Les lois du pèlerinage

Les lois du pèlerinage

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm

الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ

Esclaves de Allah, je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, de faire preuve de piété à l’égard de Allah. Allah ta`ala dit dans Son Livre Honoré

﴿وَللهِ عَلَى النَّاسِ حِجُّ البَيْتِ مَنِ ﭐسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلاً﴾

ce qui signifie : « Allah ordonne aux gens d’accomplir le pèlerinage à La Mecque, tous ceux qui en sont capables »

[sourat ‘Ali `Imran /’ayah 97]

Et Allah dit

﴿الحَجُّ أَشْهُرٌ مَّعْلُومَاتٌ فَمَن فَرَضَ فِيهِنَّ الحَجَّ فَلاَ رَفَثَ وَلاَ فُسُوقَ وَلاَ جِدَالَ فِي الحَجِّ وَمَا تَفْعَلُواْ مِنْ خَيْرٍ يَعْلَمْهُ اللهُ وَتَزَوَّدُواْ فَإِنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى وَﭐتَّقُونِ يَا أُوْلِي الأَلْبَابِ﴾

ce qui signifie : « Le pèlerinage est à accomplir dans des mois bien définis, si quelqu’un entre en rituel de pèlerinage en ces mois-là, qu’il s’abstienne de tout rapport et qu’il ne commette aucun grand péché ni ne tienne de débat inutile pendant le pèlerinage ; tout le bien que vous accomplissez Allah le sait, faites des provisions, or la meilleure des provisions c’est la piété ; et faites preuve de piété à l’égard de Allah, vous qui êtes dotés de raison »

[sourat Al-Baqarah /’ayah 197].

Allah ta`ala a ordonné d’accomplir le pèlerinage à tous ceux d’entre nous qui en sont capables. C’est une obligation par l’Unanimité pour tout musulman lorsqu’il est pubère, libre et qu’il en a la capacité. Mon frère musulman, si tu es capable d’assurer les charges du pèlerinage, c’est-à-dire ce qui te permet de parvenir à destination et de te ramener dans ta patrie, en plus du remboursement de tes dettes et de ce dont tu as besoin pour ton logement et tes vêtements qui sont dignes de ton rang, ainsi que la charge de ton épouse et de tes enfants qui sont en deçà de la puberté, et de toute autre personne dont la charge te serait obligatoire, que ce soit en terme de logement, d’habillement et de nourriture, durant ton absence, c’est-à-dire depuis ton départ au pèlerinage jusqu’à ton retour, alors tu es considéré comme ayant la capacité et par conséquent le pèlerinage est un devoir pour toi.

Quant à celui qui n’en n’a pas la capacité, il n’est pas un devoir pour lui de faire le pèlerinage ; mais s’il le faisait, son pèlerinage serait valable.

Si tu t’es décidé à faire le pèlerinage, saches que le pèlerinage comporte des conditions, des piliers et des devoirs, ainsi que des choses interdites qu’il est un devoir d’apprendre pour ceux qui veulent s’engager dans cet acte. En effet, les ignorer peut te faire tomber dans quelque chose qui annule ton pèlerinage sans que tu le saches. Pour cela, les savants ont dit qu’il est un devoir pour celui qui veut s’engager dans quoi que ce soit, d’apprendre ce qui en est licite et ce qui en est interdit avant de s’y engager. Nous demandons à Allah ta`ala de nous faire apprendre notre religion.

Il est un devoir d’apprendre ces connaissances auprès des gens de science et non par la simple lecture dans les livres. Combien de gens ont lu des livres sans les avoir reçus par transmission auprès des gens de connaissance, et se sont égarés et ont égaré autrui, soit en raison d’une erreur qu’ils contiendraient, soit en raison de leur mauvaise compréhension du sens correct de leurs expressions, à l’exemple de cet homme, on raconte qu’il avait été vu en train de faire les tours autour de la Ka`bah avec un couteau et un rat à la main. Quand on lui demanda pourquoi, il avait dit « mais c’est comme cela que j’ai lu dans un livre ! » Et quand on ramena le livre, il s’avéra qu’il s’était trompé dans la lecture. À l’origine, il s’agissait « de tourner autour de la Ka`bah (bisakinatin) avec sérénité (wawaqar) et retenue ». Or il avait lu (bisikkin wafa’r) avec un couteau et un rat !

Nous voici aujourd’hui dans les mois du pèlerinage béni, des milliers de musulmans se préparent pour visiter la Maison Sacrée (Al-Baytou l-Haram), et leurs cœurs se languissent du Prophète Élu.

En vue de visiter cette région bénie, il convient que notre discours aujourd’hui se consacre à montrer certains jugements du pèlerinage.

Le pèlerinage, chers frères de foi, comporte six piliers. Si quelqu’un délaisse un seul parmi eux, son pèlerinage n’est pas valable.

Le premier de ces piliers, c’est l’ihram, c’est-à-dire l’intention d’entrer en rituel, comme en disant dans ton cœur « Je m’engage dans les actes du pèlerinage » ou « J’ai l’intention de faire le pèlerinage » ou « Je rentre en rituel de pèlerinage pour l’agrément de Allah ». Il n’est valable de s’engager dans le rituel de pèlerinage que dans les mois du pèlerinage, à propos desquels notre Seigneur dit

﴿الْحَجُّ أَشْهُرٌ مَعْلُومَاتٌ﴾

[sourat Al-Baqarah / 197] ce qui signifie : « Le pèlerinage est à accomplir dans des mois particuliers » qui sont Chawwal, Dhou l-Qa`dah et les dix premières nuits de Dhou l-Hijjah. Par conséquent, si quelqu’un avait cette intention avant cela, son intention l’engagerait pour une `Oumrah.

Quant au deuxième pilier du pèlerinage, c’est que le pèlerin soit présent sur une partie de la terre de `Arafah, même un instant compris entre le moment où le soleil quitte le milieu du ciel le jour de `Arafah, jusqu’à l’aube de la nuit de l’`Id, même si le pèlerin était endormi, sur une monture ou ne faisant que passer sans même s’arrêter.

Le troisième pilier du pèlerinage, ce sont les tours rituels autour de la Ka`bah, sept fois, en allant de l’avant et en faisant en sorte de maintenir la Ka`bah à sa gauche, en commençant au niveau de la pierre noire (al-hajarou l-‘aswad). Pour que ces tours soient valables également, il est une condition de couvrir sa zone de pudeur, d’être purifié des deux hadath et de toute najaçah, car les tours autour de la Ka`bah requièrent les mêmes conditions que la prière, sauf que pour les tours autour de la Ka`bah, il est permis de discuter, contrairement à la prière, tout comme nous l’a fait savoir le Messager de Allah.

Le quatrième pilier du pèlerinage, c’est faire sept fois le trajet entre le mont de As-Safa et celui de Al-Marwah, qui sont deux saillies de deux montagnes. Il convient, mon frère pèlerin, de commencer tes trajets du mont de As-Safa pour l’achever à au mont de Al-Marwah, cette fois-là comptera pour un premier trajet ; ensuite revient du mont de Al-Marwah jusqu’à finir au mont de As-Safa, cela comptera pour un deuxième, et ainsi de suite jusqu’à ce que tu termines le septième trajet au niveau du mont de Al-Marwah.

Cependant, fais bien attention, mon frère pèlerin, qu’il est une condition pour la validité des trajets qu’ils aient lieu après des tours rituels autour de la Ka`bah (tawaf), même si ce sont les tours rituels de l’arrivée (tawafou l-qoudoum).

Et il n’est pas valable de faire les trajets ailleurs qu’à l’endroit que le Messager de Allah a prescrit pour faire les trajets, par Unanimité des quatre écoles. Il n’est donc pas permis de faire les trajets dans l’extension qui a été rajoutée à notre époque. Elle se trouve, en effet, à l’extérieur de l’endroit que le Messager de Allah a indiqué. Si quelqu’un tient à la validité de ses trajets, qu’il les accomplisse dans l’ancien emplacement dans les étages supérieurs ou au sous-sol.

Le cinquième pilier du pèlerinage consiste à se raser le crâne ou à se couper les cheveux. Il est préférable de se raser pour les hommes plutôt que de raccourcir les cheveux, en raison du hadith dans lequel le Messager r a dit :

﴿اللهمّ اغفر للمحلّقين﴾

ce qui signifie : « Ô Allah pardonne à ceux qui se rasent le crâne » on lui a dit : « Et ceux qui se raccourcissent les cheveux, ô Messager de Allah » il l’a alors répété trois fois puis il a dit la quatrième fois

﴿وللمقصّرين﴾

ce qui signifie : « …ainsi qu’à ceux qui raccourcissent leurs cheveux. »

Quant aux femmes, elles se raccourcissent les cheveux mais ne se rasent pas le crâne.

Ici, le rasage consiste à couper à la racine la chevelure avec un rasoir, une lame ou autre chose. Quant au raccourcissement, il consiste à retirer une petite ou une grande partie de la chevelure, sans pour autant la couper à la racine.

Mais fais bien attention, mon frère pèlerin, il n’est pas permis de raser ou de couper ses cheveux ni d’arracher un seul cheveux ou un seul poil avant la deuxième moitié de la nuit de l’`id. Donc il ne t’est permis de couper les cheveux ou de te raser le crâne, et cela ne te déchargera de ce pilier, que si tu l’accomplis dans son temps.

Le sixième pilier du pèlerinage consiste à respecter l’ordre entre la majeure partie des piliers car il est indispensable d’accomplir l’ihram avant tout le reste et de retarder les tours rituels, la coupe ou le rasage par rapport à la station à `Arafah.

Le pèlerin, chers frères de foi, comporte des devoirs tels que si quelqu’un les délaisse, il commet un péché ; cependant les délaisser n’annule pas son pèlerinage, il devra toutefois s’acquitter d’une compensation (fidyah) dont celui qui veut partir au pèlerinage doit apprendre les détails auprès des gens de science.

Ces devoirs, c’est d’avoir effectué l’entrée en rituel, que ce soit pour celui qui veut faire le pèlerinage ou la `Oumrah, à partir du point de repère(miqat) c’est-à-dire à partir des endroits que le Messager de Allah a assignés à chaque région, à ne pas dépasser avant d’être entré en rituel de pèlerinage. Celui qui veut effectuer le pèlerinage ou la `Oumrah se renseigne sur le point de repère (miqat) correspondant à son pays, afin de ne pas le dépasser sans être entré en rituel.

Parmi les devoirs également, il y a passer la nuit à Mouzdalifah, même un court laps de temps et aussi passer la majeure partie de la nuit à Mina, certains savants ayant dit que passer la nuit à ces deux endroits n’est pas un devoir mais est simplement recommandé (sounnah).

Parmi les devoirs du pèlerin il y a le lancer de cailloux dans le Pierrier de l’obstacle (Jamratou l-`Aqabah) avec sept cailloux. Le temps de ce lancer commence à la moitié de la nuit de l’`Id, pas avant. Si quelqu’un l’effectuait avant cela, cela ne validerait pas son acte des lancers. Puis, chacun des trois jours de at-Tachriq), les 11, 12 et 13 du mois de Dhou l-Hijjah, le pèlerin doit lancer des cailloux dans les trois pierriers, dans chaque pierrier sept cailloux qu’il les lance l’un après l’autre. Par conséquent, si quelqu’un lançait les sept cailloux d’un seul coup, cela ne validerait pas son acte.

Saches, mon frère pèlerin, que certaines choses deviennent interdites à qui entre en rituel tant qu’il est en rituel. Parmi elles il y a se parfumer, comme de mettre du parfum sur son corps ou les vêtements que l’on porte.

Il y a aussi s’oindre la tête ou la barbe avec de l’huile d’olive ou ce qui est de cet ordre.

Et il y a également se couper les ongles ou éliminer toute pilosité.

Il lui est également interdit d’embrasser, regarder, toucher ou serrer dans ses bras avec désir, même si c’est son épouse.

Tout comme il est interdit aux hommes de porter ce qui enveloppe le corps grâce à des coutures, comme une chemise ou un pantalon. Quant aux femmes, cela leur est permis mais il leur est interdit de couvrir leur visage avec quelque chose qui tomberait sur leur visage, ainsi que de porter des gants.

Fais bien attention, cher frère pèlerin, que le rapport devient interdit pour qui entre en rituel jusqu’à ce qu’il soit désengagé de son rituel, par un désengagement complet en ayant effectué les tours obligatoires autour de la Ka`bah, en ayant lancé les cailloux dans Jamratou l-`Aqabah, et en s’étant rasé le crâne ou raccourci les cheveux. S’il avait un rapport avant d’avoir accompli deux de ces trois choses, à savoir les tours rituels obligatoires, le lancer à Jamratou l-`Aqabah et le rasage ou le raccourcissement des cheveux, il aura désobéi à son Seigneur et aurait annulé son pèlerinage ; il lui incomberait de poursuivre le pèlerinage qu’il viendrait d’annuler et de le rattraper immédiatement l’année suivante. En plus de cela il lui serait un devoir d’égorger une chamelle femelle (badanah) et d’en nourrir les pauvres de l’enceinte sacrée de La Mecque.

Il est interdit également à celui qui entre en rituel de chasser les animaux licites à la consommation, terrestres et sauvages.

Si quelqu’un fait l’une de ces choses interdites, il se charge du péché et il doit s’acquitter d’une compensation (fidyah), dont les savants ont mentionné les détails.

Enfin, si quelqu’un a accompli les piliers, a effectué les devoirs et s’est gardé du rapport sexuel et des grands péchés, l’argent qu’il a dépensé pour le pèlerinage étant licite, alors son pèlerinage est qualifié de mabrour car son pèlerinage lui aura effacé tout péché. Il sera concerné par le hadith du Messager de Allah r :

﴿من حجّ فلم يرفُثْ ولم يفسُقْ خرج من ذنوبه كيوم ولدتْه أمّه﴾

ce qui signifie : « Celui qui accomplit le pèlerinage en s’étant gardé de tout rapport et de tout grand péché durant son pèlerinage, il sortira de son pèlerinage comme au jour où sa mère l’a mis au monde ».

Ô Allah, accorde-nous d’effectuer le pèlerinage et la `Oumrah, et fais qu’il expie tous nos péchés.

Ô Allah, accorde-nous de visiter le Bien-aimé, l’Élu et qu’il intercède en notre faveur au jour où ni les biens, ni les enfants ne seront utiles sauf pour qui viendra au jugement de Allah avec un cœur sauf de toute mécréance.

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