Persévérer sur la piété et craindre Allâh

Persévérer sur la piété et craindre Allâh

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm

الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ

Louanges à Allâh Seigneur des mondes, que Allâh honore et élève davantage en degrés notre maître MouHammad et qu’Il préserve sa communauté de ce que le Prophète craint pour elle.

Je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve la piété à l’égard de Allâh Al-`Aliyy, Al-`ADHîm. Ce bas monde est une résidence de passage ; par conséquent elle n’est pas une résidence d’établissement. Ce bas monde est comme un terrain où l’on sème pour récolter dans l’au-delà. Et la tombe est le caisson des actes. Alors, bonheur à celui qui a fait preuve de bienfaisance, qui a fait preuve de piété et qui a terminé sa vie avec de bonnes œuvres. Allâh ta`âlâ dit dans le Qour’ân honoré :

﴿ وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقامَ رَبِّهِ ونَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى فَإِنَّ الجَنَّةَ هِيَ الْمَأْوَى

 (Wa ‘ammâ man khâfa maqâma rabbihî wa naha n-nafsa `ani l-hawâ fa ‘inna l-jannata hiya l-ma’wâ)

ce qui signifie : «Quant à celui qui a craint le jugement de son Seigneur et qui a empêché son âme de suivre ses [mauvais] penchants, alors sa résidence sera le Paradis .»

[Sôurat An-Nâzi`ât / 40 et 41]

Allâh tabâraka wa ta`âlâ sait les regards interdits furtifs et Il sait ce que dissimule les cœurs. Il sait tous les états de l’esclave : ce qui en apparaît tout comme ce qui est inapparent. L’esclave vertueux gagnant est celui qui a suivi le Messager de Allâh, qui s’est attaché à ses conseils, à ses préceptes et à ses ordres. L’esclave vertueux gagnant est celui qui craint le jour du Jugement, c’est cela le sens de la parole de Allâh :

﴿ وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ

(Wa ‘ammâ man khâfa maqâma rabbih)

 C’est-à-dire, celui qui craint l’Interrogatoire lorsqu’il sera jugé et qui s’est préparé pour ce qui vient après la mort. Et ce, contrairement à ceux qui craignent le scandale dans le bas monde et qui ne se préparent pas pour ce qui vient après la mort. Ceux-là ne se préparent pas pour le jour de l’Interrogatoire, au jour de l’Exposition des œuvres. Quant à celui qui craint l’interrogation de son Seigneur au jour du Jugement, qui s’y prépare en évitant les interdits, en évitant les choses défendues et en s’acquittant des devoirs que Allâh tabâraka wa ta`âlâ a ordonnés.

﴿ وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى

(Wa ‘ammâ man khâfa maqâma rabbihî wa naha n-nafsa `ani l-hawâ)

 C’est à dire : celui qui craint l’interrogatoire de son Seigneur, craint les questions du jour du Jugement et empêche son âme de suivre ses mauvaises passions. Les passions blâmables sont ce vers quoi penche l’âme qui pousse au mal, de ce qui comporte une interdiction au regard de la Loi de Allâh tabâraka wa ta`âlâ, comme par exemple aimer dominer les gens. C’est le cas de l’aîné d’une fratrie qui prend les biens de ses frères sous prétexte de veiller sur eux après la mort de leur père, il a en lui ce penchant vers la domination. C’est le cas aussi de l’épouse qui, parce qu’elle aime prendre le dessus et être autoritaire, n’obéit plus à son mari. Il en est de même pour certains associés qui s’engagent dans des transactions d’argent. Parmi les penchants de l’âme, il y a ceux qui sont apparents et ceux qui sont dissimulés. C’est ainsi que certains associés qui, en s’engageant, montrent une satisfaction mutuelle en apparence mais, tu trouves plus tard qu’ils sont devenus envieux et haineux au point que la dissension entre eux pourrait presque les mener à s’entre tuer. L’amour de l’argent, l’amour du bas monde et l’amour de la domination se sont emparés du cœur de beaucoup de gens.

Parmi les penchants cachés de l’âme, il y a le fait que certains individus ont un attachement au paraître, à prendre le dessus sur les gens et la prétention à  être des chaykh soufis alors qu’ils sont vides de science. Tout cela pour avoir un pouvoir et une emprise sur les autres ; de sorte que les gens viennent leur embrasser les mains, leur ramener des cadeaux et des dons alors qu’ils sont sans science. Il arrive qu’on trouve un d’entre eux qui prétend être saint et avoir des prodiges alors qu’il n’a même pas encore accompli les devoirs et ne s’est pas abstenu des péchés. Parmi ces gens-là, il y a ceux qui organisent des assemblées sous prétexte de faire du dhikr. Et au lieu de dire : « Allâh, Allâh, Allâh ! », tu les vois s’occuper de la mélodie tout en déformant le nom de Allâh tabâraka wa ta`âlâ. Ils dansent, se penchent tantôt à droite tantôt à gauche. Donc, l’amour du paraître a amené leurs cœurs à pencher vers les mélodies au lieu de se préoccuper de la validité des termes du dhikr. C’est ainsi qu’au lieu de dire par exemple : « lâ ‘ilâha ‘illa l-Lâh », en veillant sur la bonne prononciation et sur l’articulation des termes, avec la bonne intention, au contraire tu les vois en train de ne pas prêter attention à tout cela. Tout ce qu’ils y trouvent, c’est la mélodie et le fait de danser sur ces airs.

Certains déforment le nom de Allâh en disant : « soubHanalla » (sans prononcer la lettre hâ’ à la fin) ou « al Hamdoulilla » (sans prononcer la lettre hâ’ à la fin). Ce disant, ils enlèvent des lettres du nom de Allâh. Il y a ceux qui nomment Allâh par des noms qu’il est interdit de lui attribuer. C’est le cas de celui qui nomme Allâh la puissance créatrice alors que Allâh se qualifie Lui-même dans le Qour’ân par Sa parole :

﴿ ذُو القُوَّةِ

(dhoulqouwah)

 c’est-à-dire Celui Qui a pour attribut la Toute Puissance. Il n’est pas permis de dire de Allâh qu’Il est une puissance. Aussi, il n’est pas permis de dire au sujet de Allâh qu’Il est une science ou qu’Il est une puissance ou qu’Il est une volonté. On dit plutôt que Allâh a pour attribut la Toute Puissance, la Volonté, l’Ouïe, la Vue, la Parole, la Science, la Vie et la non fin. On ne dit pas que Allâh est une puissance, on ne dit pas que Allâh est amour. Il n’est pas permis nommer Allâh par un autre nom que ceux qui nous ont été autorisés selon la Loi de l’Islam.  En effet, Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَللهِ الأَسْماءُ الحُسْنَى فَٱدْعُوهُ بِها وذَرُوا الَّذِينَ يُلْحِدُونَ في أَسْمائِهِ

ce qui signifie : «Allâh a les noms parfaits, invoquez-Le par ces noms-là et laissez ceux qui font dévient en nommant Allâh par des noms qu’il est interdit de lui attribuer. » [Sôurat Al-‘A`râf / 180]

L’attachement aux mauvais penchants ! Certains suivent leurs passions, leur âme qui les incite au mal et les pousse à aimer le pouvoir, à aimer rassembler de l’argent et se montrer hautains vis-à-vis des gens. Ils trompent les gens, ils prennent de l’argent des orphelins, des veuves, des pauvres et des miséreux sous prétexte de servir la cause de l’Islam alors que c’est pour le mettre dans leurs poches, le consommer eux mêmes, le donner à leurs propres enfants et épouses et construire avec leurs maisons. Cet argent, ils le prennent au nom du soutien des orphelins, des veuves, de l’agrandissement d’une mosquée ou d’un centre islamique.

﴿ وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ

 (Wa ‘ammâ man khâfa maqâma rabbih)

 C’est-à-dire : « Celui qui craint l’interrogatoire au jour du Jugement. »

﴿ ونَهَى النَّفْسَ عَنِ الهَوَى

(wa naha n-nafsa `ani l-hawâ)

 C’est à dire qui a interdit à son âme de suivre Al-hawâ qui signifie les mauvaises passions, ce vers quoi penche l’âme et qui comporte une interdiction dans la Religion. Et Allâh nous apprend :

﴿ وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى فَإِنَّ الْجَنَّةَ هِيَ الْمَأْوَى

 (Wa ‘ammâ man khâfa maqâma rabbihî wa naha n-nafsa `ani l-hawâ fa ‘inna l-jannata hiya l-ma’wâ)

 C’est-à-dire : quant à celui qui craint l’interrogatoire de son Seigneur au jour du Jugement et qui interdit à son âme de suivre ses passions, il sera récompensé par le Paradis.

Mes bien-aimés musulmans, Allâh tabâraka wa ta`âlâ a fait savoir que l’âme incite au mal. Il nous a mis en garde contre le fait de la suivre, et la plupart des gens ont une âme qui les pousse au mal. Certains d’entre eux se cachent sous une barbe, d’autres sous une joubbah, tandis que d’autres sous une `imâmah et certains se cachent sous une voie soufie, les désirs du bas monde se sont emparés d’eux. Celui donc qui n’apprend pas ce qui est indispensable de connaître de la science de la Religion sera en proie à la risée du chayTân et de ses aides parmi les gens. La science veille sur toi ; quant à l’argent, c’est toi qui veille sur lui. Alors, fais en sorte d’obtenir ce qui va veiller sur toi avant d’obtenir ce sur quoi tu vas veiller. Certains savants ont dit au sujet de l’âme qui pousse à faire le mal :

Et contredis l’âme ainsi que le chayTân et désobéis-leur et s’ils te conseillent alors remets leur conseil en cause.

A ce sujet, il a été rapporté du Messager de Allâh :

رُبَّ مُكْرِمٍ لِنَفْسِهِ وَهُوَ لَهَا مُهِينٌ 

Ce qui signifie : « Combien sont ceux qui veulent honorer leur âme alors qu’ils ne font que la rabaisser. »

Lors d’un embouteillage ou suite au télescopage de leurs voitures sur la route, il se peut que l’une des deux personnes impliquées sorte sa main pour agresser l’autre ou ouvre la fenêtre et  insulte Dieu en agressant verbalement celui qui l’a heurté par derrière, pensant qu’il aura ainsi honoré son âme en agissant de la sorte, en agressant avec sa main ou en insultant Dieu alors qu’en réalité il a humilié son âme. Celui-là aura mené son âme à sa perte, que Dieu nous en préserve ! Car, pour avoir frappé ainsi injustement, il mérite le châtiment très douloureux et lorsqu’il a insulté son Seigneur avec sa langue, il se sera mené à sa perte par la mécréance qu’il a commise,  nous demandons à Allâh tabâraka wa ta`âlâ de nous en préserver.

Alors, dans la difficulté comme dans le bien-être, dans la pauvreté tout comme dans  la richesse, attachons-nous aux Prophètes, eux qui font partie des gens qui patientent face aux épreuves et qui agissent avec bienfaisance avec ceux qui, de leur côté, ont mal agi envers eux. Il se peut qu’un mari agisse mal envers son épouse et qu’elle ne trouve pas qui la conseille. Au contraire, la plupart de ceux qui sont autour d’elle la poussent à la destruction de son foyer conjugal en l’incitant à demander le divorce au lieu de les amener à patienter ou de leur conseiller de répondre au mal par du bien. Il se peut que l’épouse agisse mal envers son mari. Et au lieu que ceux qui sont autour lui prennent l’initiative d’arranger la situation, beaucoup d’entre eux œuvrent pour détruire le couple et élargir le fossé entre eux. Il convient à celui qui a été éprouvé de patienter face aux épreuves. Il convient qu’il agisse bien envers celui qui a mal agi envers lui.

Quelle est la raison pour laquelle de nombreuses personnes se jettent puis se noient dans les passions de leurs âmes ? Quelle est la raison pour laquelle la plupart des gens se mettent à frapper, à insulter, à maudire, à trahir et à prendre le bien des orphelins injustement, à consommer le bien de l’épouse injustement ? C’est le bas monde, l’amour du bas monde ! Que Dieu nous en préserve ! Et la raison en est l’ignorance dans la Religion. A ce sujet, il a été rapporté que le Prophète de Allâh `Îçâ ibnou Maryam a fait l’éloge de la communauté du MouHammad en disant :

عُلَمَاءُ حُكَمَاءُ كَأَنَّهُمْ مِنَ الفِقْهِ أَنْبِيَاءُ 

ce qui signifie : «Des savants et sages, ils sont par leur science tels des prophètes. »

Il n’a pas dit qu’ils sont, par leur adoration, comme des prophètes, tellement ils font des prières de nuit mais plutôt par leur science. Il est indispensable pour chacun de nous de s’instruire dans la Religion agréée par Allâh afin qu’il sache ce que Allâh a permis et ce qu’Il a interdit, pour savoir ce qui lui est licite et ce qui lui est interdit de consommer et de boire, ce qui lui est permis d’en tirer du plaisir en le regardant et ce qui ne lui est pas licite de regarder, ce qui lui est permis de demander à autrui et ce qui ne lui est pas permis de demander, ce qui lui est permis de demander à son épouse et ce qui est permis à elle de lui demander ainsi que ce qui est interdit. Certes, il n’est de protection contre les péchés que par la préservation de Allâh et il n’est de force à faire le bien qu’avec l’aide de Allâh.

Après avoir dit mes propos, je demande à ce que Allâh me pardonne ainsi qu’à vous.

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