L’envie, une maladie des cœurs

L’envie, une maladie des cœurs

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lâhi r-RaHmâni r-RaHîm

الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ

Esclaves de Allâh, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allâh, Al-`Aliyy, Al-`ADHîm, Lui Qui dit dans Son Livre qui ne comporte pas d’incohérence :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ

[sôurat Al-Hachr / 18] (yâ ‘ayyouhâ l-ladhîna ‘âmanou t-taqou l-Lâha wal-tanDHour nafsoun mâ qaddamat lighadin wat-taqou l-Lâha ‘inna l-Lâha khabîroun bimâ ta`malôun) ce qui signifie : « Ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de Allâh et que chaque âme considère ce qu’elle a réservé pour l’au-delà. Faites preuve de piété à l’égard de Allâh, certes Allâh est Celui Qui sait ce que vous faites. »

Mes frères de Foi, Allâh tabâraka wata`âlâ nous ordonne dans cette ‘âyah de faire preuve de piété (taqwah) et de se demander des comptes à soi-même, c’est-à-dire que chacun d’entre nous considère ce qu’il a préparé pour le Jour du Jugement. S’il agit en bien, qu’il remercie Allâh pour Sa grâce et qu’il veille à rester sur la droiture. S’il agit en mal, qu’il se reprenne, qu’il demande pardon et qu’il corrige son cœur. Car dans l’au-delà, ni l’argent, ni les enfants ne seront utiles pour personne, sauf pour celui qui viendra avec un cœur sain. Mes frères de Foi, faire que le cœur soit sain consiste à le purifier des caractères blâmables et des maladies nuisibles qui mènent la personne à sa perte.

Parmi les maladies des cœurs, il y a l’envie (al-Haçad). C’est le fait de détester qu’un musulman ait un bienfait, ne pas supporter cela et agir en conséquence de ce sentiment. Alors, mon frère musulman, fais attention : si tu voyait chez ton frère une grâce, que tu détestais qu’il l’ait reçue en ressentant dans ton cœur que tu ne supportes pas cela, et que tu souhaitais qu’elle le quitte et décidais dans ton cœur d’agir pour la faire partir ou disais ou faisais quelque chose pour la faire partir, alors tu aurais commis ainsi un péché.

Mes frères de Foi, nous voyons de nos jours beaucoup de gens être atteints par cette maladie du cœur. L’un d’entre eux n’arrive pas alors à supporter le bienfait que reçoit son frère et déteste qu’il l’ait reçu. Il souhaite qu’il en soit privé et agit en conséquence pour l’en priver. Il se peut que cela l’amène à devenir injuste, à mentir, à ruser, à tout faire pour faire disparaître cette grâce que son frère a reçue. Mais toi, l’envieux, aimerais-tu qu’on te le fasse ?!

Dans le Qour’ân, Allâh a ordonné à Son prophète de demander la préservation contre le mal de l’envieux par Sa parole ta `âlâ :

﴿ قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ مِن شَرِّ مَا خَلَقَ وَمِن شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ وَمِن شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ وَمِن شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ

(qoul ‘a`ôudhou birabbi l-falaq ; min charri mâ khalaq ; wamin charri ghâçiqin ‘idhâ waqab ; wamin charri n-naffâthâti fi l-`ouqad ; wamin charri Hâçidin ‘idhâ Haçad)

Allâh a ordonné que l’on se préserve du mal de l’envieux quand il envie, c’est-à-dire quand il manifeste son envie et agit donc en conséquence ; c’est à ce moment-là que son envie risque d’avoir un effet sur les autres. Mais s’il ne la manifeste pas, seul l’envieux aura à en subir la nuisance, parce qu’il est contrarié par le bienfait que cet autre a reçu.

Mon frère musulman, garde-toi de l’envie ! En effet, le fils de ‘Âdam n’a assassiné son frère qu’en raison de son envie. Garde-toi de l’envie car certes Allâh tabâraka wata`âlâ est Ar-Razzâq, Celui Qui accorde la subsistance. Il a partagé la subsistance entre Ses esclaves. Il n’y a donc pas une âme qui consommera la subsistance de quelqu’un d’autre. Ce que Allâh a prédestiné a lieu et cela ne changera pas. C’est faire preuve d’une grande ignorance d’agir pour enlever un bienfait que ton frère a reçu pour en profiter toi-même. Car, si elle ne t’a pas été prédestinée, tu ne l’obtiendras jamais. Au contraire, si elle t’a été prédestinée, alors nécessairement tu l’obtiendras. Alors, n’occupe pas ton cœur avec ça et sois satisfait de la part que Allâh t’a accordée, sinon tu iras à ta perte. Nous demandons à Allâh qu’Il nous protège.

Mes frères de Foi, dans beaucoup de cas, la nuisance de l’envieux se retourne contre lui. Écoutez ce récit que le HâfiDH Abôu Nou`aym Al-‘ASbahâniyy rapporte dans Al-Hilyah de Bakr Ibnou `Abdi l-Lâh. Il dit : « Dans le passé, un roi avait un huissier qu’il rapprochait de lui et qu’il consultait souvent. Cet huissier lui disait : ‟ Ô roi, agis avec bienfaisance avec le bienfaisant et laisse de côté le malfaisant, tu seras préservé de sa malfaisance. ” C’est alors qu’un homme l’a envié en raison de sa proximité avec le roi et l’a calomnié en disant au roi : ‟ Cet huissier, c’est quelqu’un qui dit aux gens que tu as une mauvaise haleine ! ” Alors, le roi lui dit : ‟ Comment pourrais-je le savoir ? ” L’homme lui dit : ‟ Lorsqu’il viendra, rapproche-le de toi pour lui parler, il va tenir son nez avec sa main. ”

Ensuite, ce calomniateur est parti voir l’huissier et l’a invité pour lui offrir une sauce dans laquelle il avait mis beaucoup d’ail. Le lendemain, l’huissier s’est rapproché du roi pour lui parler et c’est alors qu’il a mis sa main sur sa bouche. Sur ce, le roi lui dit : ‟ Éloigne-toi ! ” Il demanda à ce qu’on lui donne une plume et une feuille. Il écrivit une lettre qu’il scella et dit à l’huissier : ‟ Va voir Untel ! ” Or la récompense du roi était – habituellement – de cent mille.

L’huissier étant sorti, le calomniateur l’accueillit en lui disant : ‟ Qu’est-ce que c’est ? ” Il lui répondit : ‟ Le roi me l’a remise ˮ Alors, le calomniateur lui demanda s’il pouvait la lui donner, et il la lui donna.

Le calomniateur prit la lettre et se rendit chez Untel. Mais lorsqu’ils ont ouvert la lettre, ils ont appelé les égorgeurs. Sur ce, le calomniateur dit : ‟ Craignez Allâh, c’est une erreur qui est tombée sur moi, demandez au roi ! ”. Ils lui répondirent : ‟On ne peut pas revenir au roi. Il est écrit dans le livre : quand le porteur de cet écrit arrivera, égorgez-le, dépecez-le et empaillez-le, puis envoyez-le-moi ! » Alors, Ils l’égorgèrent, le dépecèrent ; et renvoyèrent sa dépouille chez le roi.

Lorsque le roi le vit, il s’en étonna et dit à l’huissier : ‟ Viens m’expliquer et dis-moi la vérité, quand tu t’es approché de moi pour me parler, pourquoi as-tu mis la main sur ton nez ?” Le portier répondit au roi : ‟ Cet homme m’avait invité à sa table en m’offrant une sauce dans laquelle il y avait mis beaucoup d’ail. Il m’en a fait à manger. Lorsque je me suis approché de vous, je ne voulais pas que vous subissiez la nuisance de l’ail ! ” Alors, le roi lui dit : ‟Reviens à ta place et continue à dire ce que tu disais ! Et le roi lui fit parvenir une grande somme d’argent. ” »

Ô Allâh, nous Te demandons de nous protéger.

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