Règles Importantes Concernant l’Apostasie, la Mécréance et le Blasphème. Ce qui Annule l’Islam

Règles Importantes Concernant l’Apostasie, la Mécréance et le Blasphème. Ce qui Annule l’Islam

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Allâh le Seigneur des mondes, à Lui reviennent la grâce, le mérite et les bons éloges. Que l’honneur de la part de Allâh, ainsi que les invocations des anges des plus hauts degrés soient en faveur de notre maître MouHammad le plus honorable des envoyés, ainsi qu’aux membres de sa famille bons et purs.

Introduction et Conseil important

L’honnêteté dans la science est plus importante que l’honnêteté dans les biens. Il convient à la personne d’être précautionneuse dans ses paroles et il convient d’œuvrer conformément à ce qu’a dit notre maître `Abdou l-Lâh le fils de `Oumar Ibnou l-KhaTTâb : « La science a trois sources : un Livre clair, une tradition instaurée et je ne sais pas ». Un Livre clair signifie le Qour’ân, une tradition instaurée signifie un Hadîth confirmé.

Attachez-vous donc de comprendre la question de manière correcte et de ne pas vous empresser pour émettre un jugement tout comme l’a dit l’Imâm, notre maître `Abdoul-Lâh Ibnou `Abbâs que Allâh les agrée tous les deux : « Faites moi bien comprendre ce que vous dites et comprenez bien de moi ce que je dis ».

Et attachez-vous à une parole, celui qui l’aura appliquée, aura bien profité à autrui, à savoir: « La beauté de la science, c’est l’indulgence ».

Par ailleurs, beaucoup de catastrophes dans les paroles au sujet de la religion proviennent du dépassement de la personne de sa limite. Elle émet alors des jugements et des avis sans science sur des questions annexes au cours de son enseignement. Ces questions ne font pas partie de l’origine du livre qu’elle enseigne. Ceci est un grave danger. Si l’étudiant l’interrogeait, qu’elle ne réponde pas aux questions annexes au sujet desquelles elle n’a pas reçu de transmission. Qu’elle dise plutôt : « Je ne sais pas ». Elle se sera sauvegardée et aura sauvegardé l’étudiant. Que l’enseignant ne pense pas que s’il ne répondait pas à cette question annexe, l’étudiant à qui il enseigne le considérerait faible. Qu’il ne prête pas attention à cela.

De plus, il est important que l’enseignant ait présent à l’esprit au tout début de son enseignement que son objectif est de profiter aux gens concernant leur religion, par recherche de l’agrément de Allâh ta`âlâ. Son objectif n’est pas qu’on dise de lui qu’il est fort dans la science. S’il a présent cette intention dès le début du cours, il lui sera aisé de dire :« Je ne sais pas » au sujet de ce à propos de quoi il n’a pas reçu de transmission.

Enfin, il est important de penser au sujet de celui qui apprend auprès de l’enseignant, de qui est présent dans son assemblée autre que ses étudiants: est-ce que l’expression qu’il cite dans son cours, les présents en comprennent le sens tel qu’il convient ou ils n’en comprennent pas ce que lui-même comprend et vise par cette expression ?

L’Imam `Aliyy, que Allâh l’agrée, a dit: « Parlez aux gens selon leur compréhension. Aimeriez-vous que soit démenti Allâh et Son Messager ?! » Rapporté par Al-Boukhâriyy.

Allâh ta`âlâ dit :

﴿مَا يَلْفِظُ مِن قَوْلٍ إِلاَّ لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ﴾

(mâ yalfiDhou min qawlin ‘il-lâ ladayhi Raqîboun `Atîd)

[sourat Qâf / 18] ce qui signifie: « Pas une parole qu’il prononce sans que soient auprès de lui les anges Raqîb et `Atîd ».

Cette ‘âyah a indiqué que toute parole que la personne prononce est consignée par les deux anges Raqîb et `Atîd, que cette parole soit une parole de bien ou de mal. Même la parole qui est de l’ordre de l’indifférent (moubâH), les deux anges l’inscrivent. On a su à partir de là que l’homme rendra des comptes sur ce qu’il dit. Ainsi, s’il dit du mal, il sera rétribué en conséquence et s’il dit du bien, ce sera en sa faveur.

Pour cela nous disons que celui qui prononce la parole de mécréance, de son propre gré, c’est-à-dire délibérément, qu’il n’était pas fou ni qu’il a prononcé la mécréance en y étant contraint par la mort ou par lapsus de langue, ce qui est provenu de lui l’a fait sortir de l’Islam.

Allâh Ta`âlâ, dit dans le Qour’ân :

﴿ وَلَقَدْ قَالُواْ كَلِمَةَ الْكُفْرِ وَكَفَرُواْ بَعْدَ إِسْلاَمِهِمْ ﴾

(wa laqad qâlôu kalimata l-koufri wa kafarôu ba`da islâmihim)

Ce qui signifie: « Ils ont dit la parole de mécréance, ils sont devenus mécréants après avoir été musulmans » , [ Sôurat At-Tawbah / ‘âyah 74].

Les savants ont ainsi classé la mécréance en trois catégories: une mécréance par la croyance, une mécréance par les actes et une mécréance par la parole.

Ci-après des règles qui permettent de connaître parmi les paroles, les actes et les croyances, ce qui fait sortir de l’Islam :

La Première Règle

Celui qui renie ce qui est connu d’évidence de la religion, c’est-à-dire ce qui est connu d’une connaissance claire dans laquelle s’associent le savant et le commun des musulmans, il devient mécréant même s’il était ignorant, c’est-à-dire qu’il ignorait que cette parole fait sortir de l’Islam.

C’est comme s’il a dit que boire de l’alcool est licite, alors qu’il savait que c’est interdit mais qu’il ignorait que s’il disait que c’est licite il devient mécréant.

Ainsi, celui qui renie ce qui est connu d’évidence de la religion, il devient mécréant sauf s’il ne savait pas que le jugement qu’il a renié fait bien partie de la religion de l’Islam et à condition que ce jugement on ne peut pas y parvenir avec la raison. Ainsi nul n’est excusé en reniant un jugement auquel la raison saine parvient qui est de l’ordre de l’exemption de Allâh du semblable et de la localisation dans la direction et l’endroit et la véracité des Prophètes.

Est excepté également celui qui a fait une mauvaise interprétation et s’est trompé sur une question autre que les sujets catégoriques, comme s’il a eu l’illusion que la ‘âyah ou le Hadîth auraient un autre sens que le sens visé. Quant à celui qui s’est trompé dans les sujets catégoriques il n’est pas excusé. Ainsi si une personne se trompe et attribue à Dieu l’incapacité ou la localisation ou une quelconque ressemblance aux créatures, elle est mécréante, elle n’est pas excusée ; car on parvient par la raison saine à savoir que Dieu est tout puissant et ne ressemble pas aux créatures et qu’Il est exempté de l’endroit, de l’espace et du temps.

Pour plus de détail, nous disons : les fondements de la croyance sont de deux sortes :

1 – une sorte telle que celui qui en doute ou qui la renie devient mécréant.

2 – une sorte telle que celui qui en doute ou qui la renie par ignorance ne devient pas mécréant.

La première : c’est ce qui est connu d’évidence de la religion, comme ce qui est de l’ordre du supplice de la tombe pour le mécréant.

La deuxième : ce sur quoi il y a Unanimité mais n’est pas connu d’une manière telle que s’associent à la connaître le savant et le commun des musulmans.

Certains des jugements concernant le caractère illicite (Harâm), licite (Halâl), obligatoire (wâjib) ou méritoire (machrôu`) fait l’objet de divergence. Celui qui, faisant partie des gens du commun, prend l’avis de n’importe quel savant moujtahid digne de considération, il ne devient pas mécréant.

Ce qui fait l’objet de l’unanimité parmi les jugements est de deux sortes :

La première : ce qui est connu de manière claire d’une connaissance dans laquelle s’associent le savant et le commun des musulmans, que ce soit pour considérer interdit, licite, obligatoire, méritoire ou permis. Celui qui renie cela, même en étant ignorant, est sorti de l’Islam, sauf s’il n’a pas beaucoup ni peu entendu ce jugement de la part des musulmans et qu’il n’a pas eu pour croyance que cela fait partie de leur religion, c’est-à-dire la religion des musulmans. C’est le jugement de celui qui est récemment entré en Islam ou de celui qui lui est semblable. Donc, s’il a entendu de peu ou de beaucoup que cela fait partie de la religion des musulmans du moment qu’il a eu pour croyance que cela fait partie de la religion de l’Islam, le jugement est le même [s’il le renie, même ignorant (les règles d’apostasie), il sort de l’Islam].

Ce qui est visé par notre parole « ignorant », c’est ignorant qu’il devient mécréant en reniant, c’est à dire qu’il ignore que cela fait sortir de l’islam de renier ce jugement de la religion ; s’il renie il devient mécréant.

La deuxième : ce qui fait l’objet de l’unanimité mais qui n’est pas connu de manière claire d’une connaissance dans laquelle s’associent le savant et le commun. Celui qui le renie ou qui en doute par ignorance ne devient pas mécréant, que ce soit pour considérer interdit, licite, obligatoire ou méritoire. C’est le cas par exemple de l’interdiction de serrer la main à la femme ‘ajnabiyyah sans désir ou qu’un homme se retrouve seul en présence d’une femme alors qu’elle n’est pas maHram pour lui.

Ce qui est visé ici par « par ignorance », c’est ignorant son jugement dans la Loi, comme s’il croyait interdit ce qui est licite ou l’inverse et ce qui est de cet ordre.

La règle est que celui qui contredit ce sur quoi les musulmans ont été unanimes et qui est devenu connu d’évidence de la religion, c’est-à-dire qui est devenu réputé et qui s’est diffusé auprès des particuliers tout comme les gens du commun, pour ce qui est de son caractère illicite, obligatoire, méritoire ou pas, confirmé ou rejeté, il est alors apostat.

La Deuxième Règle

Toute parole, tout acte ou toute croyance qui signifie une moquerie ou un dédain à l’égard de Allâh, de Ses Livres, de Ses messagers, de Ses anges, des rites de la religion agréée par Allâh, des signes de la religion agréée par Allâh, de Ses ‘âyah, de Ses lois, de Sa promesse ou de Sa menace est une mécréance.

Pour détailler davantage cette règle, nous disons : les savants ont classé les termes qui rendent mécréant en non explicite ou équivoque (Dhâhir) et en explicite ou clair (SarîH). Le terme équivoque est celui qui a du point de vue de la langue deux sens ou plus mais qui est plus proche du sens de mécréance. Quant au terme clair, c’est celui qui n’a du point de vue de la langue qu’un seul sens qui est de la mécréance.

Ils ont dit : celui qui prononce une parole équivoque, c’est-à-dire qui a deux sens ou plus, dont l’un vient immédiatement à l’esprit et qui est de la mécréance alors que l’autre sens ne vient pas immédiatement à l’esprit, dans ce cas on ne le déclare pas mécréant avant de connaître ce qu’il visait.

Quant à celui qui dit une parole claire et explicite dans la mécréance, il est déclaré mécréant, il n’est pas interrogé sur ce qu’il vise et il ne lui sera accepté aucune autre interprétation sauf s’il ne connaissait pas ce sens clair mais pensait que le sens de cette parole était tout autre. Cette expression pour lui n’aura pas alors le jugement du clair.

Un exemple de cela est la parole de certaines personnes (mâ fi l-woujôudi ‘il-la l-Lâh) – il n’y a dans l’existence que Allâh -, (lâ mawjôuda ‘il-la l-Lâh) –il n’y a d’existant que Allâh- ou (houwa l-koull) – Il est le tout -. Ces expressions sont de la mécréance claire de par leur signification dans la langue car leur signification est que le monde est Allâh. Seulement, il y a parmi les gens qui n’en comprennent pas ce sens. Ils croient plutôt que leur signification est que Allâh est Celui Qui domine toute chose.

Quant à ceux qui ont utilisé ces expressions pour la première fois et qui en comprennent ce sens qui est de considérer un, Allâh et le monde – c’est-à-dire qu’ils considèrent que Allâh et le monde sont une même chose –, eux deviennent mécréants.

Ceux-là étaient les athées des prétendus soufis, qui se réclamaient de l’Islam. Ces expressions sont par la suite parvenues aux oreilles de certains du commun sans qu’ils en connaissent le sens. Ces expressions sont parvenues aux athées des prétendus soufis à partir de certains philosophes grecs. Ensuite, depuis environ un siècle, des gens qui se réclament de la châdhiliyyah yachrôuTiyyah ont utilisé ces expressions, en croyant en leur signification qui est de la mécréance. C’est leur sens d’origine. Ceux-là tantôt disent que Allâh est présent en toute personne et tantôt ils disent que Allâh s’est uni avec les personnes.

Il en est de même si quelqu’un à cause de son ignorance du sens selon la langue a cru que l’expression pouvait avoir deux sens, l’un d’eux étant de la mécréance et l’autre ne comportant pas de mécréance et qu’il l’avait dite en visant le sens qui n’est pas de la mécréance. Dans ce cas, il ne devient pas mécréant.

Contrairement à celui qui a su que l’expression est claire du point de vue de la langue et qu’il a inventé de lui-même un autre sens qu’il a visé et, qu’il n’a pas cru au premier sens du terme. Il l’a seulement dit délibérément en comprenant le sens d’origine du terme, dans ce cas il devient mécréant. C’est comme par exemple la parole de certains imprudents qui disent : (‘oukhta Rabbika) – la sœur de ton Dieu – ou la parole de certains à d’autres (Ya bna l-Lâh) – Ô toi fils de Dieu –. Ceux-là deviennent mécréants bien qu’ils n’aient pas visé le sens d’origine.

Il y a une partie d’entre eux qui disent (Ya bna l-La) sans (h) du nom de ALLâh. Ils comprennent de ce terme le nom Allâh. D’autres prononcent avec le (h) car pour eux « Allâh » avec (h) et « Alla » sans (h) c’est la même chose.

Nous disons au sujet de celui qui prononce la parole claire que nous considérons son cas : s’il comprend le sens ou s’il l’ignore et qu’il a cru que cette expression a un autre sens. S’il l’ignorait donc, nous ne le déclarons pas mécréant dans ce dernier cas mais nous lui enseignons le sens de l’expression et nous lui interdisons de la répéter.

A partir de là il est su qu’il ne convient pas de s’empresser pour la déclaration de mécréance de quelqu’un qui a prononcé une expression équivoque, avant d’avoir pris connaissance de ce qu’il visait.

Il ne convient pas non plus de s’empresser pour déclarer mécréant celui qui dit une parole claire et surtout dans cette époque sauf après avoir su qu’il comprend le sens de cette parole et qu’il sait qu’elle est claire.

A ce sujet des savants Hanafiyy et d’autres ont dit que si la parole a soixante-dix sens qui sont de la mécréance et un seul qui n’est pas de la mécréance, celui qui l’a dite n’est pas mécréant sauf s’il est su qu’il avait visé l’un des sens qui est de la mécréance.

Des paroles proches de celles-ci sont attribuées à certains imams moujtahid Abôu Hanîfah ou Mâlik. Cela n’a pas été validé comme ayant été dit par eux. Mais le sens est correct même si aucun des deux imams ne l’a dit.

L’expression retenue chez les plus récents des savants de jurisprudence, pour la confirmation du jugement de l’apostasie, c’est leur parole : si l’expression a des possibilités qui impliquent la mécréance, et une seule possibilité qui n’implique pas la mécréance, le Mufti ne le déclare mécréant que s’il visait le sens de mécréance.

Ce qu’ils visent par « des possibilités » ce sont les significations. En effet, une seule expression peut avoir plus de dix significations comme le mot yad. Ainsi, celui qui attribue al-yad à Allâh et s’il en a visé l’organe (et donc la main) qui est celui de l’homme et autre que l’homme, il est déclaré mécréant car il aura assimilé Allâh à Ses créatures. Quant à celui qui attribue al-yad (en arabe) à Allâh et qui en a visé la puissance (al-qoudrah) ou la grâce (an-ni`mah) ou ce qui est de cet ordre parmi les sens qui ne comportent pas d’assimilation de Allâh avec Ses créatures, alors il n’est pas déclaré mécréant.

C’est conformément à ce détail qu’est jugé celui qui explique al-yad attribué à Allâh dans le Qour’ân ou al-istiwâ’ `ala l-`arch dans le sens perceptible qui fait partie des caractéristiques des créatures. Il en est de même pour celui qui explique al-majî’ rapporté dans le Qour’ân dans Sa parole ta`âlâ : ( وَجَاءَ رَبُّكَ وَالْمَلَكُ ) (wa jâ’a Rabbouka wa l-malakou) par le majî’ de l’homme ou des anges, c’est-à-dire par le déplacement et le mouvement d’un endroit à un autre. Il devient mécréant.

Par contre, celui qui prononce la parole claire de mécréance, mais qui a oublié le sens qu’il connaissait auparavant, c’est-à-dire que lorsqu’il a parlé il comprenait de cette parole un sens qui ne comporte pas de mécréance, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

Ainsi, par exemple les Arabes emploient le terme nabiyy pour désigner la terre surélevée et bosselée, donc si nous entendons quelqu’un dire (aS-Salâtou `ala n-nabiyy makrouhah), il ne convient pas de s’empresser pour le déclarer mécréant. On l’interroge plutôt sur ce qu’il visait. S’il s’avère que ce qu’il visait c’était que la prière sur la terre bosselée est déconseillée car dans cette prière il n’y a pas de khouchôu` ou de crainte, sa parole est vraie. Mais s’il s’avère que ce qu’il vise c’est que l’invocation en faveur du Prophète MouHammad serait déconseillée, alors il devient mécréant. Dans Al-Qamôus (un grand livre de langue) et dans d’autres livres, figure le fait que le mot an-nabiyy a ces deux sens.

D’autre part, il nous apparaît un autre point : le Mufti n’a pas à émettre d’avis sur ces questions sans connaître la langue des gens du pays et les expressions qu’ils utilisent. Les spécialistes de jurisprudence ont dit : le Mufti n’a pas à émettre d’avis concernant les termes avant de connaître la terminologie des gens du pays.

La Troisième Règle

Celui qui a dit, cru ou fait ce qui est clair dans la mécréance, son témoignage avec le doute sur le jugement ne lui est pas profitable. Il lui est plutôt indispensable d’être catégorique à reconnaître qu’il est tombé dans la mécréance et de dire ensuite les témoignages avec l’intention de se décharger de cette mécréance.

Il ne lui est pas profitable de faire les témoignages tant qu’il n’a pas abandonné la mécréance, comme s’il a dit les témoignages par habitude. C’est ce qui se produit de la part de nombreuses personnes qui prononcent des paroles de mécréance sans les abandonner par la suite, c’est-à-dire sans prendre connaissance que ce sont des paroles de mécréance pour s’en décharger dans leurs cœurs. Ils font les témoignages comme cela est de leur habitude lors du tachahhoud en des temps et des occasions comme l’appel à la prière. Cela ne leur est d’aucune utilité.

Remarque importante : Celui qui a commis la mécréance puis a dit astaghfirou l-Lâh (je demande le pardon de ALLâh) avant de revenir à l’Islam avec les deux témoignages, cela ne lui est utile en rien. Plus encore, il augmente en mécréance car il demande à être pardonné alors qu’il est sur la mécréance. Or Allâh ne pardonne pas la mécréance du mécréant ni ses péchés, tant qu’il est sur sa mécréance.

Autre remarque : Celui qui est tombé dans une mécréance, puis, lorsqu’il a appris le jugement que c’est de la mécréance, il ne s’est pas rappelé qu’il est tombé dedans. Il a prononcé les deux témoignages à son habitude [sans que cela soit dans une adoration et sans viser par cela les récompenses], sans avoir présent à l’esprit ce qui est provenu de lui avant d’avoir appris le jugement. Ensuite, après un certain temps, il s’est rappelé qu’il est tombé dans cette mécréance et il n’avait pas dit les témoignages pour se débarrasser de la mécréance parce qu’il ne se rappelait pas alors qu’il y est tombé, alors son témoignage qu’il a dit par habitude lui est utile et il ne redit pas les témoignages car il a abandonné la mécréance et qu’il ne s’entête pas.

Remarque importante : Si quelqu’un a abandonné la mécréance et a dit les témoignages, ce n’est pas une condition qu’il fasse l’intention d’entrer en Islam. La condition est plutôt de délaisser la mécréance. Lui, du moment qu’il a su que ce qui s’est produit de sa part est une mécréance puis a dit les témoignages, ces témoignages constituent l’intention d’entrer en Islam. Mais avoir présent à l’esprit une expression particulière comme de dire : je dis les témoignages avec l’intention d’entrer en Islam, requérir cela n’a pas de sens. Il a su qu’il a commis la mécréance, puis l’a abandonnée, et a voulu s’en débarrasser et a dit les témoignages. C’est cela même qu’est l’intention d’entrer en Islam.

Quant à dire à l’apostat : fais les témoignages dans l’intention d’entrer en Islam, dans le sens qui a été précédemment indiqué, c’est-à-dire afin qu’il sache qu’il est mécréant et pour qu’il abandonne sa mécréance puis qu’il dise les témoignages, dans ce cas-là il n’y a pas de nuisance.

Quant au témoignage connu sous le nom de témoignage par précaution, il est utile dans deux cas :

Premièrement : s’il a dit des paroles équivoques puis a douté lequel des deux sens il a visé lorsqu’il a parlé.

Deuxièmement : s’il a appris le jugement d’une question qu’elle est de la mécréance et a douté si elle est provenue de lui ou pas, il dit alors les témoignages par précaution.

Ici Avertissement : quelqu’un a dit les témoignages pour se débarrasser de toute mécréance au cas où il s’en serait produit de lui. Ensuite, après quelque temps, il a eu la certitude qu’il s’est produit de lui avant son témoignage une question de mécréance. Est-ce qu’il lui faut un deuxième témoignage ou est-ce que le premier est suffisant ?

La Réponse : le jugement diffère selon le cas. Si lorsqu’il avait dit les témoignages dans l’intention de se débarrasser de la mécréance, il connaissait le jugement de cette question dont il s’est rappelé par la suite, son premier témoignage lui suffit. Sinon, il lui faudra dire à nouveau les témoignages pour sortir de la mécréance.

La Quatrième Règle

Ne devient pas mécréant celui qui renie les termes du Hadîth moutawâtir mais il devient mécréant s’il renie sa signification et qu’il s’agissait d’une chose connue d’évidence de la religion. Par contre, celui qui renie une seule lettre sujette à l’unanimité, du Livre de Allâh, celui-là devient mécréant si son reniement était par entêtement. Les Hadîth moutawâtir, selon certains, sont environ cinquante.

La Cinquième Règle

Celui qui décide de commettre la mécréance dans le futur, ou qui hésite à la faire ou qui fait dépendre sa mécréance de l’arrivée d’une chose, comme s’il a dit : si mes biens sont perdus ou si mes enfants meurent, je me fais non musulman ou je change pour une autre religion que l’Islam, il devient mécréant immédiatement.

C’est le cas également de celui qui ordonne à autrui de commettre la mécréance, comme s’il disait à son enfant insulte-lui, c’est-à-dire à une personne, son Dieu. C’est ce que font certaines personnes pour entraîner l’enfant à parler. Ils lui disent insulte lui son Dieu. Si l’enfant prononce l’insulte de Allâh, ils sont contents. Ainsi s’il lui dit (yal`an Rabbak) – que soit maudit ton Dieu –, celui qui aura ordonné à cet enfant de dire ces paroles, il devient mécréant même si l’enfant ne comprend pas le sens. Celui-là est comme s’il avait dit à un homme âgé : insulte le Dieu de celui-ci. Le jugement est le même.

Devient mécréant celui qui a contraint quelqu’un à la mécréance car se satisfaire de la mécréance est de la mécréance. Rentre dans ce cadre l’approbation de la mécréance de la part d’autrui. Par contre, si le mécréant a décidé d’entrer en Islam, et qu’il n’est pas effectivement entré en Islam, cela ne le rend pas croyant, jusqu’à ce qu’il prononce les deux témoignages avec décision ferme et catégoriquement. C’est alors qu’il sera musulman.

La Sixième Règle

Tout acte qui ne provient que d’un mécréant est de la mécréance. Un exemple de cela est le fait de jeter le MouS-Haf dans les ordures ou la prosternation pour une idole. L’idole, c’est ce que les mécréants adorent, qu’elle soit de pierre, de fer, d’or, d’argent métal ou ce qui est de cet ordre. Se prosterner pour une idole est une mécréance, même pour plaisanter. De même celui qui se prosterne pour le soleil ou la lune devient mécréant. Devient également mécréant celui qui se prosterne pour un être humain dans le but de l’adorer.

Parmi les actes qui font sortir de l’Islam, il y a également le fait d’écrire le Qour’ân avec de l’urine et le fait de piétiner des livres de religion tout en sachant que ce sont des livres de religion et en le faisant délibérément.

Il n’est pas permis de jeter une chose sur laquelle il y a le nom de Allâh dans les ordures. Celui qui le fait devient mécréant. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿قُلْ أبِاللَهِ وَءَايَتِهِ وَرَسُولِهِ كُنتُمْ تَسْتَهْزِءُونَ (٦٥) لَا تَعْتَذِرُوا قَدْ كَفَرْتُم بَعْدَ إِيمَنِكُم﴾

( qoul ‘abi l-Lâhi wa ‘âyâtihî wa raçôulihî kountoum tastahzi’ôun ; lâ ta`tadhirôu qad kafartoum ba`da ‘îmânikoum )

ce qui signifie : « Est-ce de Allâh, de Ses ‘âyah ou de Ses Messagers que vous vous moquiez ? Ne vous excusez pas, vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants », [ sôurat At-Tawbah / 65-66 ] et Ibnou `Abidîn a dit :  » Devient mécréant celui qui jette le MouSHaf ( le livre du Qour’ân ) dans les ordures même s’il ne visait pas le rabaissement « . En effet son acte indique un rabaissement.

La Septième Règle

Celui qui souhaite que soit licite une chose qui était interdite dans toutes les Lois, il devient mécréant (s’il savait que cela été interdit dans toute les lois). C’est comme s’il disait (Ah si seulement la fornication était licite). Parmi les choses qui sont interdites dans toutes les Lois, depuis la Loi de ‘Adam et jusqu’à la Loi de MouHammad, il y a la consommation du sang qui coule, du cadavre, de la chair du porc et également la chair de ce sur quoi a été cité autre que le nom de Allâh lors de son égorgement.

La Huitième Règle

Celui qui déclare mécréant un musulman, sans aucune mauvaise interprétation devient mécréant, tout comme cela a été validé du Hadîth de Mouslim : (man qâla li’akhîhi yâ kâfir faqad bâ’a bihâ ‘aHadouhoumâ, fa’in kâna kamâ qâla wa ‘il-lâ raja`at `alayh) ce qui signifie : « Celui qui dit à son frère : Ô mécréant, l’un des deux en sera chargé : soit il en est tel qu’il l’a dit soit elle retombe sur lui » . En effet, il aura ainsi considéré l’Islam, sur lequel est celui à qui il s’est adressé, comme étant de la mécréance.

Par contre, s’il avait fait une mauvaise interprétation, comme s’il l’avait déclaré mécréant parce qu’il buvait de l’alcool ou qu’il faisait la fornication et qu’il aurait ainsi cru par son ignorance que sa consommation d’alcool ou sa pratique de la fornication est de la mécréance et s’il l’a déclaré mécréant pour cela, il ne devient pas mécréant mais plutôt grand pécheur. Il en est de même s’il a appris qu’Untel qui est musulman s’est suicidé, et qu’il a dit c’est de la mécréance à cause de son ignorance de la réalité du jugement du suicide, alors il ne devient pas mécréant.

Il ne convient donc pas de s’empresser. Il ne convient pas que l’on fonde le fait de considérer licite ou illicite ou la déclaration de mécréance sur l’illusion. Mais il convient de les fonder sur la précaution tout en considérant la question si elle est sujette à unanimité ou pas. Ensuite de voir si elle est connue d’évidence de la religion ou pas. C’est après cela qu’il parle de son jugement.

Par contre, ce qui indique un manque de respect à l’égard de Allâh ou de Son Messager ou de Ses anges, ou de la religion qu’Il agrée, ou des rites de l’Islam ou ce qui est une sorte d’assimilation de Allâh avec le monde, ou un reniement des treize attributs obligatoires selon la raison pour Allâh, il ne convient pas de s’abstenir de déclarer mécréant celui qui contredit à ce sujet.

En effet, les gens de la vérité, des savants de l’Islam n’ont pas eu de divergence pour déclarer mécréant quiconque contredit ce sujet. Ainsi, celui qui dit que Allâh est un corps impalpable ou palpable, on ne s’abstient pas de le déclarer mécréant quel que soit le degré de son ignorance : la confirmation des treize attributs pour Allâh ta`âlâ est indiquée par la raison, même s’il n’en a pas entendu parler dans la science de la religion. Donc celui qui a entendu et celui qui n’a pas entendu sont équivalents en cela. On ne prend pas en considération les ignorants qui contredisent la vérité en cela, qu’ils soient nombreux ou pas.

Par contre, celui qui a renié les attributs qui ne sont pas indiqués par la raison mais qui sont cités dans le Qour’ân comme al-wajh, al-yad, al-`ayn, dans Sa parole ta`âlâ : (koullou chay’in hâlik ‘il-lâ wajhah) [sôurat Al-QaSaS / 88] ou Sa parole (yadou l-Lâhi fawqa ‘aydîhim) [sôurat Al-Fat-H / 10] ou Sa parole au sujet de l’arche de NôuH : (tajrî bi‘a`youninâ) [sôurat Al-Qamar / 14], celui qui les renie, n’est pas déclaré mécréant sauf s’il a su qu’ils ont été mentionnés dans le Qour’ân et que malgré cela il les a reniés.

Ainsi, celui qui dit que Allâh n’a pas de yad, Il n’a pas de `ayn, Il n’a pas de wajh, car il n’a pas su que cela figure dans le Qour’ân et qu’il a renié alors, celui-là n’est pas déclaré mécréant. Mais on lui dit : ceci est cité dans le Qour’ân, si tu renies après cela, tu deviens mécréant.

L’Imam Ach-Châfi`iyy a mentionné dans certains de ses livres que celui qui renie les attributs de Allâh, que l’on ne peut connaître par la preuve selon la raison et la réflexion intellectuelle, il ne devient pas mécréant s’il le renie sauf s’il a renié après avoir su que cela est confirmé selon la Loi. S’il renie après en avoir pris connaissance, il devient mécréant.

Devient également mécréant celui qui a expliqué al-yad, al-wajh et al-`ayn par le corps au sujet de Allâh ta`âlâ. Allâh n’en a pas visé un wajh du corps, comme le wajh des créatures – le visage – ni un yad comme le yad des créatures – main –, ni un `ayn comme le `ayn des créatures – œil – car le wajh, le yad et le `ayn au sujet des créatures sont des corps soit impalpables soit palpables. Le wajh de l’ange, son yad et son `ayn sont des corps impalpables. Le wajh de l’homme, son yad et son `ayn sont des corps palpables. Celui qui explique le wajh, le yad et le `ayn attribués à Allâh ta`âlâ dans le sens du corps en attribuant la main, l’œil ou le visage, il devient mécréant car il aura assimilé le Créateur à Ses créatures.

Le monde est ainsi composé de corps impalpables et de corps palpables et des caractéristiques des corps. C’est Allâh Qui a créé les corps impalpables et les corps palpables et leurs caractéristiques, Qui les a fait exister après qu’ils n’existaient pas. Comment se pourrait-il que Allâh soit un corps impalpable comme les anges et la lumière ou un corps palpable comme les humains !

Si Allâh était un corps impalpable ou palpable, Il serait semblable à nous, il Lui serait possible le changement, la maladie, la faiblesse, l’augmentation et la diminution. Or ceci, la raison le refuse tout comme la Loi. Pour ce qui est de la raison, il est impossible selon la raison que le Créateur ait une ressemblance avec Sa créature d’aucune manière que ce soit. Quant à la Loi, Allâh a fait descendre dans le Qour’ân : (layça kamithlihi chay’) [sôurat Ach-Chôurâ / 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » . Cette ‘âyah est explicite pour nous apprendre que Allâh n’a pas de ressemblance avec le monde impalpable ni le monde palpable d’aucune manière que ce soit.

Avertissement : La confirmation de l’ouïe à Allâh, tout comme la vue, est connue par l’argumentation rationnelle. Celui qui renie cela ou en doute, il devient mécréant, qu’il ait appris ou qu’il n’ait pas appris.

Les règles importantes sont achevées, Allâh est exempt d’imperfection et la louange est à Lui, le Seigneur des mondes.

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