort par les saints et par les prophètes –, qu’ils apprennent d’abord la signification de al-`ibâdah –l’adoration– dans la langue des Arabes avant de laisser libre cours à leur langue pour déclarer les gens mécréants.

Allâh est الوَاحِدُ (Al-WâHid) Celui Qui n’a pas d’associé, الأَحَدُ (Al-‘AHad) Celui Qui ne se divise pas, الأَوَّلُ (Al-‘Awwal) Celui Qui n’a pas de début à son existence, القَدِيـمُ (Al-Qadîm) Celui Qui est exempt de début, الحَيُّ (Al-Hayy) Celui Qui a pour attribut la vie, القَـيُّــومُ (Al-Qayyôum) Celui Qui est exempt de fin et Qui ne s’anéantit pas, الدَّائِمُ (Ad-Dâ’im) Celui à Qui n’adviendra aucun anéantissement et pour Qui l’anéantissement est impossible.

La signification de Al-WâHid est Celui Qui est unique sans avoir d’équivalent c’est-à-dire Qui n’a pas d’associé dans la divinité. Allâh est Al-WâHid mais pas dans le sens du nombre. Quant au nom Al-‘AHad certains savants ont dit qu’il a le même sens que Al-WâHid et d’autres ont dit que Al-‘AHad est Celui Qui n’accepte pas la division et la partition, c’est-à-dire qu’Il n’est pas un corps car le corps accepte selon la raison d’être divisé et Allâh n’est pas un corps ; le corps c’est ce qui a une longueur, une largeur et une profondeur (le corps est soit palpable ou soit impalpable).

La signification du nom Al-‘Awwal, est Celui Qui n’a pas de début à Son existence. Il est donc Lui seul al-‘Awwal dans ce sens-là. Le nom Al-Qadîm a la même signification lorsqu’il est employé au sujet de Allâh car l’éternité (qidam) de Allâh est propre à Son Être et n’est pas temporelle.

Quant à la signification du terme Al-Hayy lorsqu’il est employé au sujet de Allâh, est qu’Il a pour attribut une vie exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas faite d’âme, ni de chair, ni de sang, ni de ligament, ni de moelle. Sa vie est un attribut exempt de début, propre à Son Être.

Le terme Al-Qayyôum signifie Ad-Dâ’im Qui ne s’anéantit pas. Quant au terme Ad-Dâ’im signifie Celui à Qui n’arrive pas et à Qui est impossible l’anéantissement.

Le terme Al-Bâqi vient dans le même sens. Ainsi, l’anéantissement est impossible selon la raison pour Allâh. Il n’y a rien hormis Allâh qui soit éternel sans fin dans ce sens-là. Il n’a donc pas d’associé dans Son exemption de fin car l’exemption de fin de Allâh est propre à Son Être. Ce n’est pas quelqu’un d’autre qui L’en a attribué. Quant à l’éternité d’autre que Lui telle que celle du paradis et de l’enfer, elle n’est pas propre à leur être mais c’est Allâh Qui leur a voulu l’exemption de fin. Ainsi, du point de vue de leur réalité de créatures, il leur est possible l’anéantissement selon la raison mais comme il est parvenu dans la Loi qu’ils demeureront sans fin, et ce par le texte du Qour’ân, par la sounnah et par l’unanimité de la communauté à ce sujet, prétendre qu’ils seront anéantis ou que l’enfer seul sera anéanti et pas le paradis est de la mécréance.

الخَـالِقُ (Al-Khâliq) qui signifie Celui Qui crée toute chose, الرَّازِقُ (Ar-Râziq) qui signifie , Celui Qui fait parvenir la subsistance à Ses esclaves, العَـالِمُ (Al-`Alim) qui signifie Celui Qui a pour attribut la science de toute chose, القَدِيــر (Al-Qadîr) qui signifie Celui Qui a pour attribut la toute-puissance, Celui Qui réalise tout ce qu’Il veut, ce que Allâh veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas.

Le nom Al-Khâliq signifie Celui Qui fait exister les créatures après qu’elles n’existaient pas, et tout autre que Allâh Ta`âlâ est entré en existence par la création de Allâh Ta`âlâ. La création c’est le fait de faire exister après l’inexistence, il n’y a pas de créateur dans ce sens-là si ce n’est Allâh. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿قُلِ اللهُ خَالِقُ كُلِّ شَىءٍ﴾

(qouli l-Lâhou khâliqou koulli chay’)

ce qui signifie : « Dis : Allâh est le créateur de toute chose » {Ar-Ra`d /16}. Le mot (chay’) {qui veut dire « chose » dans cette ‘âyah} englobe les corps et les actes. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿وَاللهُ خَلَقَكُمْ وَمَا تَعْمَلُونَ﴾

(wa l-Lâhou khalaqakoum wa ma ta`malôun)

ce qui signifie : « Allâh vous a créés ainsi que vos actes » {as-Sâffât / 96}. Ces deux ‘âyah sont explicites sur le fait que Allâh est le Créateur des corps et des actes.

Le nom Ar-Râziq signifie Celui Qui fait parvenir à Ses esclaves leur subsistance.

Le nom Al-`Alim signifie Celui Qui est attribué de la science de toute chose. Ainsi, Allâh a pour attribut une science exempte de début, exempte de fin, qui ne change pas, qui n’augmente pas et ne diminue pas. Par conséquent, Allâh sait, non pas comme savent les savants car la science d’autre que Allâh a un début.

Le nom Al-Qadîr signifie Celui Qui a pour attribut la toute-puissance qui est un attribut exempt de début, exempt de fin, par lequel Il agit sur tout ce qui est possible selon la raison, c’est-à-dire tout ce dont l’existence et l’inexistence sont possibles selon la raison. C’est par Sa toute-puissance qu’Il fait exister et anéantit.

Al-Qadîr a le même sens que Al-Qâdir sauf qu’il y a un surcroît de signification dans le nom Al-Qadîr.

La signification de la parole Celui Qui réalise tout ce qu’Il veut, c’est qu’Il est tout puissant à faire exister ce dont Il a voulu, de toute éternité, l’existence. Rien ne L’en rend incapable. Il fait ce qu’il veut sans difficulté. Personne ne L’en empêche. Il n’a pas besoin d’organes, ni de mouvement, ni de l’aide d’autrui et il n’y a pas de manquement à la réalisation de Sa volonté. La parole :

(( مَا شَاءَ اللهُ كانَ وَمَا لَمْ يَشَأْ لَمْ يَكُنْ ))

(mâ châ’a l-Lâhou kân wa mâ lam yacha’ lam yakoun)

qui veut dire : ce que Allâh veut est et ce qu’Il ne veut pas n’est pas, signifie : tout ce que Allâh veut de toute éternité que cela existe a lieu et ce que Allâh ne veut pas de toute éternité que cela existe n’a pas lieu. La volonté de Allâh ne change pas, car le changement de volonté est une preuve d’entrée en existence et l’entrée en existence est impossible au sujet de Allâh. Ainsi Allâh fait changer les créatures selon Sa volonté exempte de début sans que Sa volonté ne change.

Celui sans la protection duQuel personne n’est préservé contre les péchés et sans l’aide duQuel personne n’a de force pour Lui obéir, Celui Qui a pour attribut toute perfection qui est digne de Lui, Celui Qui est exempt de toute imperfection. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit.

La parole لا حول ولا قوّة إلاّ بالله (lâ Hawla wa lâ qouwwata ’il-lâ bil-Lâh) signifie : il n’y a pas de préservation contre la désobéissance à Allâh si ce n’est par la protection de Allâh et il n’y a pas de force pour l’obéissance à Allâh si ce n’est par l’aide de Allâh, tout comme cela a été rapporté dans le Hadîth SaHîH rapporté par Al-Bazzâr.

{Il a été rapporté que celui qui dit cette parole il lui est planté un arbre au paradis et le fait de la multiplier c’est une cause pour dissiper les soucis}

Allâh Ta`âlâ a pour attribut toute perfection qui est digne de Lui. Cette expression a été restreinte par le terme « qui est digne de Lui » car il n’est pas permis d’attribuer à Dieu ce qui n’est pas digne de lui comme la perspicacité et l’intelligence, ces termes sont réservés aux créatures et ne sont pas dignes de Dieu.

De plus il y a des termes qui sont employés au sujet de Dieu et au sujet des créatures mais en ayant des sens différents selon qu’ils soient employés au sujet de Dieu ou au sujet des créatures comme la science qui indique une perfection au sujet de Dieu et au sujet des créatures mais sans que cela soit dans le même sens car la science de Dieu ne ressemble pas à la science des créatures ; la science de Dieu n’a pas de début ni de fin et ne change pas.

De même le nom al-Jabbâr au sujet de Dieu n’a pas le même sens qu’au sujet des créatures. Le nom de Allâh, – Al-Jabbâr – veut dire Celui a Qui rien ne peut nuire, donc ce terme indique la perfection au sujet de Dieu. Et quand ce terme est employé au sujet des créatures cela veut dire oppresseur, injuste. Donc devient mécréant celui qui dit que Dieu est oppresseur ou injuste.

Tout comme Allâh Ta`âlâ a pour attribut toute perfection qui est digne de Lui, Il est exempt de toute imperfection, c’est-à-dire de tout ce qui n’est pas digne de Lui, Ta`âlâ, comme l’ignorance, l’incapacité, la couleur, la limite ou la localisation dans un endroit ou une direction. Abôu Ja`far At-TaHâwiyy ‘Ahmad Ibnou Salamah, qui est décédé au début du quatrième siècle de l’Hégire a dit :

 » لا تحويه الجهات الستّ كسائر المبتدعات « 

(lâ taHwîhi l-jihâtou s-sittou kasa’iri l-moubtada`at)

ce qui signifie : « Les six directions ne Le délimitent pas contrairement à toutes les créatures » et ceci dans son Traité de croyance qu’il a présenté comme étant la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ`ah, la croyance de Abôu Hanîfah et de ses deux compagnons Abôu Yôuçouf Al-QâDî et MouHammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybaniyy qui font partie des Imâms des Salaf , et ceci parce qu’il a formulé ses phrases dans ce livre en utilisant les expressions de ces trois imâms et non pas parce que ce qu’il a cité dans ce livre serait la croyance de ces trois imâms uniquement. La signification de ce qu’il a dit est qu’il n’est pas possible au sujet de Allâh qu’Il soit limité. Selon les savants, al-maHdôud – ce qui est limité –, c’est ce qui occupe un espace qu’il soit grand ou petit, qu’il soit palpable comme l’homme ou l’arbre, ou impalpable comme la lumière ou l’obscurité. Il est donc exempt d’être assis. En effet, ce qui est assis est nécessairement limité et ce qui est limité a besoin de qui l’a limité par cette limite-là. Or il n’est pas possible que ce qui est limité se soit limité lui-même par la limite qu’il a, car cela signifierait qu’il se serait créé et cela est impossible car ce qui existe ne se crée pas lui-même.

Quant au verset : { ليس كمثله شىء } (layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » {Ach-Chôurâ / 11}, c’est le verset le plus explicite du Qour’ân concernant l’exemption absolue de Allâh Ta`âlâ. Ainsi la lettre (kâf) dans le mot (kamithlih) est une insistance sur le fait de nier. Dans cette ‘âyah, il est nié au sujet de Allâh ce qui n’est pas digne de Lui. Sa parole Ta`âlâ : { وهو السميع البصير } (wa houwa s-samî`ou l-BaSîr) qui signifie : « Et Il est Celui Qui entend et Qui voit » {Ach-Chôurâ / 11} comporte la confirmation de ce qui est digne de Allâh. L’ouïe est un attribut digne de Allâh. La vue aussi. Allâh Ta`âlâ a fait devancer dans cette ‘âyah l’exemption afin que l’on n’ait pas l’illusion que Son ouïe et Sa vue seraient semblables à l’ouïe et à la vue d’autres que Lui. Allâh Ta`âlâ a pour attribut le fait que rien n’est tel que Lui, que ce soit des choses impalpables comme la lumière, l’âme et le vent, ou des choses palpables comme les arbres et les humains.

Le corps impalpable est ce qui ne peut pas être saisi par la main alors que le corps palpable est ce qui peut être saisi par la main, c’est-à-dire qui peut être palpé avec la main et Il est Ta`âlâ sans aucune ressemblance avec les choses célestes ni avec les choses terrestres.

Il est exempt de début et tout ce qui est hormis Lui est entré en existence. Il est le Créateur et tout ce qui est hormis Lui est une créature.

Le monde a un début, par son genre et par ses éléments, et c’est de la mécréance de croire que le monde n’a pas de début. En effet, Seul Dieu n’a pas de début à Son existence et Il est le Créateur de tout ce monde.

Certains philosophes ont prétendu à tort que le monde céleste est sans début par sa matière et par ses éléments. Parmi ces philosophes, il y a Aristote. Ibnou sînâ ainsi que Al-Farâbiyy l’ont suivi dans cette mauvaise croyance. D’autres philosophes encore ont dit : (Le monde n’a pas de début par son genre et son espèce mais les éléments qui le composent sont entrés en existence). Il s’agit de philosophes relativement plus récents. L’Imâm Badrou d-Dîn Az-Zarkachiyy a dit dans son livre tachnîfou l-Maçâmi` au sujet des deux groupes de philosophes :  » وضللهم المسلمون وكفروهم  » (wa Dallalahoum al-mouslimôuna wa kaffarôuhoum) « Les musulmans les ont déclarés égarés et mécréants ». C’est-à-dire que les deux groupes de philosophes sont des mécréants par Unanimité. Prétendre que ce monde n’a pas de début ressemble au fait de nier l’existence de Allâh et ces deux croyances comptent parmi les mécréances les plus graves.

Donc, tout ce qui est entré en existence, que cela soit une substance ou un acte, du grain de poussière au trône, tout mouvement ou toute immobilité des esclaves de Allâh, les intentions et les idées qui traversent l’esprit, tout cela existe par la création de Allâh, nul autre que Allâh ne le crée, ni la nature ni les causes.

Les substances sont les choses qui ont une localisation, qu’elles soient petites comme le grain de poussière ou ce qui est plus petit encore, ou qu’elles soient grandes comme le trône qui est la plus grande des créatures par le volume et la plus étendue par la surface. Le grain de poussière, c’est la plus petite substance que l’on peut voir à l’œil nu. Mais il y a ce qui est encore plus petit, que l’on ne voit pas à l’œil nu et qui a une localisation. Par exemple, il y a la plus petite substance que Allâh a créée et que les savants du tawHîd ont appelée al-jawharou l-fard c’est-à-dire la substance élémentaire à savoir la partie qui ne se divise pas. La substance élémentaire et ce qui est plus grand, tout cela, c’est Allâh Ta`âlâ Qui le fait exister. Il en est de même pour les actes des gens, leurs mouvements, leurs immobilités, leurs pensées, leurs intentions, leurs savoirs, les idées qui leur traversent l’esprit indépendamment de leur volonté, le regard qu’ils portent délibérément ainsi que le clignement d’œil qui est volontaire et celui qui n’est pas volontaire, tout cela c’est Allâh Ta`âlâ Qui le crée en eux. Quant aux gens, ils ne créent rien (dans le sens de faire passer du néant à l’existence).

De même Dieu est le Créateur de la nature et des causes et des conséquences. La nature c’est le caractère que Allâh donne aux substances (exemple : la nature du feu est la chaleur). Certains ont dit que la nature signifie ce qui se produit habituellement (exemple le feu brûle habituellement). Il n’est pas valable selon la raison que cette nature soit créatrice de quoi que ce soit car elle n’a ni volonté ni choix.

La cause (as-sabab), c’est un évènement par l’intermédiaire duquel on parvient à un autre évènement – l’effet ou la conséquence – mais il se peut que cette conséquence ne se produise pas. Quant à l’agent causal (al-`il-lah), chez les spécialistes de la terminologie, c’est ce dont l’existence implique l’existence de l’effet (par la création de Allâh) et ce dont l’inexistence implique l’inexistence de l’effet, comme par exemple le mouvement du doigt qui porte une bague : le mouvement du doigt selon eux est un agent causal (`il-lah) pour le mouvement de la bague car le mouvement de la bague est conséquent au mouvement du doigt. Le mouvement de la bague entre en existence si le mouvement du doigt entre en existence et il n’existe pas si le mouvement du doigt n’existe pas (tout ceci a lieu par la création de Dieu).

L’entrée en existence de tout cela a lieu selon la volonté et par la toute-puissance de Allâh, par Sa prédestination et selon Sa science exempte de début, conformément à la parole de Allâh Ta`âlâ :

﴿وَخَلَقَ كُلَّ شَىْءٍ﴾

(wa khalaqa koulla chay’)

Ce qui signifie : « Il crée toute chose », {Al-Fourqân / 2}, c’est-à-dire qu’Il fait exister toute chose après son inexistence. Ainsi, la création dans ce sens-là n’est propre qu’à Allâh. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿هَلْ مِنْ خَالِقٍ غَيْرُ اللهِ﴾

(hal min khâliqin ghayrou l-Lâh)

ce qui signifie : « Il n’y a pas de créateur autre que Allâh » {FâTir / 3}.

Ainsi tout ce qui entre en existence, c’est-à-dire tout ce qui existe après ne pas avoir existé, que ce soit les substances ou les caractéristiques des substances, tels que les actes, que ce soient les bons actes ou les mauvais actes, les intentions et les idées qui traversent l’esprit et que nous ne pouvons pas empêcher d’arriver, tout cela est créé par Allâh Ta`âlâ. Les actes volontaires des esclaves sont créés par Allâh tout comme les actes involontaires.

Les mou`tazilah ont pourtant contredit à ce sujet, concernant les actes volontaires des gens ; ils ont prétendu que c’est la personne qui en est le créateur. Les savants spécialistes en authentification les ont déclarés mécréants comme Abôu ManSôur Al-Baghdâdiyy, l’Imâm Al-Boulqiniyy, qui fait partie des plus grands ‘aS-Hâb al-woujôuh parmi les savants châfi`iyy, l’Imâm Abou l-Haçan Chîth Ibnou Ibrâhîm Al-Mâlikiyy ainsi que d’autres. Les mou`tazilah ont démenti ainsi la parole de Allâh Ta`âlâ :

{ وَخَلَقَ كُلَّ شَىء }

(wa khalaqa koulla chay’)

qui signifie : « Il crée toute chose » {Al-Fourqân / 2} et Sa parole :

{ هَلْ مِنْ خَالِقٍ غَيْرُ اللهِ }

(hal min khâliqin ghayrou l-Lâh)

qui signifie : « Il n’y a pas de créateur autre que Allâh » {FâTir / 3} c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre créateur que Allâh, ainsi que d’autres ‘âyah. La signification de (al-khalq) ici est de faire exister après l’inexistence. Le mot chay’ , ici, englobe tout ce qui entre en existence.

An-Naçafiyy a dit que « si un homme frappe du verre avec une pierre et le casse, alors le coup, le fait de casser et la cassure existent par la création de Allâh Ta`âlâ ». Ainsi, l’esclave de Allâh n’a que l’acquisition mais la création n’est propre qu’à Allâh. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿لَها مَا كَسَبَتْ وَعَلَيْهَا مَا اكْتَسَبَتْ﴾

(lahâ mâ kaçabat wa `alayhâ ma ktaçabat)

ce qui signifie : « … La personne a en sa faveur le bien qu’elle a acquis et contre elle le mal qu’elle a acquis » {Al-Baqarah / 286}.

Le coup est l’acte de la personne. Il se peut qu’il s’en produise une cassure tout comme il se peut qu’il ne s’ensuive aucune cassure. Le fait de casser c’est l’action de la personne sur le verre par son lancer de pierre. Quant à la cassure, c’est l’effet qui se produit sur le verre. Ainsi, la personne n’a que l’acquisition de son acte volontaire. L’acquisition de l’acte (al-kasb) est le fait que la personne vise l’accomplissement de l’acte et que l’acte ait lieu de sa part à ce moment-là par la création de Allâh. Allâh ta`âlâ dit : {لَهَا مَا كَسَبَتْ} (lahâ mâ kaçabat) ce qui signifie : « Elle a en sa faveur ce qu’elle a acquis » c’est-à-dire comme bien, et { وعليهَا مَا اكتسَبَتْ} (wa`alayhâ ma ktaçabat) ce qui signifie : « et contre elle ce qu’elle a acquis » {Al-Baqarah / 286} c’est-à-dire comme mal. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿وما رَمَيْتَ إِذْ رَمَيْتَ وَلـٰكِنَّ اللهَ رَمىٰ﴾

(wa mâ ramayta ‘idh ramayta wa lâkinna l-Lâha ramâ)

Ce qui signifie : « Tu n’as pas créé le lancer que tu as acquis mais c’est Dieu Qui l’a créé », {Al-‘anfâl / 17}. Ainsi, Allâh confirme que la création est propre à Lui, que c’est une perfection à Son sujet car cela Lui est propre, nul autre que Lui n’a la création, et Il confirme l’acquisition de l’acte pour la personne. C’est cela la voie de la vérité.

D’autre part, Sa parole est exempte de début, comme tous Ses attributs, car Lui Qui est exempt d’imperfection, Il est différent de toutes les créatures par Son Être, par Ses attributs et par Ses actes, Il est absolument exempt de ce que disent les injustes.

Cela signifie que la parole de Allâh, Son ouïe, Sa vue, Sa toute-puissance, Sa vie, Sa volonté, Sa science et Son exemption de fin sont des attributs propres à Son Être Qui est exempt de début et exempt de fin. Ce sont donc des attributs exempts de début et exempts de fin car l’Être de Allâh est exempt de début. Il ne Lui arrive pas d’attribut qui entre en existence. Sa parole est donc exempte de début, éternelle, elle n’a pas de début. Or ce qui est ainsi n’est pas fait de lettres ni de sons et n’est pas une langue, et n’a pas de début ni de fin ; c’est pour cela qu’on ne dit pas que Allâh « prononce » car la prononciation est faite de lettres et de sons mais on dit que Allâh parle car Sa parole n’est ni lettre ni son. Al-Qour’ân, At-Tawrat, Al-‘Injîl et Az-Zabôur ainsi que tous les autres livres que Allâh a révélés, si on vise par ces noms-là la parole qui est propre à Allâh, elle est exempte de début, elle n’est pas de lettres ni de sons. Et si on vise par ces noms –Al-Qour’ân, Al-‘Injîl, At-Tawrat et Az-Zabôur– les mots qui ont été révélés, dont certains étaient en arabe, d’autres en hébreu et d’autres en syriaque, ces termes sont entrés en existence, ils sont créés par Allâh, mais ils ne sont l’œuvre ni d’un ange ni d’un humain. Ce sont des expressions qui indiquent la parole qui est propre à l’Être, qu’on ne caractérise pas par le fait d’être arabe, hébraïque ou syriaque. Tout cela est appelé « la parole de Allâh ». C’est-à-dire que l’attribut de la parole qui est propre à l’Être de Allâh est appelé kalâmou l-Lâh : la parole de Allâh. Également, les termes révélés qui sont des expressions indiquant l’attribut de la parole de Allâh éternelle exempte de début et de fin, ils sont appelés « la parole de Allâh ». À partir de là, il apparaît que le terme Qour’ân a deux emplois, c’est à dire deux significations. Le premier, c’est lorsqu’il est employé pour désigner la parole propre à Allâh, qui n’est ni des lettres ni des sons ni en langue arabe ou autre. Le deuxième, c’est lorsqu’il est employé pour désigner les termes qui ont été révélés et que les croyants récitent. On fait le rapprochement d’idée suivant : le terme « Allâh » est une expression qui désigne l’Être éternel exempt de début, exempt de fin. Si nous disons : « Nous adorons Allâh », c’est bien cet Être Qui est visé. Si on écrivait maintenant ce même terme et qu’on demandait : « Qu’est-ce que c’est ? », on nous répondrait : « Allâh » dans le sens que ces lettres désignent cet Être éternel exempt de début, exempt de fin, et non dans le sens que ces lettres seraient l’Être Que nous adorons.

Allâh SoubHânahou wa Ta`âlâ n’a de ressemblance avec aucune créature par Son Être, c’est-à-dire que Son Être n’a pas de ressemblance avec les êtres des créatures, c’est-à-dire que Sa réalité n’a pas de ressemblance avec la réalité de ses créatures ; par Ses attributs, c’est-à-dire que Ses attributs n’ont pas de ressemblance avec les attributs des créatures et par son acte c’est-à-dire que Son acte n’a pas de ressemblance avec les actes des créatures. En effet, l’acte de Allâh Ta`âlâ est exempt de début et exempt de fin alors que les manifestations de Son acte ont un début à leur existence, c’est à dire que les créatures (que Dieu a créé) ont un début.

La signification de « SoubHânah » c’est d’exempter Allâh Ta`âlâ {de ce qui n’est pas digne de Lui} et la signification de Ta`âlâ c’est qu’Il est exempt {de ce qui n’est pas digne de Lui}. D’autre part, Il est tabâraka wa Ta`âlâ exempt de ce que disent les injustes, c’est-à-dire qu’Il est exempt de ce que disent les pires injustes (adh-DHâlimôun) à savoir les mécréants. En effet, étant donné que la mécréance est le plus haut degré d’injustice, la plus grande et la plus grave des injustices, Allâh a cité dans le Qour’ân le terme الظَالِمُونَ (adh-DHâlimôun) et le sens qui est voulu, c’est الكَـفِرُونَ (al-kâfirôun), « les mécréants » parce que toute injustice qui est en deçà de la mécréance, par rapport à la mécréance c’est comme si ce n’était pas une injustice. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿وَالكَـفِرُونَ هُمُ الظَالِمُونَ﴾

(wa l-kâfirôun houmou dh-DHâlimôun)

ce qui signifie : « Les mécréants, ce sont eux les injustes » {Al-Baqarah / 254}. Les mécréants sont ceux qui font preuve de la plus grande injustice. C’est-à-dire que leur mécréance est plus grave que tous les péchés et toutes les injustices qui sont en deçà de la mécréance.

Il se résume donc du sens de ce qui précède la confirmation de treize attributs de Allâh Ta`âlâ mentionnés à plusieurs reprises dans le Qour’ân, soit littéralement soit selon leur signification. Ces treize attributs sont l’existence (al-woujôud), l’unicité (al-waHdâniyyah), l’exemption de début (al-qidam) c’est-à-dire l’existence de toute éternité (al-‘azaliyyah), l’exemption de fin (al-baqâ’), le non-besoin (al-qiyâmou bi n-Nafs), la puissance (al-qoudrah), la volonté (al-‘irâdah), la science (al-`ilm), l’ouïe (as-sam`), la vue (al-baSar), la vie (al-Hayât), la parole (al-kalâm) et la différence avec ce qui entre en existence (al-moukhâlafatou li l-Hawâdith).

Il est un devoir pour chaque personne responsable (moukallaf) de connaître ces treize attributs, mais ce n’est pas un devoir de mémoriser leur dénomination ; ce qui est un devoir c’est de croire en leur signification.

Il se résume du sens de ce qui précède la confirmation de treize attributs souvent répétés dans les textes c’est-à-dire dans le Qour’ân et le Hadîth soit littéralement soit par leur signification, et qui sont :

L’existence : Allâh Ta`âlâ dit :

{ أَفِي اللهِ شَكٌّ }

(‘afi l-Lâhi chakk)

ce qui signifie : « Il n’y a pas de doute au sujet de l’existence de Allâh » {Sôurat Ibrâhîm / 10}. Le Prophète a dit :

( كان الله ولم يكن شىء غيره )

(kâna l-Lâhou wa lam yakoun chay’oun ghayrouh)

ce qui signifie : « Allâh est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité » {Rapportés par Al-Boukhâriyy et d’autres que lui}.

L’unicité : Allâh est unique, il n’a pas d’associé. Allâh Ta`âlâ dit :

{ لَوْ كَانَ فِيهِمَا ءَالِهَةٌ إِلاَّ اللهُ لَفَسَدَتَا }

(law kâna fîhimâ ‘âlihatoun ‘il-la l-Lâhou lafaçadatâ)

ce qui signifie : « S’il y avait d’autres dieux que Allâh pour les cieux et la terre, ils ne resteraient pas en bon ordre » {Al-‘Anbiyâ / 22}.

L’exemption de début : Allâh Ta`âlâ dit :

{هُوَ الأَوَّلُ والآخِرُ }

(houwa l-‘awwalou wa l-‘âkhir)

ce qui signifie : « Il est Celui Qui est exempt de début et Celui Qui est exempt de fin » {Al-Hadid / 3}.

L’exemption de fin : c’est à dire qu’il n’y a pas de fin à Son existence, Il ne meurt pas et Il ne s’anéantit pas, et Il ne change pas. Allâh Ta`âlâ dit :

{ وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ }

(wa yabqâ wajhou rabbik)

ce qui signifie : « et ton Seigneur ne s’anéantira pas » {Ar-RaHmân / 27}.

Le non-besoin : Allâh n’a pas besoin d’autre que Lui et tout autre a besoin de Lui, ainsi le monde ne peut se passer de son Seigneur ne serait-ce qu’un instant. Allâh Ta`âlâ dit :

{ فَإِنَّ اللهَ غَنِيٌّ عَنِ العَالَمِينَ }

(fa’inna l-Lâha ghaniyyoun `ani l-`âlamîn)

ce qui signifie : « Allâh n’a pas besoin des créatures » {‘Ali `Imrân / 97}.

La toute-puissance : C’est-à-dire qu’il est tout puissant sur toute chose, c’est-à-dire tout ce qui est possible selon la raison, et c’est ce dont l’existence comme l’inexistence sont possibles selon la raison. La toute-puissance est un attribut de Allâh exempt de début exempt de fin, par lequel Allâh fait exister et anéantit. Allâh rien ne Le réduit à l’incapacité, Allâh Ta`âlâ dit :

{ وهو على كل شيء قدير }

(wa houwa `alâ koulli chay’in Qadîr)

ce qui signifie : « Il est tout-puissant sur toute chose » {Al-Hadîd/2}.

La volonté : c’est-à-dire le vouloir. Elle consiste à spécifier les choses possibles selon la raison par certaines caractéristiques qui leur sont possibles plutôt que d’autres, et par une époque plutôt qu’une autre. Allâh Ta`âlâ dit :

{ وما تشاءون إلاّ أن يشاء الله ربّ العالمين }

(wa mâ tachâ’ôuna ‘il-lâ ‘an yachâ’a l-Lâhou Rabbou l-`âlamîn)

ce qui signifie : « Et vous ne voulez que ce que Allâh le Seigneur des mondes veut que vous vouliez » {At-Takwîr / 29}.

La science : C’est-à-dire que Allâh sait tout par Sa science exempte de début et il ne Lui advient pas de nouvelles connaissances car Il sait tout d’une science unique qui concerne tout ce qui est sujet à être su. Il sait tout par Sa science soubHânah concernant Son être et Ses attributs. Ce qu’Il fait entrer en existence parmi ses créatures Il sait ce qu’elles étaient, ce qu’elles seront et ce qu’elles ne seront pas et si elles avaient existé comment elles auraient été. Allâh Ta`âlâ dit :

{ وأنّ الله قد أحاط بكلّ شىء علماً }

(wa ’anna l-Lâha qad ‘aHâTa bikoulli chay’in `ilmâ)

ce qui signifie : « Allâh sait parfaitement tout par Sa science » {at-Talâq / 12}.

L’ouïe et la vue : C’est-à-dire que Allâh entend toute chose sans organes et Il voit toute choses sans organes. Son ouïe qui est de toute éternité n’est pas comme l’ouïe d’autre que Lui et Sa vue n’est pas comme la vue d’autre que Lui. Allâh Ta`âlâ dit :

{ وهو السميع البصير }

(wa houwa s-Samî`ou l-BaSîr)

ce qui signifie : « Il est Celui Qui entend et Qui voit » {Ach-Chôurâ / 11}.

La vie : C’est-à-dire que Allâh est vivant. Sa vie est exempte de début et de fin, elle n’est pas d’âme, de chair ni de sang. Allâh Ta`âlâ dit :

{الله لا إلـه إلاّ هو الحيّ القيّوم }

(Allâhou lâ ‘ilâha ‘il-la houwa l-Hayyou l-Qayyôum)

ce qui signifie : « Allâh, il n’est de dieu que Lui, Celui Qui est vivant, Qui ne s’anéantit pas » {Al-Baqarah / 255}.

La parole : C’est-à-dire que Allâh SoubHânahou wa Ta`âlâ parle d’une parole unique qui est exempte de début, qui n’est ni lettres, ni voix ni langue. Allâh Ta`âlâ dit :

{ وكلّم الله موسى تكليماً }

(wa kallama l-Lâhou Môuçâ taklîmâ)

ce qui signifie : «Allâh a fait entendre à Môuçâ Sa parole qui est Son attribut » {An-Niçâ’ / 164}.

La différence avec ce qui entre en existence : c’est-à-dire avec toutes les créatures. Allâh n’a pas de ressemblance avec aucune de Ses créatures. Allâh Ta`âlâ dit :

{ ليس كمثله شىء }

(layça kamithlihi chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » {Ach-Chôurâ / 11}.

Et comme ces attributs sont mentionnés de nombreuses fois dans les textes de la Chari`ah , les savants ont dit qu’il est un devoir personnel de les connaître.

Il est un devoir d’ordre personnel pour toute personne responsable (moukallaf) de connaître ces attributs tout comme l’ont mentionné de nombreux savants parmi les plus récents comme MouHammad Ibnou Yôuçouf As-Sanôuciyy, l’auteur du Traité de croyance As-Sanôuciyyah, ainsi que MouHammad Ibnou l-FaDâliyy Ach-Châfi`iyy et `Abdou l-Majîd Ach-Chournôubiyy Al-Mâlikiyy. Bien avant eux, Abôu Hanîfah, que Allâh l’agrée, a cité semblable à cela dans Al-Fiqhou l-‘Akbar. Comme lui également le Hâfidh An-Nawawiyy a dit la même chose dans son livre Al-MaqâSid et beaucoup d’autres encore.

Puisque l’existence de toute éternité est confirmée pour l’Être de Allâh, il est obligatoire aussi que Ses attributs soient éternels exempts de début. En effet, le fait qu’un attribut ait un début implique que l’être qui a cet attribut a un début.

Ces treize attributs sont exempts de début du fait même que Allâh est un Être exempt de début. En effet, s’il arrivait à l’Être de Allâh Ta`âlâ des choses qui entrent en existence, cela impliquerait obligatoirement que Son Être entre en existence car l’entrée en existence de Son être signifierait qu’Il changerait d’un état à un autre et celui qui change ne peut avoir la divinité. Or, comme il a été confirmé selon la raison que Allâh Ta`âlâ est exempt de début et exempt de fin d’une manière catégorique, il est obligatoire que Ses attributs soient exempts de début et de fin.

A voir : Les connaissances indispensables de la croyance : signification de je témoigne que MouHammad est le messager de Dieu

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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