Interdiction du Mensonge en Islam

Interdiction du Mensonge en Islam

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Je commence par le nom de Allâh, Celui Qui accorde Sa miséricorde à toutes les créatures dans le bas monde mais aux seuls croyants dans l’au-delà, Celui Qui accorde beaucoup de miséricordes aux croyants. La louange est à Allâh le Seigneur des mondes, Que l’honneur et l’élévation en degrés soient accordés à notre maître MouHammad le Messager de Allâh, ainsi que la préservation de sa communauté de ce que le Prophète craint pour elle.

Discours du vendredi : Mise en garde contre le mensonge et contre l’habitude du 1er Avril

La louange est à Allâh, nous Le louons, nous recherchons Son aide, nous L’implorons de nous guider sur le chemin de droiture, nous recherchons Son pardon et nous Lui demandons de nous préserver du mal de nos âmes et du mal de nos mauvaises œuvres. Celui que Allâh guide, nul ne peut l’égarer et celui que Allâh égare, nul ne peut le guider.
Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allâh, qu’Il est le dieu unique et qu’Il n’a pas d’associé, ni de semblable, ni d’équivalent ni d’égal, que la division lui est impossible, Il n’est donc pas un corps, que toutes les créatures ont besoin de Lui alors que Lui n’a besoin de rien, Qu’Il n’engendre pas et Qu’Il n’est pas engendré et que rien ne Lui est équivalent. Et je témoigne que notre maître MouHammad est Son esclave et Son messager, celui que Allâh a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide, annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur d’un châtiment. Il a enseigné à la communauté ce qui lui est utile et l’a mise en garde contre ce qui lui est nuisible, dans le bas monde comme dans l’au-delà. Il a donc montré que la véracité est une cause de sauvegarde et que le mensonge est une cause de perdition. Il a ordonné la véracité et a glorifié ceux qui en font preuve. Il a mis en garde contre le mensonge et a blâmé ceux qui le commettent. Que Allâh honore et élève davantage notre maître MouHammad, ainsi que sa famille et ses compagnons bons et purs.

Esclaves de Allâh, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allâh, Al-`Aliyy, Celui Qui a la supériorité absolue sur Ses créatures par la contrainte et la toute-puissance, Al-`ADHîm, Celui Qui a l’éminence absolue par Son exemption des attributs des créatures ; je vous recommande d’appliquer Sa charî`ah, Sa Loi révélée et de prendre pour exemple la Sounnah, les faits et gestes de Son prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam.

Sachez que Allâh `azza wajall dit dans sôurat At-tawbah :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ اتَّقُواْ اللهَ وَكُونُواْ مَعَ الصَّادِقِين ﴾

(yâ ‘ayyouha l-ladhîna ‘âmanou t-taqou l-Lâha wa kôunôu ma`a S-Sâdiqîn)

ce qui signifie : « Ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de Allâh et soyez avec les véridiques. »

Mes frères de foi, Allâh soubhanahôu wa ta`âlâ nous a ordonné d’accomplir le bien et Il nous a interdit de commettre le mal. Il en est de même de la part de Son messager honoré. Notre Seigneur l’a envoyé pour enseigner aux gens le bien, pour les appeler à adopter les comportements d’excellence. Tout comme le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam l’a dit :

(( إِنَّمَا بُعِثْتُ لِأُتَمِّمَ مَكَارِمَ الأَخْلاَقِ ))

(‘innamâ bou`ith-tou li’outammima makârima l-‘akhlâq)

ce qui signifie : « Je n’ai été envoyé que pour vous compléter les caractères d’excellence. »

Nous allons parler d’un caractère éminent que Allâh nous a ordonné d’adopter et que le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam nous a incité à avoir : il s’agit de la véracité. Par opposition, parmi les caractères les plus laids qu’Il ait interdits, il y a le mensonge.

L’Imam Mouslim a rapporté dans son SaHîH que `Abdou l-Lâh Ibnou Mas`oud, que Allâh l’agrée, a dit : « Le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

(( عَلَيْكُمْ بِالصِّدْقِ فَإِنَّ الصِّدْقَ يَهْدي إِلى الْبِرِّ وَإِنَّ الْبِرَّ يَهْدي إِلى الجَنَّةِ، وَما يَزالُ الرَّجُلُ يَصْدُقُ وَيَتَحَرَّى الصِّدْقَ حَتَّى يُكْتَبَ عِنْدَ اللهِ صِدِّيقًا، وَإِيَّاكُمْ وَالْكَذِبَ فَإِنَّ الكَذِبَ يَهْدِي إِلى الفُجور وَإِنَّ الفُجورَ يَهْدي إِلى النّارِ وَما يَزالُ الرَّجُلُ يَكْذِبُ وَيَتَحَرَّى الكَذِبَ حَتَّى يُكْتَبَ عِنْدَ اللهِ كَذّابًا ))

(`alaykoum bi S-Sidqi fa’inna S-Sidqa yahdî ‘ila l-birri wa’inna l-birra yahdî ‘ila l-jannah ; wamâ yazâlou r-rajoulou yaSdouqou wa yataHarra S-Sidqa Hattâ youktaba `inda l-Lâhi Siddîqâ ; wa’iyyâkoum wa l-kadhiba fa’inna l-kadhiba yahdî ‘ila l-foujouri wa ‘inna l-foujoura yahdî ‘ila n-nâr ; wama yazâlou r-rajoulou yakdhibou wa yataHarra l-kadhiba Hattâ youktaba `inda l-Lâhi kadh-dhâbâ)

ce qui signifie : “Attachez-vous à la véracité ; la véracité mène à la bienfaisance et la bienfaisance mène au Paradis. L’homme qui persévère sur la véracité et cherche à être véridique sera inscrit selon le jugement de Allâh au nombre des véridiques. Et gardez-vous du mensonge car le mensonge mène à la perversité et la perversité mène à l’enfer. L’homme qui persiste sur le mensonge et cherche à mentir sera inscrit selon le jugement de Allâh au nombre des menteurs.” »

La signification de ce hadîth, mes frères de foi, est que la véracité mène à œuvrer dans les actes de vertu exempts de tout blâmable et fait parvenir au Paradis, alors que le mensonge mène à la perversité, qui est le fait de dévier de la droiture et de se plonger dans les péchés, menant ainsi à l’enfer. Il y a donc dans ce hadîth une incitation à s’attacher à être véridique, c’est-à-dire à le vouloir et à lui accorder le plus grand soin. Il met aussi en garde contre le mensonge et le laisser-aller dans le mensonge car celui qui se laisse aller à mentir va mentir de plus en plus et finira par être connu pour cela. Quant aux paroles du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, traduites par : « Il sera inscrit selon le jugement de Allâh au nombre des véridiques » et par : « Il sera inscrit selon le jugement de Allâh au nombre des menteurs », elles signifient qu’il sera jugé comme tel et méritera, soit d’être qualifié du degré des véridiques et de mériter leur récompense, soit d’être au rang des menteurs et de mériter leur châtiment. Ce qui est visé ici, c’est que cela sera manifesté aux créatures, en le faisant connaître au monde céleste, c’est-à-dire aux anges, par l’un de ces deux caractères, ou bien en faisant que les gens le perçoivent dans leur cœur et en parlent. Ainsi les gens se mettront à l’accepter ou à le détester. Lorsque le mensonge devient répétitif de la part de quelqu’un et que cela devient une habitude, il devient difficile de s’en débarrasser ; c’est à partir de ce moment-là que cette personne est inscrite au nombre des menteurs. Nous demandons à Allâh ta`âlâ qu’Il fasse que nous soyons au nombre des véridiques.

Le mensonge, mes frères de foi, et c’est ce sujet que nous voudrions détailler, consiste à dire une chose contraire à la réalité tout en sachant qu’elle est contraire à la réalité. Parmi les différentes sortes de mensonges, il y en a qui comptent parmi les grands péchés, d’autres parmi les petits péchés et il y en a qui sont de la mécréance, que Allâh ta`âlâ nous en préserve. Si le mensonge ne comporte aucune nuisance envers un musulman, c’est un petit péché. Mais attention, nous ne devons pas négliger les petits péchés, car les montagnes sont constituées de petits cailloux ! L’Imam AHmad et AT-Tabarâniyy rapportent que le Prophète MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

 إِيَّاكُمْ وَمُحَقَّرَاتِ الذُّنُوبِ فَإِنَّمَا مَثَلُ مُحَقَّرَاتِ الذُّنوبِ كَمَثَلِ قَوْمٍ نَزَلُوا بَطْنَ وَادٍ فَجَاءَ ذَا بِعُودٍ وَجَاءَ ذَا بِعُودٍ حَتَّى حَمَلُوا مَا أَنْضَجُوا بِهِ خُبْزَهُمْ وَإِنَّ مُحَقَّرَاتِ الذُّنُوبِ مَتَى يُؤْخَذْ بِهَا صَاحِبُهَا تُهْلِكْهُ

(‘iyyâkoum wa mouHaqqarâti dh-dhounôub ; fa’innamâ mathalou mouHaqqarâti dh-dhounôubi kamathali qawmin nazalôu baTna wâdin fajâ’a dhâ bi`ôudin wa jâ’a dhâ bi`ôudin Hatta Hamalôu mâ ‘anDajôu bihî khoubzahoum ; wa’inna mouHaqqarâti dh-dhounôubi matâ you’khadhou bihâ SâHibouhâ touhlik-h)

ce qui signifie : « Gardez-vous bien des petits péchés ! Les petits péchés sont à l’exemple d’un groupe de gens qui ont fait halte dans une vallée. Untel ramène une brindille et tel autre ramène une brindille jusqu’à amasser ce qui leur permet de cuire leur pain… »

Ce Hadîth honoré indique que les petits péchés sont autant de causes qui mènent celui qui persiste à les commettre et à les multiplier à commettre les grands péchés. Combien de petits péchés, sous-estimés par celui qui les commet, l’amènent par la suite à commettre les grands péchés ! Il se peut même qu’ils l’amènent à commettre de la mécréance. C’est pour cela qu’un savant du salaf a dit : « Les péchés mènent à la mécréance tout comme la fièvre mène à la mort. » [rapporté dans Chou`abou l-‘îmân de Al-BayHaqiyy]. Que Allâh ta`âlâ nous préserve des mauvais actes !

Maintenant, si le mensonge comporte une nuisance envers un musulman, c’est un grand péché ; que Allâh ta`âlâ nous en préserve. Parmi les mensonges laids, il y a le fait de mentir au sujet du Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam. C’est ainsi que le Prophète `alayhi S-Salatou wa s-salam a dit :

 مَنْ كَذَبَ عَلَيَّ مُتَعَمِّدًا فَلْيَتَبَوَأْ مَقْعَدَهُ مِنَ النّارِ

(man kadhaba `alayya mouta`ammidan falyatabawwa’ maq`adahôu mina n-nâr)

ce qui signifie : « Celui qui ment à mon sujet délibérément, qu’il se prépare à occuper sa place en enfer. » [rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim]

D’autre part, si le mensonge comporte le fait de rendre licite une chose interdite par unanimité (‘ijmâ), bien connue des savants et du commun des musulmans comme étant interdite dans la religion et dont le jugement n’échappe pas à celui qui a menti, comme de rendre permis la fornication, la sodomie, l’assassinat, le vol ou l’usurpation ou encore le fait de rendre interdit quelque chose de clairement licite, comme la vente ou le mariage, ce serait de la mécréance, que Allâh ta`âlâ nous en préserve !

C’est le cas de celui qui ment pour faire rire les gens, en disant : « Allâh ta`âlâ dit :  » Lorsque tu vois un aveugle, renverse-le par terre, tu n’es pas plus généreux que son Seigneur. »

Il a prétendu que cette parole imbécile ferait partie du Qour’ân. Cela est en réalité de la mécréance, que Allâh ta`âlâ nous en préserve !

Mes frères de foi, sachez que le mensonge est interdit qu’il soit dit en plaisantant ou en étant sérieux. En effet, le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

(( ويلٌ للّذي يحدّثُ القومَ ثمّ يكذِبُ ليُضحِكَهم ويلٌ له وويلٌ له ))

(wayloun lil-ladhî youHaddithou l-qawma thoumma yakdhibou liyouD-Hikahoum wayloun lahôu wa wayloun lah)

ce qui signifie : « Malheur à celui qui parle aux gens et ment pour les faire rire! Malheur à lui ! Encore malheur à lui ! » [rapporté par l’Imam AHmad dans son Mousnad] c’est-à-dire que c’est un grand péché et que cela fait mériter à celui qui le commet un grand châtiment au Jour du jugement.

Mes frères de foi, il convient aussi de mettre en garde contre certaines choses, contre ce que certains appellent le poisson d’avril. Le mensonge est interdit le 1er avril ou à tout autre moment. Parmi les conséquences de pareils mensonges et dans beaucoup de cas, il y a le fait d’effrayer un musulman. Le menteur lui dit par exemple : « Ton fils est mort ! » ou bien « Il est arrivé quelque chose à ta femme ! » Il lui fait peur et l’effraie. Que Allâh ta`âlâ nous en préserve !

À ce sujet, il est rapporté dans le Mousnad de l’Imam AHmad, que le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

(( لاَ يَحِلُّ لِمُسْلِمٍ أَنْ يُرَوِّعَ مُسْلِمًا ))

(layahil-lou limouslimin ‘an yourawwi^a mouslima)

ce qui signifie : « Il n’est pas permis à un musulman d’effrayer un autre musulman. »

Il avait dit cette parole lorsque l’un des compagnons, par plaisanterie, avait fait peur à un autre compagnon en lui prenant l’une de ses flèches pendant son sommeil.

Chers bien-aimés, le mensonge n’est pas autorisé, ni en étant sérieux ni en plaisantant. Même si l’objectif est de faire rire l’assistance, même s’il n’y a pas de nuisance envers les gens, c’est interdit. À ce sujet, le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

(( إنّي لَأَمزحُ ولا أَقولُ إلّا حقًّا ))

(‘innî la’amzaHou wa lâ ‘aqôulou ‘illâ Haqqâ)

ce qui signifie : « Moi-même il m’arrive de plaisanter, mais je ne dis que ce qui est en droit d’être dit. » [rapporté par AT-Tabarâniyy dans Al-Mou`jamou l-Kabîr]. C’est-à-dire que le Messager de Allâh a fait savoir qu’il ne mentait jamais.

Et nous vous mettons en garde contre la parole de certains qui disent que le mensonge serait « le sel des vrais hommes ». Tandis que d’autres disent : « C’est la honte pour celui qui dit la vérité ! » Ces deux paroles contredisent la religion et constituent deux choses qui font sortir de l’Islam. En effet la première revient à apprécier ce que les savants et les musulmans du commun savent bien que c’est mauvais dans la religion. Et la seconde comporte le fait de considérer mauvais ce que les savants et les musulmans du commun savent bien que c’est une bonne chose dans la religion. Chacune de ces deux paroles revient donc à démentir la religion, que Allâh ta`âlâ nous en préserve !

Alors, mes frères de foi, gardez-vous bien du mensonge et mettez en garde contre le mensonge, car c’est une très mauvaise habitude. La seule chose qu’il indique, c’est le mal qu’il y a dans la nature de celui qui ment. Alors, craignez Allâh et soyez avec les véridiques !

Ô Allâh, préserve-nous du mensonge et du reste des choses interdites, Ô Toi Qui est le plus miséricordieux de ceux qui font miséricorde.

Ayant dit mes propos, je demande que Allâh me pardonne ainsi qu’à vous-mêmes.

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