Les Piliers de la Prière et ses conditions de validité

Les Piliers de la Prière et ses conditions de validité

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent. Et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maitre MouHammad Al-’Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier MouHammad.

La prière comporte des piliers, c’est-à-dire des actes obligatoires, et des actes recommandés (sounnah). Les piliers sont les actes de la prière indispensables à la validité de la prière. Quant aux actes surérogatoires, ce sont les actes pour lesquels il y a davantage de récompenses à les accomplir, mais les délaisser n’annule pas la prière. Nous, nous les accomplissons pour suivre l’exemple du Messager de Allâh (Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam).

Les piliers de la prière :

Les piliers de la prière sont au nombre de dix-sept :

1- L’intention : c’est un acte du cœur. Ce n’est pas un devoir de la prononcer par la langue. Ainsi, si l’on n’a pas dit par sa langue : « j’ai l’intention d’accomplir aDH-DHouhr  » ou « al-`aSr  » par exemple, mais qu’on a fait face à la Qiblah, on a fait le takbîr – on a dit (Allâhou ‘akbar)- et on a eu lors du takbîr cette intention, comme par exemple : « j’ai l’intention d’accomplir l’obligation de aDH-DHouhr « , la prière est alors valable. Cependant si l’intention est présente dans le cœur avant de faire le takbîr mais n’est plus présente lors du takbîr, la prière n’est pas valable selon l’Imam Ach-Châfi`iyy car selon lui, l’intention doit avoir lieu en même temps que le takbîr. De même, la prière n’est pas valable si on dit par la langue : « j’ai l’intention d’accomplir l’obligation de aDH-DHouhr  » et qu’on n’a pas cette intention dans le cœur lors du takbîr.

Ce qui est nécessaire pour l’intention :

– c’est d’avoir la volonté d’accomplir la prière ;

– de préciser la prière qui a une cause particulière, comme la prière de la Fête (al-`id ) ou celle de l’éclipse lunaire, ou bien la prière qui a un temps particulier comme la prière de aD-DouHâ ;

– de faire l’intention d’accomplir une obligation dans le cas où il s’agit d’une prière obligatoire, c’est-à-dire que l’on fait l’intention avec le cœur d’accomplir la prière de aDH-DHouhr qui est obligatoire par exemple. Ainsi, si on fait simplement l’intention d’accomplir la prière de aDH-DHouhr, sans avoir présent dans le cœur son caractère obligatoire, la prière n’est pas valable chez certains châfi`iyy. D’autres ont dit que la prière est valable sans elle. Il est un devoir d’avoir tout cela présent dans le cœur lors du takbîr.

– La simultanéité de l’intention avec le takbîr n’est pas obligatoire chez l’Imam Mâlik, que Allâh l’agrée. Par conséquent, si on fait l’intention pour cette prière peu avant le takbîr, la prière est valable selon lui, c’est-à-dire que si on fait l’intention avec son cœur, puis que l’on prononce la formule du takbîr de l’entrée en rituel, la prière est valable.

2- La formule du takbîr de l’entrée en rituel : c’est dire de façon à pouvoir s’entendre soi-même obligatoirement pour l’ensemble de ses lettres : (Allâhou ‘akbar). Donc le takbîr n’est pas valable s’il ne s’entend pas dire toutes ses lettres. De même pour les autres piliers oraux, il est une condition de les prononcer de manière à pouvoir s’entendre soi-même.

Les piliers oraux sont au nombre de cinq :

a) la formule du takbîr de l’entrée en rituel -dire (Allâhou ‘akbar)- lors de l’ouverture de la prière.

b) la récitation de la FâtiHah

c) le dernier tachahhoud.

d) l’invocation en faveur du Prophète, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, lors de la dernière position assise.

e) le salâm qui est le dernier pilier de la prière et consiste à dire (as-salâmou `alaykoum).

Remarques relatives à la formulation du takbîr de l’entrée en rituel qu’il convient de connaître :

1) il est une condition de ne pas prolonger la syllabe (bâ’) du mot (‘akbar) de manière à ce que le terme devienne (‘akbaar). Ceci annule la prière, c’est-à-dire que la prière n’est pas engagée par ce mot-là. Ceci est par ailleurs interdit car (‘akbaar) dans la langue arabe est le pluriel du mot (kabar) qui signifie « grand tambour ». Si celui qui l’a dit ignorait la signification de ce mot, la prière n’est pas valable. S’il en connaissait la signification et l’a dit délibérément, il est devenu mécréant, que Allâh nous en préserve. Alors, que l’on y prenne garde lors de l’appel à la prière (al-‘adhân) également. Certains châfi`iyy et mâlikiyy ont mentionné dans un texte que c’est de la mécréance dans le cas où il y a connaissance de la signification et prononciation délibéré.

2) il est une condition de ne pas prolonger la première lettre (a) du mot (Allâh). Par conséquent, si quelqu’un dit : (‘Allâhou ‘akbar), sa prière n’est pas engagée et c’est interdit car cela signifie l’interrogation. C’est comme s’il avait dit : « est-ce que Allâh sait plus que tout autre ou pas ou est-ce que Allâh est plus puissant que tout autre ou pas ?  »

3) il est une condition de ne pas ajouter de (wa) avant le mot (Allâh). De sorte que si l’on dit : (wa lLâhou ‘akbar), la prière n’est pas valable. De même, si on ajoute un (wa) entre le mot (Allâh) et le mot (‘akbar), en disant (Allâhou wa ‘akbar), la prière n’est pas valable non plus. De même, si on change le (‘a) de (‘akbar) par un (wa), la prière n’est pas valable, comme en disant : (Allâhou wakbar).

Information Utile : si le ma’môum -celui qui prie dirigé- a été sujet aux mauvaises suggestions venant à son esprit à propos de la formulation du takbîr de l’entrée en rituel au point qu’il cause une gêne pour les autres ma’môum, c’est interdit. Il en est de même pour celui qui s’assoit pour parler près de quelqu’un qui accomplit la prière. De même, il lui est interdit de réciter à haute voix de sorte qu’il perturbe celui qui accomplit la prière à ses côtés.

3- La position debout dans les prières obligatoires, pour celui qui le peut: c’est-à-dire que le fait de prier debout, dans la prière obligatoire, fait partie des piliers de la prière, même si c’est une prière que l’on fait à la suite d’un vœu (nadhr) ou si c’est une prière funéraire. Il est donc une condition pour sa validité, aussi bien pour le jeune enfant que pour l’adulte, de la faire debout. Il en est de même pour la prière répétée et c’est celle qui est répétée après avoir été accomplie correctement, suite à une deuxième assemblée. D’autre part, la condition de la position debout est réalisée en prenant appui sur ses deux pieds et en tenant sa colonne vertébrale verticale. Il n’est pas un devoir de tenir le cou vertical ; il est plutôt recommandé de pencher légèrement la tête en avant. Celui qui ne peut se tenir debout qu’à l’aide d’une canne doit en utiliser une.

Prier quand on est malade (la prière du malade)

Si l’on est incapable de se tenir debout par soi-même ou en se faisant aider, c’est-à-dire que cela entraîne une grande difficulté, insupportable habituellement, la prière est valable assis. Si l’on est incapable de se tenir assis, il est un devoir d’accomplir la prière obligatoire allongé sur le côté, le droit ou le gauche. Toutefois, il est préférable de se mettre prioritairement sur le côté droit. Mais, si l’on en est incapable, on se met sur le côté gauche. Si l’on n’a pas pu faire la prière sur un côté, il est un devoir de la faire couché sur le dos et de relever la tête de façon obligatoire, même un peu, pour orienter sa tête vers la qiblah. Si l’on est incapable de faire tout cela, par exemple si l’on ne peut que se tenir couché face au sol, on fait la prière dans cette position et on lève la tête si on le peut. Sinon, on fait la prière avec ses paupières, c’est-à-dire qu’on bouge ses paupières avec l’intention de faire l’inclination, puis on les bouge avec l’intention de faire la prosternation en les abaissant de façon plus marquée pour la prosternation. Si l’on est incapable de tout cela, on fait les piliers gestuels par le cœur. Quant aux piliers oraux, on les récite avec la langue. Si sa langue est immobilisée aussi, on les fait avec le cœur.

Celui qui accomplit la prière assis fait son inclination de manière à ce que sa tête soit au niveau de l’espace qui est au dessus de ses genoux. La meilleure façon est de l’avancer au niveau de l’endroit de sa prosternation.

 

Il est recommandé, après l’entrée en rituel (taHarroum), c’est-à-dire après la formulation du takbîr de l’entrée en rituel, de mettre les mains sous la poitrine et au dessus du nombril.

4- La récitation de la FâtiHah : selon sa parole, salla l-Lâhou `alayhi wa sallam :

«لا صلاة لمن لم يقرأ بفاتحة الكتاب »

(lâ Salâta liman lam yaqra bi fâtiHati l-kitâb)

ce qui signifie : « Il n’y a pas de prière pour celui qui n’a pas récité la FâtiHah [correctement] ».

Elle est de sept ‘ayah -sept versets- et la basmalah {بِسمِ الله الرَّحمن الرَّحيم} (bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm) en fait partie. La récitation de la FâtiHah n’est donc pas valable sans la basmalah. Il est aussi un devoir de réciter ses quatorze lettres doublées. Si l’on délaisse ne serait-ce que l’une d’elles, la récitation de la FâtiHah n’est pas valable, comme si l’on dit : (‘iyyâka) [sôurat Al-FâtiHah ‘âyah 5] sans doubler le (yâ’). Il est un devoir de réciter les ‘ayah sans interruption. Si on délaisse cette condition, en faisant par exemple un long silence pendant la récitation, il est un devoir de revenir au début de la récitation de la FâtiHah. L’interruption n’est pas préjudiciable si l’on est gagné par l’éternuement, la toux, le baillement ou ce qui est semblable, même si cela se prolonge. De même, il n’est pas nuisible que le ma’môum dise (‘amîn) après la récitation de son imam; la récitation de la FâtiHah n’est pas interrompue par cette parole. Il est aussi un devoir d’articuler les lettres sur leurs points de prononciation. Celui qui délaisse cette condition par manquement, comme s’il change le (dhâl) en (zay) ou le (Sâd) en (sîn) ou le (tâ’) en (ta’), sa récitation n’est pas valable. Voir aussi : Les Points de Prononciation des Lettres Arabes et les Règles de Tajwid

Télécharger : sôurat al-FâtiHah mp3

سورة الفاتحة
بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ {1} الْحَمْدُ للّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ {2} الرَّحْمـنِ الرَّحِيمِ {3} مَـلِكِ يَوْمِ الدِّينِ {4} إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ {5} اهدِنَــــا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ {6} صِرَاطَ الَّذِينَ أَنعَمتَ عَلَيهِمْ غَيرِ المَغضُوبِ عَلَيهِمْ وَلاَ الضَّالِّينَ {7}

Bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm (1) Al-Hamdou li l-Lâhi Rabbi l-`âlamîn (2) Ar-RaHmâni r-RaHîm (3) Mâliki yawmi d-Dîn (4) ‘iyyâka na`boudou wa ‘iyyâka nasta`în (5) ‘Ihdina S-SirâTa l-moustaqîm (6) SirâTa l-ladhîna ‘an`amta `alayhim ghayri l-maghDôubi `alayhim wa la D-Dâllîn (7)

Il n’est pas une condition de connaitre la signification de la Fâtihah pour la validité de la prière, mais il est une condition de bien la réciter, même en lisant pendant la prière. Voir l’explication (cliquer sur le lien) : Interprétation du Qour’ân Exégèse Sôurat al-FâtiHah

5- L’inclination (ar-roukôu`) : elle a lieu en se courbant jusqu’à ce que les paumes des mains puissent atteindre les genoux. Les paumes constituent le plat des mains, doigts non compris. Il est une condition que l’inclination soit réalisée sans beaucoup fléchir les genoux. La meilleure manière de réaliser la position de l’inclination, c’est de se tenir le dos et le cou tendus, comme une planche, en tendant les jambes et les cuisses et en prenant les genoux avec les deux paumes, en écartant les genoux d’un empan et en écartant moyennement les doigts. Ceci concerne l’homme. Quant à la femme, il lui est recommandé de rapprocher les pieds. De plus, pour que la manière d’accomplir l’inclination soit complète, on dit : (soubHâna Rabbiya l-`ADHîm) ce qui signifie : « Il est exempt d’imperfection mon Seigneur, Lui Qui est plus puissant et sait plus que tout autre » trois fois.

6- La quiétude (aT-Touma’nînah) dans ce pilier le temps de pouvoir dire (soubHâna l-Lâh) : il s’agit de l’immobilisation simultanée de tous les os à leurs places en une seule fois, c’est-à-dire immobiliser les membres simultanément.

7- Le redressement (al-i`tidâl) qui consiste à se relever en position droite après l’inclination : c’est le retour de celui qui était en inclination à la position antérieure à l’inclination, qu’il prie debout ou autrement. Ceci est réalisé en se relevant en position debout si l’on faisait la prière debout et en se remettant assis si l’on faisait la prière assis.

8- La quiétude dans ce pilier.

9- La prosternation (as-soujoud) par deux fois : en posant le front sur l’emplacement de sa prière, en posant aussi une partie des genoux, une partie du plat des mains et du plat des orteils et ceci conformément à sa parole, salla l-Lâhou `alayhi wa sallam :

« أُمرتُ أن أَسجُدَ عَلَى سَبْعَةِ أعظُم : الجَبْهَة و اليَدَيْنِ و الرُّكبَتَيْن و القَدَمَينِ »

(‘oumirtou an asjouda `alâ sab`ati ‘a`dhoum al-jabhatou wa l-yadayni wa r-roukbatayni wa ‘aTrâfi l-qadamayni)

ce qui signifie : « J’ai reçu l’ordre de me prosterner sur sept parties : le front, les deux mains, les deux genoux et les extrémités des pieds ».

Parmi ses conditions :

a) appuyer le front de sorte qu’une cotonnade serait tassée si l’on se prosternait dessus et que les traces du tassement apparaîtraient sur la main.

b) abaisser la tête de sorte que la partie inférieure du corps soit plus élevée que la partie supérieure.

10- La quiétude dans la prosternation

11- La position assise entre les deux prosternations

12- La quiétude dans la position assise entre les deux prosternations.

13- La dernière position assise : pour le dernier tachahhoud et ce qui vient après le tachahhoud c’est-à-dire l’invocation en faveur du Prophète, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, (aS-Salâtou `ala n-Nabiyy) puis le salâm -le salut rituel.

14- Le dernier tachahhoud : et il y a un minimum et une forme complète. Le minimum du tachahhoud, sans lequel la prière n’est pas valable est le suivant :

« التَّحِيَّاتُ لله سَلاَمٌ عَلَيْكَ أَيُّها النَّبِيُّ و رَحْمَةُ الله و بَرَكاتُهُ سَلاَمٌ عَلَيْنَا وَ عَلَى عِبَادِ الله الصَّالِحِينَ أَشهَدُ أَن لاَ إِلَهَ إِلاَّ الله وَ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ الله »

(at-taHiyyatou lil-Lâh, salâmoun `alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa raHmatou l-Lâhi wa barakâtouh, salâmoun `alaynâ wa `alâ `ibâdi l-Lâhi S-SâliHîn, ‘ach-hadou ‘an lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâh wa ‘anna MouHammadan-raçôulou l-Lâh)

Quand au tachahhoud complet, c’est :

« التَّحِيَّاتُ المُبارَكَاتُ الصَّلَوَاتُ الطَّيِّباتُ لله السَّلاَمُ عَلَيْكَ أَيُّها النَّبِيُّ و رَحْمَةُ الله و بَرَكاتُهُ السَّلاَمُ عَلَيْنَا وَ عَلَى عِبَادِ الله الصَّالِحِينَ أَشهَدُ أَن لاَ إِلَهَ إِلاَّ الله وَ أَشْهَدُ وَ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ الله »

(at-taHiyyatou l-moubarakâtou S-Salawâtou T-Tayyibatou lil-Lâh, as-salâmou `alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa raHmatou l-Lâhi wa barakâtouh, as-salâmou `alaynâ wa `alâ `ibâdi l-Lâhi S-SâliHîn, ‘ach-hadou ‘an lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâh wa ‘ach-hadou ‘anna MouHammadan-raçôulou l-Lâh)

ce qui signifie : « les salutations, les œuvres qui prospèrent dans le bien, les prières et les œuvres méritoires appartiennent à Allâh, que le salut de tout mal te soit accordé, ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Allâh et Ses bénédictions, que le salut nous soit accordé, ainsi qu’aux esclaves de Allâh vertueux, je témoigne qu’il n’est de dieu que Allâh et je témoigne que MouHammad est le messager de Allâh ». (Voir une autre version en bas).

Avertissement : Il s’est propagé chez certaines personnes que lorsque le Prophète, salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, est arrivé au cours de son ascension à l’endroit où il a entendu la parole de Allâh tabâraka wa ta`alâ, il aurait dit : (at-taHiyyatou lil-Lâh) et Allâh aurait dit : (as-salâmou `alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa raHmatou l-Lâh). Cela n’est pas vrai car cette forme du tachahhoud n’a pas été rendue obligatoire cette nuit-là. Toutefois, certains menteurs rapportent cette histoire qui a connu une grande propagation, bien qu’elle soit attribuée mensongèrement à Allâh. Il est donc un devoir de l’expliquer aux gens.

15- L’invocation en faveur du Prophète, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam (aS-Salâtou `ala n-Nabiyy) dont le minimum est :

«الَّهُمَ صَلِّ عَلَى مُحَمَّد»

(Allâhouma Salli `alâ MouHammad)

ce qui signifie : « Ô Allâh, honore et élève davantage en degré MouHammad ». La façon la plus complète est de réciter toute l’invocation ‘Ibrâhîmiyyah.

16- Le salâm dont le minimum est de dire :

« السَّلاَمُ عَلَيْكُم »

(as-salâmou `alaykoum)

Parmi ses conditions, on prononce l’article défini (as-), ainsi, il ne suffit pas de dire (salâmou `alaykoum).

Quant au salâm complet, il est réalisé en ajoutant wa raHmatou l-Lâh. D’autres ont choisi d’ajouter wa barakâtouh. Cela a été rapporter dans les Sounan de Abôu Dâwôud dans le premier salâm.

17- L’ordre : c’est-à-dire effectuer les piliers dans l’ordre, comme ils viennent d’être cités. Si on fait exprès d’abandonner l’ordre, comme par exemple si on se prosterne avant de faire l’inclination, la prière est annulée selon l’Unanimité en raison de son manque de sérieux. Cela concerne celui qui abandonne l’ordre délibérément. Si on le fait par inattention, alors qu’on revienne au pilier omis pour l’accomplir, sauf si on se trouve dans le pilier correspondant de la rak`ah suivante ou plus avancé encore, la rak`ah du pilier omis est complétée par ce pilier et on ne prend pas en compte ce qui a été fait par inattention après le pilier omis jusqu’au pilier correspondant de la rak`ah suivante. Si quelqu’un a abandonné l’ordre par inattention puis s’est rappelé de ce qu’il a omis:

1- soit il s’en rappelle avant d’avoir atteint le pilier correspondant de la rak`ah suivante ;

2- soit il s’en rappelle alors qu’il a atteint le pilier correspondant de la rak`ah suivante ;

3- soit il s’en rappelle alors qu’il a dépassé le pilier correspondant de la rak`ah suivante.

Le détail à propos de ces jugements est le suivant :

1- Si on s’en rappelle avant d’avoir atteint le pilier correspondant au pilier omis, ce qu’on aura fait après le pilier omis ne sera pas pris en compte parce que cela n’a pas été fait à sa place. De sorte qu’on doit revenir immédiatement au pilier omis pour conserver l’ordre. Par exemple dans le cas où on était dans la première rak`ah, on a oublié l’inclination et on s’est prosterné directement après avoir fini la récitation de la FâtiHah, puis on s’est rappelé dans la prosternation qu’on a délaissé l’inclination, on se relève alors immédiatement et obligatoirement en position debout. Il n’est pas suffisant de se relever en position d’inclination. Puis, on accomplit l’inclination et on poursuit la prière.

2- Si on s’en rappelle alors qu’on a déjà atteint le pilier correspondant au pilier omis dans la rak`ah suivante, ce qu’on est en train de faire complète la rak`ah et on ne prend pas en compte ce qui a été fait entre le pilier omis et ce qu’on est en train de faire. Par exemple, dans le cas où on a oublié l’inclination de la première rak`ah, puis on s’en est rappelé dans l’inclination de la deuxième rak`ah, on reste dans cette inclination considérant que c’est la première rak`ah et on poursuit la prière.

3- Si on s’en rappelle alors qu’on a dépassé le pilier correspondant au pilier omis, la rak`ah a été complétée par ce qu’on vient de faire et on ne prend pas en compte ce qui a été fait entre les deux. Par exemple, dans le cas où on a oublié l’inclination de la première rak`ah, puis on s’est rappelé dans la prosternation de la troisième qu’on avait oublié l’inclination de la première rak`ah, on reste dans cette prosternation et on poursuit la prière, en considérant que cette rak`ah est la deuxième, car ce qui a été fait après le pilier omis jusqu’au pilier correspondant suivant n’est pas pris en compte. Par conséquent, ce qui a été fait entre l’inclination omise de la première rak`ah et l’inclination de la deuxième n’est pas pris en compte.

Ce jugement concerne celui qui n’est pas ma’môum ; le ma’môum accomplit une rak`ah après le salâm de son imâm.

Remarque importante : le fait de douter dans cette question est considéré comme le fait de se rappeler. De sorte que si on s’incline puis on doute d’avoir récité la FâtiHah ou pas, ou bien si on se prosterne puis on doute de s’être incliné et remis debout ou pas, on doit immédiatement se relever en position debout et il n’est pas suffisant de se relever en position d’inclination. Quant à celui qui est encore debout et doute d’avoir récité la FâtiHah ou non dans cette même rak`ah, il ne lui est pas un devoir de la réciter immédiatement car il n’a pas encore quitté la position propre à cette récitation.

Remarque sur l’explication des termes de la prière :

(Allâhou ‘akbar) : signifie Allâh est plus puissant et sait plus que tout autre et non pas qu’Il est plus grand par les dimensions car Allâh est exempt des dimensions. Il est valable de l’expliquer par l’expression (kabîr) car la parole (Allâhou ‘akbar) est synonyme de (Allâhou kabîr).

(soubHâna l-Lâh) : signifie que Allâh est exempt de toute imperfection et de tout défaut, tels que l’incapacité, la faiblesse, l’ignorance, la peur, le changement, la position assise, l’établissement et ce qui est de cet ordre des caractéristiques des humains.

(soubHâna Rabbiya l-â`lâ) : cela signifie : j’exempte de tout imperfection mon Seigneur Qui est plus élevé en degré que tous ceux qui ont un degré, d’une élévation en degré et non pas d’une élévation par la localisation, l’endroit et la distance.

Les conditions pour être récompensé dans la prière

Pour l’acceptation de la prière par Allâh SoubHânahou wa ta`âlâ, c’est à dire pour avoir des récompenses, il est une condition, en plus de ce qui précède : que l’esclave de Allâh vise par sa prière l’agrément de Allâh Lui seul ; que sa nourriture, ses vêtements et son lieu de prière soient licites ; et qu’il ait dans le cœur le khouchôu` (c’est avoir présent dans le cœur la crainte de Allâh ou bien l’amour et la glorification de Allâh) ne serait-ce qu’un instant dans la prière. Si cela n’est pas réalisé, la prière reste valable mais sans récompense.

Remarque : Il est valable aussi dans le tachahhoud de réciter l’autre version rapporté du compagnon `Oumar ibnou l-KhaTTâb :

Livre Al-MouTTâ’ de l’imâm Mâlik p 81 chapitre du tachahhoud. Il a dit : YaHyâ m’a transmis d’après Mâlik, d’après ibnou Chihâb d’après `ourwah ibn az-Zoubayr d’après `Abdou r-RaHmân ibn `Abdi l-Qâriyy qu’il a entendu `Oumar ibnou l-khaTTâb alors qu’il était sur le minbar (chair), il enseignait aux gens at-tachahhoud, il disait : dites :

التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ الزَّاكِيَاتُ لِلَّهِ الطَّيِّبَاتُ الصَّلَوَاتُ لِلَّهِ السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ

at-taHiyyâtou li l-Lâh az-zâkiyâtou li l-Lâh aT-Tayyibâtou S-Salwâtou li l-Lâh

as-salâmou `alayka ‘ayyouha n-nabiyyou wa raHmatou l-Lâhi wa barakâtouh

as-salâmou `alaynâ wa `alâ `ibâdi l-Lâhi S-SâliHîn

‘ach-hadou ‘an lâ ‘ilâha ‘illa l-Lâh wa ‘ach-hadou ‘anna MouHammadan `abdouhou wa raçôulouh

La bonne intention à elle seule ne suffit pas pour la validité des actes d’adoration.

Le Prophète صلى الله عليه وسلّم nous a appris que l’intention à elle seule n’est pas suffisante. Le Hadîth rapporté par At-Tirmîdhiyy ainsi que d’autres en est la preuve :

روى الترمذي وغيره “أن رسول الله صلى الله عليه وسلم دخل المسجد، فدخل رجل فصلى ثم جاء فسلم على النبي صلى الله عليه وسلم، فرد عليه السلام فقال : ارجع فصل فإنك لم تصل، فرجع الرجل فصلى كما كان صلى ثم جاء إلى النبي صلى الله عليه وسلم فسلم عليه، فرد عليه فقال له : ارجع فصل فإنك لم تصل، حتى فعل ذلك ثلاث مرات فقال له الرجل : والذي بعثك بالحق ما أحسن غير هذا، فعلمني ” فعلّمه الرسول صلى الله عليها لصلاة وسلم

Le sens de ce Hadîth est que le Messager est entré dans la mosquée, puis un homme est entré et a effectué la prière. Ensuite cet homme est venu et a passé le salâm au Prophète. Le Prophète a répondu au salâm puis a dit : (‘irji` faSalli fa’innaka lam touSalli) ce qui signifie « Retourne et prie car tu n’as pas prié ». L’homme est retourné et a prié de la même manière que la première fois. Puis il est revenu et a de nouveau passé le salâm au Prophète . Le Prophète a répondu au salâm puis a dit : ( ‘irji` faSalli fa’innaka lam touSalli) ce qui signifie « Retourne et prie car tu n’as pas prié ». Ainsi l’homme est retourné prier. Cette scène s’est reproduite trois fois. L’homme a alors dit : « Par Celui Qui t’a envoyé avec la vérité, je ne connais pas autre que cela, apprends-moi. » Le Messager lui a alors appris comment prier.

De même le Prophète صلى الله عليه وسلّم a dit :

« رُبَّ قائم ليس له من قيامه إلا السهر، ورُبَّ صائم ليس له من صيامه إلا الجوع والعطش »

ce qui signifie « Il se peut que quelqu’un pense faire des prières surérogatoires de nuit et il ne gagne de cela que la veille et il se peut que quelqu’un pense faire le jeûne et il ne gagne de cela que la faim et la soif », rapporté par ibnou Hibbân. C’est à dire que cette personne a fait des actes qui n’étaient pas valables du fait qu’il manque des conditions de validité ou des piliers, ou elle a fait des actes qui ne remplissent pas les conditions pour être récompensés.

On apprend de ces Hadîth qu’il ne suffit pas d’avoir une bonne intention, de vouloir faire le bien, pour qu’un acte d’adoration soit valable. En effet, il faut que l’acte soit conforme à l’enseignement du Prophète. Il est donc primordial d’apprendre les lois de la religion par transmission orales auprès des gens ayant la connaisance et dignes de confiance. Voir : L’importance d’apprendre la science de la religion

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

Les Positions de la Prière en Image

 Positions de la prière en image

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  1. laïd

    as salamou `alaykoum je voudrais savoir si dans la prière l’invocation en faveur du prophète est obligatoire dans toutes les écoles . et que si on ne la pas faite pendant plusieurs années car on ne savait pas que c’était obligatoire si nos prières ne sont pas valable ?? barak allahou fikoum

    1. Sunnite

      Wa `alaykoum ssalâm

      Non ce n’est pas obligatoire selon toutes les écoles. Il y a un avis chez les mâlikiyy que c’est très recommandé
      Oui c’est valable

      Amîn wa fîkoum

  2. Sandra

    Assalamou 3alaykom, je voulais vous demander une question à propos de celui qui vient de se convertir à l’islam récemment et qui n’arrive pas à dire la fatihah correctement et qui la déforme, est ce qu’il peut la dire dans sa prière même s’il la déforme ou il ne la dit pas??Répondez moi vite merci !

    1. Sunnite

      Wa `alykoum ssalâm

      Conformément au Hadîth il doit dire une évocation qu’il maitrise. Il répète l’invocation un nombre de fois pour compenser le nombre des lettres de la FâtiHah comme le fait de dire 17 fois Allâhou ‘Akbar

  3. myaa13

    Salam 3alaykoum c’était pour savoir si dans le 1er tachahhoud il est obligatoire de passer le S-salam, (car je n’est jamais passer le S-salam dans le 1er tachahhoud) et si c’est obligatoire, est-ce que ma prière est annulé ?

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