La mi-Cha`bân. 15 Chabane

La mi-Cha`bân. 15 Chabane

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm

الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ

Louanges à Allâh Seigneur des mondes, que Allâh honore et élève davantage en degrés notre maître MouHammad et qu’Il préserve sa communauté de ce que le Prophète craint pour elle.

Je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, de faire preuve de piété à l’égard de Allâh, Al-`Aliyy Al-`ADHîm.

Voici, mes frères, que la mi-Cha`bân est de retour, que Allâh fasse qu’elle soit, pour nous tous et pour l’ensemble de la communauté, une occasion de bien et de bénédiction. Il convient de nous rappeler les uns aux autres certaines des bonnes œuvres qui ont été rapportées et qu’il convient d’accomplir durant cette nuit, certaines bonnes œuvres dont il nous est parvenu que notre Prophète éminent les accomplissait durant la nuit de la mi-Cha`bân, en espérant que Allâh nous pardonne et nous fasse miséricorde. En effet, chacun de nous ne sait pas quel acte sera accepté de sa part, et lequel de ses actes sera la cause de sa sauvegarde du châtiment au Jour du Jugement.

Ibnou Mâjah  a rapporté du Prophète qu’il a dit :

إِذَا كَانَتْ لَيْلَةُ النِّصْفِ مِنْ شَعْبانَ فَقُومُوا لَيْلَهَا وَصُومُوا نَهَارَهَا

 ce qui signifie : « Lorsque vient la nuit de la mi-Cha`bân, alors veillez sa nuit en prières surérogatoires et jeûnez sa journée. »

Le Messager de Allâh nous a ainsi indiqué quoi faire à l’occasion de cette nuit, à savoir veiller la nuit de la mi-Cha`bân en prières surérogatoires et jeûner pendant la journée. La nuit, ici, quand il s’agit de la mi-Cha`bân, c’est la nuit qui précède le 15 du mois de Cha`bân. Le Messager nous a incités à veiller cette nuit en prières. Et la prière est un bien dont nous pouvons profiter. Qui veut en faire beaucoup, qu’il en fasse beaucoup, et qui veut n’en faire qu’un peu, qu’il n’en fasse que quelques unes.

Le Messager de Allâh nous a également incité à faire des invocations durant cette nuit.

Dans la version de Al-Bayhaqiyy, le Prophète a dit :

فَإِنَّ اللهَ تَعالى يَقُولُ أَلاَ مِنْ مُسْتَغْفِرٍ فَأَغْفِرَ لَهُ أَلاَ مِنْ مُسْتَرْزِقٍ فَأَرْزُقَهُ أَلاَ مِنْ سائِلٍ فَأُعْطِيَهُ أَلاَ كَذا أَلاَ كَذا حَتَّى يَطْلُعَ الفَجْرُ

 ce qui signifie : «Allâh ta`âlâ dit : » ce qui signifie :« Quelqu’un demande-t-il à être pardonné ? Je lui pardonne. Quelqu’un demande-t-il à recevoir une subsistance ? Je la lui accorde. Quelqu’un demande-t-il quelque chose ? Je la lui donne, Quelqu’un demande-t-il ? Quelqu’un demande-t-il ?jusqu’à ce que l’aube se lève ».

Or il est bien connu, chers frères et sœurs, que la parole de Allâh n’est pas de lettre, ni de sons, ni une langue. Rien n’est tel que Lui, et Il est Celui Qui entend, Celui Qui voit.

Dans les invocations, il y a un bien éminent. Allâh ta`âlâ dit :

﴿وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إِذَا دَعَانِ فَلْيَسْتَجِيبُوا لِي وَلْيُؤْمِنُوا بِي لَعَلَّهُمْ يَرْشُدُونَ

[sôuratAl-Baqarah/186] ce qui signifie « Lorsque Mes esclaves t’interrogent à Mon sujet, [qu’ils sachent que] Je suis Celui Qui sait tout d’eux et qui les préserve, Je récompense celui qui M’invoque quand il M’invoque. Alors, qu’ils M’obéissent et qu’ils croient en Moi, puissent-ils être bien guidés ».

Sachez, mes frères de foi, qu’une chose que Allâh a voulu de toute éternité qu’elle existe, existera nécessairement, et que ce que Allâh n’a pas voulu de  toute éternité que cela existe n’existera jamais. Sachez également que le changement est impossible au sujet deAllâh ta`âlâ,  car le changement fait partie des caractéristiques des créatures. La volonté de Allâh ne change pas, ni à la suite de l’invocation de quelqu’un qui invoque, ni à la suite de l’aumône de quelqu’un qui donne. Quant au Hadîth rapporté par At-Tirmidhiyy dans ses Sounan dont on comprend que seule l’invocation intervient dans al-QaDâ’, ce qui est visé par ce Hadîth, c’est ce qui est écrit en étant conditionné dans les livrets des anges. En effet, parmi ce qui est écrit dans les livrets des anges, il y a ce dont l’occurrence est conditionnée à autre chose et il y a ce dont l’occurrence est non conditionnée à autre chose. L’exemple de « ce qui est conditionné » est comme s’il était écrit sur les feuillets des anges qu’Untel subira telle ou telle épreuve pendant telle et telle période, à moins qu’il n’invoque Allâh pour que cette épreuve lui soit levée, alors son épreuve lui est levée immédiatement après son invocation, et sinon, elle continue pour la période entière. C’est encore par exemple que si jamais Untel maintient les liens familiaux ou fait preuve de bienfaisance envers ses parents, il vivra cent ans ou bien il lui sera accordé telle ou telle subsistance ou telle ou telle bien-être, et s’il n’en fait rien, il vivra jusqu’à soixante ans et il sera privé de telle subsistance ou de telle bien-être. Et Allâh sait de toute éternité laquelle des deux options aura lieu, rien n’échappe à Sa science. Il a voulu de toute éternité que se produise ce qu’Il a su de toute éternité que cela se réaliserait. Ainsi Sa volonté ta`âlâ ne change pas. Par conséquent, cela ne veut pas dire que la prédestination éternelle de Dieu, qui est Son attribut, soit tributaire de l’acte d’une personne, de son invocation. Mais Allâh sait ce qui va atteindre cet esclave, s’il va invoquer ou s’il ne va pas invoquer.

On sait à partir de là que celui pour qui Allâh a voulu qu’il meure sur une autre religion que l’Islam, ne mourra que sur une autre religion que l’Islam, et celui pour qui Allâh a voulu qu’il meure croyant, nécessairement mourra croyant. Cela ne change pas suite à l’invocation de quiconque, ni suite à l’aumône de quiconque, ni suite à l’entretien des relations avec les proches parents ou suite à la bienfaisance envers les croyants.

Il y a des gens qui ont pris l’habitude de se réunir lors de la nuit de la mi-Cha`bân pour réciter une invocation qu’ils appellent « l’invocation de la mi-Cha`bân« . Cette invocation n’a pas été authentifiée comme ayant été dite et enseignée par le Messager de Allâh r, ni par aucun compagnon et dont le début est (Yâ man yamounnou wa lâ youmannou `alayhi) . Cette invocation comporte des expressions dont le sens apparent laisse suggérer que la volonté de Allâh et Sa prédestination éternelle changeraient. Celui qui n’a pas appris la croyance, il se peut qu’il ne comprenne pas le sens correct de ces expressions et croie que Allâh changerait Sa volonté en fonction de celui qui fait ces invocations. Or, la croyance que la volonté de Dieu changerait fait sortir de l’Islam, que Dieu nous en préserve. L’expression visée est leur parole :

« إِنْ كُنْتَ كَتَبْتَنِي في أُمِّ الكِتابِ عِنْدَكَ شَقِيًّا فَٱمْحُ عَنِّي اسْمَ الشَّقاءِ وأَثْبِتْنِي عِنْدَكَ سَعِيدًا »

En effet, il se peut que certains en comprennent (Ô Seigneur, si Tu as voulu pour moi le malheur pour l’éternité alors change Ta volonté) et cette compréhension est mauvaise car Allâh ta`âlâ ne change pas Sa volonté. Tous Ses attributs sont éternels, exempts de début, exempts de fin, il ne leur arrive aucun changement ni aucune modification

Et s’il en comprend : « Ô Seigneur, si mon état actuellement est l’état des gens malheureux, noyés dans les péchés, alors change mon état vers l’état de ceux qui sont heureux et pieux » cette compréhension est correcte et ne comporte pas de nuisance, car nous tous demandons à Allâh ta`âlâ de nous faire mourir sur l’état des gens heureux pour l’éternité. Pour cela, en raison du danger qui réside dans cette mauvaise compréhension lorsque certains entendent cette invocation, je vous invite, chers frères de foi à dire d’autres invocations, et notamment les invocations qui sont authentifiées comme ayant été dites par le Messager de Allâh, et elles sont ô combien nombreuses. Comme ce qui est rapporté dans le livre « RiyâDou S-SâliHîn » ou dans d’autres livres encore.

Chers frères de foi, jeûnez la journée de la mi-Cha`bân, veillez la nuit qui la précède, parce qu’il a été rapporté dans le Hadîth SaHîH, rapporté par Ibnou Hibbân, que Allâh accorde spécialement à la nuit de la mi-Cha`bân cette caractéristique, à savoir que Allâh fait miséricorde, d’une miséricorde particulière, à Ses esclaves pendant la nuit de la mi-Cha`bân  – et nous savons que Allâh sait tout de Ses créatures dans n’importe quel moment. Il pardonne ainsi à toutes Ses créatures sauf à ceux qui sont exceptés, c’est-à-dire qu’à certains musulmans, Il pardonne certains de leurs péchés, tandis qu’à d’autres, Il leur pardonne tous leurs péchés, alors qu’aux mécréants, Il ne leur pardonne rien. Également, si quelqu’un a une haine, une animosité en lui envers un autre musulman, et qu’ils se détestent pour un sujet de bas monde, Il ne leur pardonne pas.

Alors que chacun d’entre nous veille à réparer les différends qu’il pourrait avoir avec ses frères musulmans, qu’il pardonne, qu’il trouve des excuses et qu’il élimine de son cœur toute animosité avant cette nuit-là. En espérant que Allâh nous fasse miséricorde et nous pardonne nos péchés.

Après avoir dit mes propos, je demande à ce que Allâh me pardonne ainsi qu’à vous.

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