Paroles des Savants Sunnite sur la Permission du Mawlid Nabawi Commémorer la naissance honorée du Prophète MouHammad

Paroles des Savants Sunnite sur la Permission du Mawlid Nabawi Commémorer la naissance honorée du Prophète MouHammad
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La coupole verte au dessus de la mosquée du Prophète MouHammad à médine l'illuminéeLa louange est à Allâh Celui Qui nous a fait la grâce de l’apparition du maître de l’humanité, la fierté de Rabi`ah et de MouDar et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté soient accordées à notre maître MouHammad, celui pour lequel la lune s’est fendue, celui que la pierre a salué et à l’appel duquel l’arbre s’est déplacé.

Que Allâh magnifie le degré du rang de MouHammad et qu’Il lui accorde un mérite élevé.

Dans le Livre exempt de contradiction, Il dit :

﴿ إِنَّ اللهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا ﴾

Ce qui signifie : « Certes Allâh élève en degré le Prophète et les anges invoquent Allâh pour qu’Il élève davantage en degré le Prophète. Ô vous qui avez cru invoquez Allâh et demandez qu’Il l’élève encore davantage en degré et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle », [sôurat Al-‘AHzAb ‘Ayah 56].

En ces jours revient à nous un heureux souvenir, le souvenir de la naissance du Bien-aimé de Allâh, la meilleure des créatures, notre maître MouHammad

Quelle occasion éminente que les musulmans fêtent dans les orients de la Terre et ses occidents, par remerciement envers Allâh ta`âlâ pour avoir fait apparaître notre maître MouHammad à ce bas-monde.

La célébration de la naissance (Mawlid) du Prophète compte parmi les bonnes innovations. Cette pratique n’existait pas à l’époque du Prophète ni à l’époque qui l’a suivie. Mais elle fut innovée aux débuts du septième siècle de l’hégire. Le premier à l’avoir innovée fut le roi de ‘Irbil. Il était savant, pieux, courageux et il est surnommé Al-MouDHaffar. Il réunit pour cela beaucoup de savants, parmi lesquels il y avait des gens du Hadîth et des soufis véridiques. Les savants des orients de la terre et de ses occidents l’ont approuvé. Il y a parmi eux le HAfiDH ‘AHmadîbnou Hajar Al-`Asqalâniyy et son élève le HâfiDH As-Sakhâwiyy ainsi que le HâfiDH As-Souyoutiyy et d’autres encore.

Le HafiDH As-Sakhâwiyy a cité dans son livre Al-Fatâwâ que la commémoration du Mawlid a été innovée après les trois premiers siècles. Par la suite, les gens de l’Islam dans les grandes villes des différents pays n’ont pas cessé de commémorer le Mawlid, de donner les différentes sortes d’aumônes durant ses nuits, et de s’appliquer à la lecture de l’histoire de sa noble naissance, et tous les mérites largement répandus rejaillissaient sur eux grâce à ses bénédictions.

Le HâfiDH As-Souyoutiyy  a une lettre qu’il a appelée Housnou l-Maqsad fî `Âmali l-Mawlid Le bon objectif dans l’accomplissement du Mawlid, il a dit ce qui signifie : « La question a été posée sur le fait de commémorer la naissance honorée au mois de Rabî`ou l-‘Awwal, quel est son jugement du point de vue de la Loi de l’Islam ? Est-ce une chose louable ou blâmable ? Est-ce que celui qui le commémore a des récompenses ou non ? La réponse d’après moi est la suivante : la commémoration de la naissance (Mawlid) à l’origine consiste en le rassemblement des gens, la récitation de ce qu’il est possible de réciter du Qour’ân, la narration des nouvelles rapportées au sujet du début de l’histoire du Prophète et ce qui est advenu comme signes à sa naissance, à la suite de quoi il leur est présenté de la nourriture qu’ils consomment puis partent sans rien ajouter à cela, ceci compte parmi les bonnes innovations pour laquelle celui qui la fait sera récompensé, et ce, pour ce que cela comporte comme glorification du degré du Prophète, et comme manifestation de joie et de réjouissance pour sa noble naissance. Le premier à l’innover fut le gouverneur de ‘Irbil, le roi Al-MouDHaffar Abôu Sa`Id Kôukabrî Ibnou Zayni d-Dîn `Aliyy Ibnou Baktakîn qui était l’un des rois glorieux et des grands généreux et il a laissé de bonnes traces et c’est lui qui avait édifié la mosquée Al-MouDHaffariyy au pied de la montagne de Qasiyôun ». Fin de citation, [dans son livre Al-HâwI li l-Fatâwâ, 1/189-197].

Ibnou Kathîr a dit dans son livre d’histoire [Al-Bidâyah wa n-Nihâyah, 3/136] : « Il organisait – il vise le roi Al-MouDHaffar – le Mawlid honoré au mois de RabI`ou l-‘Awwal et le fêtait par une festivité grandiose. Il était magnanime, courageux, brave, sage, savant et juste, que Allâh lui fasse miséricorde et qu’Il honore pour lui sa demeure dans l’au-delà. Il a dit : le chaykh Abou l-KhaTTâb Ibnou DaHyah a composé pour lui un livre sur la naissance du Prophète qu’il a intitulé : At-Tanwîr fI Mawlidi l-Bachîri n-Nadhîr ; il l’a récompensé pour cela de mille dinars. L’époque de son règne s’est prolongée jusqu’à ce qu’il meurt alors qu’il faisait le siège des croisés dans la ville de `Âkkâ en l’an six-cent-trente et il était alors louable de conduite et de fond de cœur ». Fin de citation.

Le descendant de Ibnou l-Jawziyy cite dans Mir’âtou z-Zamân que les notables parmi les savants et les soufis [Al-Hâwî li l-Fatâwâ, 1/190] assistaient à la fête chez lui à l’occasion du Mawlid.

Ibnou Khillikân [Wafâyâtou l-‘A`yân, 3/449] a dit dans la biographie du HâfiDH Ibnou DaHyah : « Il faisait partie des notables, des savants et des plus réputés des gens qui ont un mérite. Il est venu du Maghreb et il est entré au pays du Châm et de l’Irak. Il est passé par ‘Irbil en l’an six cent quatre ; il a trouvé son roi glorieux MouDHaffirou d-Dîn Ibnou Zayni d-Din attachant une attention particulière au Mawlid du Prophète. Il a écrit pour lui le livre At-Tanwîr fî Mawlidi l-Bachîri n-Nadhîr et il le lui a récité personnellement. Le roi l’a récompensé de mille dinars ». Fin de citation.

As-Souyoutiyy a dit : « L’Imam des HAfiDH, Abou l-FaDî ‘AHmadîbnou Hajar a trouvé à la commémoration du Mawlid, une origine – des arguments en sa faveur – à partir de la Sounnah et je lui ai trouvé moi-même une deuxième origine… » Fin de citation.

A partir de cela, il est devenu clair que la commémoration de la naissance du Prophète (Mawlid) est une bonne innovation ; il n’y a donc pas à la blâmer sous aucun rapport. Bien au contraire, elle est digne d’être nommée une bonne tradition (sounnah Haçanah) parce qu’elle fait partie des choses englobées par la parole du Messager de Allâh :

« من سنّ في الإسلام سنّة حسنة فله أجرها وأجر من عمل بها بعده من غير أن ينقص من أجورهم شىء »

(man sanna fi l-‘islâmi sounnatan Haçanatan falahou ‘ajrouhâ wa ‘ajrou man `amila bihâ ba`dahou min ghayri ‘an yanqouŝa min ‘oujôurihim chay’)

ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition (sounnah Hasanah) en aura la récompense et une récompense chaque fois que quelqu’un fera cet acte après lui, sans qu’il leur soit diminué quoi que ce soit de leurs récompenses » [rapporté par Mouslim].

Même si ce Hadîth a été énoncé dans une circonstance précise qui est la suivante : un groupe de gens, qui ont été réduits à la misère, sont venus au Messager de Allâh, habillés de vêtements rayés, déchirés par leur milieu. Le Messager ordonna qu’on leur fasse l’aumône. Il s’est alors amassé pour eux beaucoup de bien. Le Messager de Allâh se réjouit de cela et dit :

« من سنّ في الإسلام سنّة حسنة فله أجرها وأجر من عمل بها بعده من غير أن ينقص من أجورهم شىء »

En effet, ce qui est pris en compte, c’est la généralité du terme et non le caractère spécifique de la circonstance pour laquelle le Hadîth a été énoncé, comme cela est établi chez les savants spécialistes de la science des fondements (al-‘ouSôul). Celui qui le nie refuse effectivement la vérité.

Ibn BaTTôuta décrit la célébration du Mawlid à La Mecque

Dans le récit de son voyage « ar-RiHlah » Ibn Battouta relate :

« قاضي مكة العالم الصالح العابد نجم الدين محمد بن إمام العالم محيي الدين الطبري، وهو فاضل كثير الصدقات والمؤاساة للمجاورين، حسن الأخلاق كثير الطواف والمشاهدة للكعبة الشريفة، يطعم الطعام الكثير في المواسم المعظمة، وخصوصًا في مولد رسول الله صلى الله عليه وسلم، فإنه يطعم فيه شرفاء مكة وكبراءها وفقراءها وخدام الحرم الشريف وجميع المجاورين. »

« Le QâDi (juge) de la Mecque est le savant, l’adorateur vertueux [de Allâh] Najmou d-dîn Mouhammad fils de l’Imam, du savant Mouhyi d-Din At-Tabari. C’est un homme honorable qui fait preuve de beaucoup de charité et de réconfort envers les visiteurs du Haram (enceinte sacrée) ; il a un excellent comportement et pratique beaucoup de tours rituelles (tawaf) en allant régulièrement voir la Ka`bah honorée. Il distribue beaucoup de repas dans les grandes occasions, particulièrement lors de la Commémoration du Mawlid du Messager de Allah (salla l-Lahou `alayhi wa sallam). En cette occasion, il offre des repas aux Chérifiens (descendants du Prophète) de La Mecque, aux notables comme aux pauvres, à ceux qui travail au sein de La Mosquée Sacrée et à l’ensemble des visiteurs séjournant dans l’enceinte sacrée. »

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqih (spécialiste de la jurisprudence), le savant digne de confiance, Abou `Abdi l-Lah Mouhammad Ibnou `Abdi l-Lâh Ibnou Mouhammad Ibnou Ibrahim Al-Lawati At-Tanji Al-Maghribi connu sous le nom de Ibnou Battouta est né en 703 à Tanger et il est décédé en 779 de l’Hégire à Marrakech (rahimahou l-Lah), c’est-à-dire il y a plus de 650 ans. Il est connu pour être l’un des plus grands explorateurs de l’histoire. Il a voyagé durant près de 30 ans, du Maroc, jusqu’en Chine en passant par l’Arabie. Il a visité de nombreuses villes et pays : Mali, Tanzanie, Turquie, Malaisie, Inde, Irak, Syrie, Egypte, Maldives etc. et il y rencontra de nombreux savants.

– Lorsqu’il raconte ses voyages à La Mecque, il décrit et fait l’éloge du QaDi (juge) Najmou d-Din Mouhammad le Qadi de La Mecque, qui commémorait le Mawlid en compagnie de ceux qui travaillaient au sein de la Mosquée al-Haram, les descendants du Prophète, les notables et les pauvres.

– Ce témoignage de Ibn Battouta nous indique que le Mawlid était commémoré en Arabie au 8ème siècle de l’Hégire par l’ensemble des musulmans. D’autres passages du livre attestent de cela. En effet dans un autre passage Ibn Battouta rapporte que les musulmans célébraient le Mawlid au sein de La mosquée sacrée de La Mecque et qu’en cette occasion ils ouvraient la porte de la Ka`bah.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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