Les Devoirs du Coeur

Les Devoirs du Coeur
 بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent. Et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître MouHammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam `alayhi s-salâm au dernier MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam.

La foi en Dieu et en Son Messager

– Parmi les actes du cœur qu’il est un devoir d’accomplir pour les personnes responsables, il y a la foi en Allâh, c’est le devoir fondamental, c’est-à-dire d’avoir la croyance catégorique en l’existence de Allâh Ta`âlâ conformément à ce qui est digne de Lui, à savoir de confirmer Son existence sans comment, sans quantité et sans endroit (Voir : La Foi Musulmane et ce qui l’Annule). Le caractère obligatoire de cette croyance pour celui à qui est parvenu l’appel à l’Islam fait l’objet de l’Unanimité.

L’imâm ‘Abôu Hanîfah a dit que nul parmi les personnes pubères saines d’esprit n’est excusé pour son ignorance au sujet du Créateur même s’il ne lui est pas parvenu l’appel à l’islam car la raison à elle seule suffit pour savoir que ce monde a nécessairement un Créateur.

On joint à cela la foi en ce que notre maître MouHammad a transmis de la part de Allâh Ta`âlâ, comme de croire qu’il est le Messager de Allâh, et la foi en la véracité de ce qu’il a transmis de la part de Allâh Ta`âlâ.

Être sincère dans l’adoration

– Parmi les devoirs du cœur, il y a la sincérité qui consiste à faire preuve de sincérité dans l’acte d’adoration pour Allâh Ta`âlâ, c’est-à-dire de ne pas viser par l’acte d’adoration l’éloge des gens ni d’être considéré d’un œil de respect, de glorification et d’honneur. Allâh Ta`âlâ dit :

« فَمَنْ كَانَ يَرْجُوا لِقَاءَ رَبِّهِ فَلْيَعْمَلْ عَمَلاً صَالِحاً وَلاَ يُشْرِكْ بِعِبَادَةِ رَبِّهِ أَحَداً »

(faman kâna yarjou liqâ’a rabbihi falya`mal `amalan SâliHan wa lâ youchrik bi`ibâdati rabbihi ‘aHadâ)

ce qui signifie : « Celui qui cherche les récompenses de Allâh au Jour du Jugement, qu’il fasse des actes de vertu sans associer personne dans son intention dans l’adoration de Allâh » [sôurat Al-Kahf / 111]. Dans le verset, il y a l’interdiction de l’insincérité car c’est un grand péché.

Al-Hâkim a rapporté dans Al-Moustadrak, que le Messager de Allâh, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« اتقوا الرّياءَ فإنه الشّرك الأصغرُ »

Ce qui signifie : « Évitez l’insincérité car certes c’est un grand péché – chirk ‘aSghar – (association mineur) » ; ce péché a été appelé chirk ‘aSghar car il ne fait pas sortir de l’islam mais c’est un grand péché. Ce Hadîth a été déclaré SaHîH par Al-Hâkim, et Adh-Dhahabiyy a été d’accord avec lui en cela.

Se repentir des péchés

– Parmi les devoirs du cœur, il y a le repentir des péchés, qu’il s’agisse de grands péchés ou de petits péchés ; cela consiste à regretter. Il est un devoir que le regret ait lieu pour avoir désobéi à son Seigneur, car s’il a lieu par crainte du scandale que cela peut provoquer chez les gens, cela ne constitue pas un repentir. Regretter signifie ici ressentir de la tristesse suite à ce qui est provenu de lui comme péché ; comme s’il dit « j’aurais dû ne pas faire cela ». Le Messager de Allâh, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« النَّدمُ تَوبَةٌ »

ce qui signifie : « le regret est le pilier imminent dans le repentir » [rapporté par ‘Ibnou Hibbân et d’autres que lui]. Voir les autres conditions du repentir.

Se fier à Dieu

– Parmi les devoirs du cœur, il y a se fier à Allâh.

Allâh Ta`âlâ dit :

﴿ وَعَلَى اللَّـهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُؤْمِنُونَ ﴾

ce qui signifie : « Que les croyants se fient à Allâh », [sôurat ‘âli `Imrân / 122]

Le Tawakkoul, c’est la confiance totale ; il est un devoir que l’esclave place sa confiance totale en Allâh car Il est le Créateur de toute chose, que ce soit des choses profitables ou des nuisances et de tout ce qui entre en existence. Il n’y a donc rien qui fasse parvenir la nuisance et qui fasse parvenir les choses profitables en réalité sinon Allâh. Par conséquent, si l’esclave croit en cela et s’il y résout son cœur, il aura placé sa confiance totale en Allâh, lui paraîtront alors plus faciles les sujets concernant la subsistance ou la sauvegarde des nuisances. Si l’esclave s’habitue à observer par le cœur que Allâh est le Créateur de toute chose lui paraîtront alors plus faciles les épreuves et il sera moins atteint par la peur face aux gens.

Il est recommandé de dire cette évocation (dhikr) :

« حسبيَ اللهُ ونعمَ الوكيل »

(Hasbiya l-Lâhou wa ni`ma l-wakîl)

qui signifie : « Allâh me suffit concernant ce qui me préoccupe et il n’y a pas mieux que Allâh à qui s’en remettre ».

Se surveiller pour Dieu

– Parmi les devoirs du cœur, il y a se surveiller pour Allâh. La signification de « se surveiller », c’est maintenir présente la crainte de Allâh ta`âlâ par le cœur en évitant ce qu’Il a interdit et (en évitant) l’insouciance qui mène à ne pas accomplir ce qu’Il a rendu obligatoire. C’est pour cela que dès que la personne accède à la responsabilité, il lui est un devoir de prendre la ferme résolution d’observer tout ce que Allâh a rendu obligatoire sur elle comme accomplissement des devoirs et comme abandon des interdits.

Se satisfaire de Dieu

– Parmi les devoirs du cœur, il y a se satisfaire de Allâh, c’est-à-dire de ne pas se révolter contre Allâh ni par la croyance ni par la parole, ni en son for intérieur ni en son apparence, au sujet de Sa destinée et de Sa prédestination. Ainsi on se satisfait de Allâh tabâraka wa Ta`âlâ concernant Sa prédestination du bien et du mal, de l’agréable et du désagréable, de la satisfaction et de la tristesse, du bien-être et de la douleur, tout en faisant la distinction entre les choses prédestinées ; ainsi ce qui est prédestiné et destiné fait partie soit de ce que Allâh agrée, soit de ce que Allâh n’agrée pas. Ce qui est destiné et que Allâh agrée, l’esclave de Allâh doit l’aimer ; ce qui est destiné et que Allâh Ta`âlâ n’agrée pas, comme les choses interdites, l’esclave doit les détester sans pour autant détester l’attribut de Prédestination de Allâh.

Les péchés font partie de l’ensemble des choses que Allâh Ta`âlâ prédestine et destine, il est donc un devoir pour l’esclave de les détester puisque Allâh Ta`âlâ ne les agrée pas et a interdit à Ses esclaves de les commettre.

Ainsi, il n’y a pas ici d’incompatibilité entre la foi en la prédestination de Allâh et le fait de détester certaines choses que Allâh prédestine. En effet, ce dont il est obligatoire de se satisfaire, c’est de la prédestination qui est un attribut de Allâh Ta`âlâ. Quant aux choses qu’il est un devoir de détester, ce sont les choses prédestinées qui sont interdites selon le jugement de la Loi. L’attribut de Prédestination ne peut être qualifié de mauvais, ainsi que tous les attributs de Allâh.

Glorifier les rites de la religion de l’Islam

Il est un devoir pour la personne responsable de glorifier les rites de la religion agréée par Allâh (l’Islam) c’est-à-dire ne pas manquer de considération envers eux.

Remercier Dieu

– Parmi les devoirs du cœur, il y a remercier Allâh pour Ses bienfaits, dans le sens de s’abstenir de les utiliser dans le péché.

Le remerciement est de deux sortes : un remerciement obligatoire et un remerciement recommandé.

Le remerciement qui est obligatoire : c’est l’acte incombant à l’esclave qui indique sa glorification du Bienfaiteur Qui lui a accordé un bienfait, à lui ou à quelqu’un d’autre, en délaissant la désobéissance à Allâh tabâraka wa ta`âlâ concernant ce bienfait. C’est cela le remerciement qui est obligatoire à l’esclave. Ainsi celui qui se préserve d’utiliser quoi que ce soit de son cœur, de ses organes et de ce que Allâh lui a accordé comme bienfaits dans la désobéissance à Allâh, c’est lui l’esclave châkir qui remercie. Si par la suite, il se maintient là-dessus, il est appelé esclave chakôur. Allâh Ta`âlâ dit :

« وَقَلِيلٌ مِنْ عِبَادِي الشَّكُور »

(wa qalîloun min `ibâdiya ch-chakôur)

ce qui signifie : « Peu de Mes esclaves sont chakôur ».

En effet, le nombre des esclaves chakôur (ceux qui se maintiennent dans le remerciement, dans la piété) est moins important que le nombre de ceux qui remercient Allâh – châkir – et dont le degré est en deçà du leur.

D’autre part, le remerciement qui est recommandé, c’est de faire la louange à Allâh ta`âlâ par la langue, indiquant qu’Il est Celui Qui a le mérite sur Ses esclaves par les grâces qu’Il leur accorde, des choses que nous ne pouvons dénombrer, sans que cela ne soit un devoir pour Lui d’accorder cela. Allâh Ta`âlâ dit [sôurat Ibrâhîm / 34] :

« وَإِن تَعُدُّواْ نِعْمَتَ اللّهِ لاَ تُحْصُوهَا »

ce qui signifie : « et si vous essayer de dénombrer les bienfaits de Allâh vous n’y arriverez pas ».

Le remerciement, dans la Loi, désigne également la bonne rétribution que fait l’esclave à celui qui lui a fait un acte de bienfaisance.

Le Messager de Allâh, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« من لم يشكر الناس لم يشكر الله »

ce qui signifie : « celui qui n’a pas remercié les gens, n’a pas remercié Allâh de manière complète ». Et le remerciement des gens a lieu en les rétribuant ou en leur faisant des invocations ou ce qui est du même genre. Comme de dire : Jazâka l-Lâhou `annî khayrâ.

Patienter en obéissant à Dieu

– Parmi les devoirs du cœur, il y a persévérer dans l’accomplissement de ce que Allâh a rendu obligatoire, patienter en se gardant de faire ce que Allâh ta`âlâ a interdit et endurer ce par quoi Allâh t’a éprouvé.

La patience, c’est contenir son âme et la contraindre à supporter ce qu’elle réprouve ou à se détacher de quelque chose qu’elle désire. Ainsi la patience qui est obligatoire pour la personne responsable consiste à persévérer dans l’accomplissement de ce que Allâh a rendu obligatoire comme actes d’obéissance, à patienter pour ne pas faire ce que Allâh a interdit c’est-à-dire éloigner son âme de ce que Allâh a interdit, et à endurer ce par quoi Allâh t’a éprouvé dans le sens de ne pas se révolter contre Allâh ni s’engager dans ce qu’Il a interdit à cause de l’épreuve. En effet beaucoup de créatures tombent dans les péchés pour avoir délaissé la patience face aux malheurs. Ces gens sont de différents degrés par rapport à cela. Il y en a parmi eux qui tombent dans l’apostasie à cause du malheur et il y en a qui tentent d’acquérir des biens de façon illicite, comme cela arrive à beaucoup de gens à cause de la pauvreté. Ils acquièrent des biens de façon interdite ou ils essayent d’accéder à la richesse par le mensonge ou ce qui est de cet ordre.

Détester le Diable

– Parmi les devoirs du cœur, il y a détester Satan car Allâh Ta`âlâ nous a fortement mis en garde dans Son Livre contre lui. Ainsi Allâh Ta`âlâ dit :

« فَاتَّخِذُوهُ عَدُوًّا »

(fattakhidhôuhou `adouwwâ)

ce qui signifie : « Prenez-le donc pour ennemi » [sôurat FâTir / 7] ; et dans de nombreuses autres ‘Ayah.

Le chayTân c’est le mécréant des jinn. Quant aux jinn croyants, ils sont comme les croyants chez les humains, il y a parmi eux des vertueux et parmi eux des grands pécheurs qui sont les plus nombreux. On emploie aussi le terme Ach-ChayTân en visant Iblîs qui est leur plus lointain ancêtre (Iblîs a été crée de feu, il n’a pas de père ni de mère, ni de frère ni de sœur).

Détester les péchés

– Parmi les devoirs du cœur, il y a détester les péchés du fait que Allâh tabAraka wa ta`âlâ a interdit aux personnes responsables de les commettre. Il est donc un devoir de détester les péchés et de les réprouver par le cœur, qu’ils proviennent de soi ou de quelqu’un d’autre.

Aimer Allâh et Son Messager

– Parmi les devoirs du cœur, il y a aimer Allâh, aimer Sa parole et aimer Son Messager MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam et tous ses frères prophètes, ceci en suivant les ordres de la religion et en évitant ses interdits ; Allâh ta`âlâ dit :

« قُلْ إِن كُنتُمْ تُحِبُّونَ اللّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللّه »

(qoul ‘in kountoum touHibbôuna l-Lâha fattabi`ôunî youHbibkoumou l-Lâh)

ce qui signifie : « Dis : si vous aimez Allâh, suivez-moi et Allâh vous agrée » [sôurat ‘Ali `Imrân / 31] ; c’est à dire que le signe d’aimer Allâh, c’est de suivre et d’appliquer la Loi de Son Prophète MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam.

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَمَا آتَاكُمُ الرَّ‌سُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانتَهُوا ۚ وَاتَّقُوا اللَّـهَ ۖ إِنَّ اللَّـهَ شَدِيدُ الْعِقَابِ ﴾

Ce qui signifie: « Ce que le prophète vous donne prenez le et ce qu’il vous interdit, évitez le » [sôurat al-Hachr ‘âyah 7]

Par ailleurs, Al-Boukhâriyy et Mouslim ont rapporté du Hadîth de ‘Anas que Allâh l’agrée, il a dit : un homme est venu au Prophète et lui a dit : « Ô Messager de Allâh , quand aura lieu le jour du jugement ? », le Prophète lui a dit ce qui signifie « Qu’est-ce que tu as préparé pour ce jour ? » l’homme a dit : « Ô Messager de Allâh , je n’ai pas préparé beaucoup de jeûne, ni beaucoup d’aumône , mais j’aime Allâh, et j’aime Son Messager . » Le Prophète lui a dit ce qui signifie : « Tu seras au Paradis ».

Et tout comme il est obligatoire d’aimer le Messager de Allah, Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam, il est obligatoire de le glorifier, de l’honorer et de le respecter en raison de la Parole de Allâh Ta`âlâ :

« وَتُعَزِّرُوهُ وَتُوَقِّرُوهُ »

 (Wa tou`azzirôuhou wa touwaqqirôuh)

Ce qui signifie : « et vous le glorifiez et vous le respectez » ; et la signification de at-ta`zîr est la glorification, selon l’unanimité des savants de l’interprétation.

Quant au sens d’aimer les compagnons c’est de les glorifier car ils ont donné la victoire à la religion de l’Islam, plus particulièrement les premiers prédécesseurs d’entre eux parmi les mouhâjirôun – Émigrants – et les ‘AnSâr – Partisans – (et la signification est que c’est un devoir de les aimer dans la globalité et cela ne veut pas dire que c’est un devoir d’aimer chaque individu parmi eux).

Quant à Al-‘âl, si l’on vise par eux tous ceux qui ont suivi le Prophète en étant pieux, il est un devoir de les aimer car ils sont agrées par Allâh tabâraka wa ta`âlâ en raison de leur fort attachement à Lui obéir d’une manière complète.

Et si on vise par le terme « Al-‘âl » les épouses du Prophète et ses proches parents croyants, l’obligation de les aimer vient de la grâce dont ils ont été spécifiés.

Il est d’autre part un devoir d’aimer l’ensemble des vertueux parmi les esclaves de Allâh (cela ne veut pas dire que c’est un devoir d’avoir présent dans le cœur l’amour de chacun d’eux quand il est mentionné mais il suffit d’aimer les vertueux de façon globale).

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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