50 Questions Réponses sur la Religion Musulmane Voie Sunnite

50 Questions Réponses sur la Religion Musulmane Voie Sunnite

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent. Et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître MouHammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier MouHammad.

Voici cinquante questions réponses pour éclaircir la voie sunnite de manière concise. La voie sunnite est la voie du Prophète MouHammad Salla lLâhou `alayhi wa sallam et des compagnons, c’est la voie suivies par la majeur partie des gens qui se réclament de l’Islam. Les quatre écoles et les gens de la vérité ne divergent pas sur cette voie.

Question 1 : Quelle est la part de la science de la religion qu’il est une obligation personnelle d’apprendre ?

Réponse : Il est un devoir pour toute personne responsable d’apprendre une part de la science de la religion dont on ne peut se passer : la croyance, la purification, la prière, la zakât pour celui pour qui elle est obligatoire, le pèlerinage pour celui qui en est capable et les péchés du cœur, de la main, des yeux et autres. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ قُلْ هَلْ يَسْتَوِي الَّذِينَ يَعْلَمُونَ وَالَّذِينَ لاَ يَعْلَمُونَ ﴾

(qoul hal yastawî l-ladhîna ya`lamôuna wa l-ladhîna lâ ya`lamôun)

ce qui signifie : « Dis : Sont-ils équivalents ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? » [sôurat Az-Zoumar / 9].

Il y a le Hadîth :

« طَلَبُ العِلْمِ فَرِيضَةٌ عَلَى كُلِّ مُسْلمٍ »

(Talabou l-`ilmi farîDatoun `alâ koulli mouslim)

qui signifie : « Quérir la science de la religion est une obligation pour tout musulman » [rapporté par Al-Bayhaqiyy].

Question 2 : Quelle est la sagesse dans la création des jinn et des humains ?

Réponse : Allâh les a créés pour leur ordonner de L’adorer, mais Dieu n’a pas besoin de leur adoration, Il n’a besoin de rien et toutes les créatures ont besoin de Dieu (voir: La Croyance en Dieu). Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَمَا خَلَقْتُ الجِنَّ والإِنسَ إِلاَّ لِيَعْبُدُون ﴾

(wa mâ khalaqtou l-jinna wa l-‘insa ‘il-lâ li­ya`boudôun)

ce qui signifie : « Je n’ai créé les jinn et les humains que pour leur ordonner de M’adorer » [sôurat Adh-Dhâriyât / 56].

Et il y a le Hadîth :

« حقُّ اللهِ عَلَى العِبَادِ أَنْ يَعْبُدُوهُ ولاَ يُشْرِكُوا بِهِ شَيئًا »

(Haqqou l-Lâhi `ala l-`ibâdi ‘an ya`boudôuhou wa lâ youchrikôu bihi chay’â)

ce qui signifie : « Les esclaves ont pour devoir d’adorer Allâh sans rien Lui associer » [rapporté par les deux chouyoukh ; les deux chouyoukh sont Al-Boukhâriyy et Mouslim].

Question 3 : Qu’est-ce qui fait que l’adoration est valable ?

Réponse : L’adoration de Allâh est valable de la part de quelqu’un qui croit en l’existence de Allâh sans L’assimiler à quoi que ce soit de Sa création. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ ﴾

(layça kamithlihi chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sôurat Ach-Chôurâ / 11].

Il y a le Hadîth :

« لاَ فِكْرَةَ فِي الرَّبّ »

(lâ fikrata fi r-Rabb)

ce qui signifie : « On n’imagine pas le Créateur ». [rapporté par Abôu l-Qaçim Al-‘AnSâriyy]. Par ailleurs, Al-Ghazâliyy a dit ce qui signifie : « L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui est adoré ».

Question 4 : Pour quelle raison Allâh a-t-Il envoyé les messagers ?

Réponse : Allâh a envoyé les messagers pour qu’ils enseignent aux gens ce qui leur est utile pour leur religion et pour leur bas monde et pour appeler les gens à adorer Allâh sans rien Lui associer. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ فَبَعَثَ اللهُ النَبِيِّـينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِين ﴾

(faba`atha l-Lâhou n-Nabiyyîna moubach-chirîna wa moundhirîn)

ce qui signifie : « Allâh a envoyé les prophètes annonciateurs de bonnes nouvelles et avertisseurs » [sôurat Al-Baqarah / 213].

Il y a le Hadîth :

« أَفْضَلُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِن قَبْلِي لاَ إِلَـهَ إِلاَّ الله »

(‘afDalou mâ qoultou ‘ana wa n-Nabîyyôuna min qablî lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâh)

ce qui signifie : « La meilleure parole que j’ai dite, moi et les prophètes qui m’ont précédé, c’est : (lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâh) Il n’est de dieu que Allâh » [rapporté par Al-Boukhâriyy] .

Question 5 : Quelle est la signification du tawHîd ?

Réponse : Le tawHîd c’est de faire l’absolue distinction entre Celui Qui n’a pas de début (Allâh) et ce qui est entré en existence (les créatures), comme l’a dit l’Imâm Al-Jounayd. Al-Qadîm, c’est Celui Qui n’a pas de début à Son existence et al-mouHdath, c’est ce qui est entré en existence, ce qui est créé. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ ﴾

(layça kamithlihi chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sôurat Ach-Chôurâ / 11].

Il y a le Hadîth :

« كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىءٌ غَيْرُهُ »

(kâna l-Lâhou wa lam yakoun chay’oun ghayrouh)

ce qui signifie : « Allâh est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité » [rapporté par Al-Boukhâriyy et d’autres].

Question 6 : Parle de l’existence de Allâh.

Réponse : Allâh existe, il n’y a aucun doute au sujet de Son existence. Il existe sans comment et sans endroit. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ أَفِي اللهِ شَكٌّ ﴾

(‘afi l-Lâhi chakk)

ce qui signifie : « Il n’y a pas de doute au sujet de Allâh » [sôurat Ibrâhîm / 10].

Il y a le Hadîth rapporté par Mouslim :

« اللَّهُمَّ أَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَىءٌ وَأَنْتَ البَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَىءٌ »

(Allâhoumma ‘anta DH-Dhahirou falayça fawqaka chay’ wa ‘anta l-BâTinou falayça dôunaka chay’)

ce qui signifie : « Ô Allâh, Tu es ADH-Dhahir, rien n’est donc au-dessus de Toi, et Tu es Al-BâTin, rien n’est donc au-dessous de Toi ». Cela signifie que Allâh existe sans endroit. Al-HâfiDH Al-Bayhaqiyy a dit : « Celui Qui n’a rien au-dessus de Lui et rien en dessous de Lui n’est donc pas dans un endroit ».

Question 7 : Quelle est la signification de la parole de Allâh ?

﴿ وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَمَا كُنْتُمْ ﴾

(wa houwa ma`akoum ‘aynamâ kountoum)

Réponse : Elle signifie que Allâh englobe tout par Sa science. C’est ce qu’ont dit Soufyân Ath-Thawriyy, Ach-Châfi`iyy, AHmad, Mâlik et d’autres. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَأَنَّ اللهَ قَدْ أَحَاطَ بِكُلِّ شَىءٍ عِلْمَا ﴾

(wa ‘anna l-Lâha qad ‘aHâTa bikoulli chay’in `ilmâ)

ce qui signifie : « Allâh englobe toute chose par Sa science » [sôurat AT-Talâq / 12].

Il y a le Hadîth :

« اِرْبَعُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ فَإِنَّكُمْ لاَ تَدْعُونَ أَصَمَّ وَلاَ غَائِبًا وَإِنَّمَا تَدْعُونَ سَمِيعًا قَرِيبًا »

(‘irba`ôu `alâ ‘anfouçikoum fa’innakoum lâ tad`ôuna ‘aSamma wa lâ ghâ’ibâ wa ‘innamâ tad`ôuna samî`an qarîbâ)

ce qui signifie : « Ne vous efforcez pas d’élever la voix dans vos invocations, Celui Que vous invoquez n’est ni sourd ni ignorant ; Celui Que vous invoquez entend et sait tout » [rapporté par Al-Boukhâriyy]. C’est-à-dire que rien n’échappe à la science de Allâh.

Question 8 : Quel est le plus grave des péchés ?

Réponse : Le plus grave des péchés est la mécréance. Parmi les différentes sortes de mécréance, il y a l’association (chirk). L’association consiste à vouer son adoration à autre que Allâh. Allâh ta`âlâ dit dans une ‘Ayah dans laquelle la parole est attribuée à Louqmân :

﴿ يَا بُنَيَّ لاَ تُشْرِكْ بِاللهِ إِنَّ الشِرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ ﴾

(yâ bounayyâ lâ touchrik bi l-Lâhi ‘inna ch-chirka laDHoulmoun `aDHîm)

ce qui signifie : « [Louqmân dit :] Ô mon fils, n’attribue pas des associés à Allâh car le fait d’attribuer des associés à Allâh est une grave injustice » [sôurat Louqmân / 13].

Il y a le Hadîth :

« سُئِلَ النَبِيُّ عَلَيْهِ السَلاَمُ أَيُّ الذُّنُوبِ أَعْظَم. قَالَ : أَن تَجْعَلَ للهِ نِدًّا وَهُوَ خَلَقَكَ »

(sou’ila n-nabiyyou `alayhi s-salâm : ‘ayyou dh-dhounôubi ‘a`DHam ; qâla : ‘an taj`ala li l-Lâhi niddan wa houwa khalaqaka)

ce qui signifie : « Le Prophète MouHammad a été interrogé au sujet du plus grave des péchés, il a dit : C’est que tu attribues à Allâh un semblable alors que c’est Lui Qui t’a créé » [rapporté par Al-Boukhâriyy].

Question 9 : Que signifie l’adoration ?

Réponse : L’adoration, c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission comme l’a dit As-Soubkiyy. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ لاَ إِلَـهَ إِلاَّ أَنَا فَاعْبُدُون ﴾

(lâ ‘ilâha ‘il-la ‘anâ fa`boudôun)

ce qui signifie : « Il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi » [sôurat Al-‘Anbiyâ’ / 25].

Il y a le Hadîth :

« حَقُّ اللهِ عَلَى العِبَادِ أَنْ يَعْبُدُوهُ وَلاَ يُشْرِكُوا بِهِ شَيئًا »

(Haqqou l-Lâhi `ala l-`ibâdi ‘an ya`boudôuhou wa lâ youchrikôu bihi chay’â)

ce qui signifie : « Les esclaves ont pour devoir d’adorer Allâh sans rien Lui associer » [rapporté par les deux chouyoukh ; les deux chouyoukh sont Al-Boukhâriyy et Mouslim].

Question 10 : Est-ce que le mot dou`â’ peut avoir le sens de l’adoration ?

Réponse : Oui, Allâh ta`âlâ dit :

﴿ قُلْ إِنَّمَا أَدْعُواْ رَبِّي وَلاَ أُشْرِكُ بِهِ أَحَدًا ﴾

(qoul ‘innamâ ‘ad`ôu Rabbî wa lâ ‘ouchrikou bihi ‘aHadâ)

ce qui signifie : « Dis : je n’adore que mon Seigneur et je ne Lui associe rien » [sôurat Al-Jinn / 20]. Il y a également la parole de Allâh :

﴿ فَلاَ تَدْعُوا مَعَ اللهِ أَحَدًا ﴾

(fa lâ tad`ôu ma`a l-Lâhi ‘aHadâ)

ce qui signifie : « N’adorez rien avec Allâh » [sôurat Al-Jinn / 18].

Et il y a le Hadîth :

« الدُعَاءُ هُوَ العِبَادَة »

(‘ad-dou`â’ou houwa l-`ibâdah)

ce qui signifie : « Le dou`â’, c’est l’adoration » [rapporté par Ibnou Hibbân].

Question 11 : Est-ce que le mot dou`â’ peut avoir un autre sens que l’adoration ?

Réponse : Oui, Allâh ta`âlâ dit :

﴿ لَّا تَجْعَلُوا دُعَاءَ الرَّ‌سُولِ بَيْنَكُمْ كَدُعَاءِ بَعْضِكُم بَعْضًا ﴾

(lâ taj`alôu dou`â’a r-raçôuli baynakoum kadou`â’i ba`Dikoum ba`Dâ)

ce qui signifie : « Ne faites pas en sorte d’interpeller le Messager comme vous vous interpellez les uns les autres » [sôurat An-Nôur / 63]

Question 12 : Quel est le jugement de celui qui évoque le nom d’un prophète ou d’un saint en leur absence ? Et quel est le jugement du fait de demander au saint et au prophète quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander ?

Réponse : Ceci est permis car le simple fait d’appeler ou de demander une chose inhabituelle ne constitue pas une adoration pour autre que Allâh. Le simple fait de dire : « Ô Jilâniyy » n’est pas une association à Allâh. En effet, il a été confirmé que Bilâl Ibnou l-Hârith Al-Mouzaniyy était venu auprès de la tombe du Messager durant l’année de la sécheresse (ar-ramâdah) au temps du califat de `Oumar et qu’il avait dit : « Ô Messager de Allâh, demande la pluie pour ta communauté, ils risquent de périr ». Ceci a été rapporté par Al-Bayhaqiyy et d’autres. `Oumar ne l’a pas reproché à Bilâl Ibnou l-Hârith Al-Mouzaniyy ni personne d’autre que `Oumar, tous l’ont au contraire approuvé. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَلَوْ أَنَّهُمْ إِذْ ظَلَمُوا أَنْفُسَهُمْ جَاءُوكَ فَاسْتَغْفَرُوا اللهَ وَاسْتَغْفَرَ لَهُمُ الرَسُولُ لَوَجَدُوا اللهَ تَوَّابًا رَحِيمًا ﴾

(wa law ‘annahoum ‘idh DHalamôu ‘anfouçahoum jâ’ôuka fastaghfarou l-Lâha wa-staghfara lahoumou r-raçôulou lawajadou l-Lâha tawwâban raHîmâ)

ce qui signifie : « Si, ayant été injustes envers eux-mêmes, ils venaient auprès de toi pour demander le pardon à Allâh, et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils verraient que Allâh est Celui Qui accepte le repentir et Qui fait miséricorde » [sôurat An-Niçâ’ / 64].

Dans le Hadîth, il y a la parole de Ibnou `Oumar lorsqu’il a dit :

« يَا مُحَمَّد »

(yâ MouHammad)

ce qui signifie : « Ô MouHammad » lorsque sa jambe s’était presque paralysée. Ceci est rapporté par Al-Boukhâriyy dans son livre Al-‘Adabou l-Moufrad.

Question 13 : Explique la signification de al-istighâthah et de al-isti`ânah avec les preuves.

Réponse : Al-istighâthah, c’est l’appel au secours en cas de difficulté et al-isti`ânah, c’est la demande d’aide mais dans un sens plus général et plus global. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَاسْتَعِينُوا بِالصَّبْرِ وَالصَّلاَة ﴾

(wa-sta`înôu bi S-Sabri wa S-Salâh)

ce qui signifie : « Recherchez l’aide par la patience et la prière » [sôurat Al-Baqarah / 45].

Dans le Hadîth, le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« تَدْنُو الشَّمْسُ مِن رُؤُوسِ النَّاسِ يَوْمَ القِيَامَةِ فَبَيْنَمَا هُمْ كَذَلِكَ إِذِ اسْتَغَاثُوا بِآدَم »

(tadnôu ch-chamsou min rou’ôusi n-nâci yawma l-qiyâmati fabaynamâ houm kadhâlika ‘idh-istaghâthôu bi’Adam)

ce qui signifie : « Le soleil se rapprochera de la tête des gens au jour du Jugement. Tandis qu’ils seront ainsi, ils appelleront ‘Adam au secours » [rapporté par Al-Boukhâriyy]. Il y a en cela une preuve que al-isti`ânah la demande d’aide à autre que Allâh est une chose permise pourvu qu’on ait la croyance que nul ne fait parvenir la nuisance ou le profit en réalité si ce n’est Allâh.

Question 14 : Parle du tawassoul par les prophètes.

Réponse : Il est permis de faire le tawassoul par les prophètes selon l’Unanimité. Le tawassoul, c’est demander l’obtention d’un profit ou l’évitement d’une nuisance en évoquant le nom d’un prophète ou d’un saint par honneur envers celui par qui on fait le tawassoul, tout en croyant que c’est Allâh Qui crée le profit et la nuisance. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَابْتَغُوا إِلَيْهِ الوَسِيلَة ﴾

(wabtaghôu ‘ilayhi l-wacîlah)

ce qui signifie : « Recherchez les causes pour l’agrément de Allâh » [sôurat Al-MA’idah / 35].

Il y a le Hadîth dans lequel le Messager a enseigné à l’homme aveugle de faire le tawassoul, d’invoquer Allâh par le degré du Prophète. L’aveugle l’ayant fait, Allâh a rendu la vue à cet aveugle. Ceci a été rapporté par AT-TabarAniyy qui a jugé ce Hadîth sûr.

Question 15 : Parle du tawassoul par les saints.

Réponse : Il est permis de faire le tawassoul par les saints et on ne connaît personne qui ait contredit à ce sujet parmi les gens de la vérité, que ce soit parmi les gens du Salaf ou du Khalaf.

Il y a le Hadîth dans lequel Al-Boukhâriyy a rapporté que `Oumar a fait le tawassoul par Al-`Abbâs en disant :

اللَّهُمَّ إِنَّا نَتَوَسَّلُ إِلَيْكَ بِعَمِّ نَبِيِّكَ فَاسْقِنَا قَالَ فَيُسْقَوْن

(Allâhoumma innâ natawassalou ‘ilayka bi­`ammi nabiyyika fa-sqinâ qâla fayousqawn)

ce qui signifie : « Ô Allâh nous T’adressons notre tawassoul par le rang de l’oncle de Ton prophète. Donne-nous la pluie ». Il a dit : « C’est ainsi qu’ils ont eu la pluie ».

Question 16 : Explique le sens du Hadîth de la femme esclave (al-jâriyah).

Réponse : An-Nawawiyy dans son commentaire du Hadîth a dit : « La parole (‘ayna l-Lâh) est une interrogation au sujet du mérite (al-makânah) et non au sujet de l’endroit (al-makân) ». Elle signifie : Quelle glorification accordes-tu dans ton cœur pour Allâh ? Et lorsqu’elle a répondu : (Fi s-samâ’), cela veut dire qu’Il a un très grand mérite, c’est-à-dire que Allâh mérite une très grande vénération. Il n’est pas permis de croire que le Messager a interrogé cette femme esclave au sujet de l’endroit. Il n’est pas permis non plus de croire que cette femme esclave a voulu dire qu’Il habite le ciel. L’imâm `Aliyy a dit :

لاَ يُقَالُ أَيْنَ لِمَنْ أَيَّنَ الأَيْنَ

(lâ youqâlou ‘ayna liman ‘ayyana l-‘ayn)

ce qui signifie : « On ne dit pas où pour Celui Qui a créé les où (endroits) » [rapporté par Al-Qouchayriyy dans son livre Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah].

D’autre part, Abôu Hanîfah a dit dans le livre Al-Fiqhou l-‘AbsaT : « Il existe de toute éternité alors qu’Il n’y a pas d’endroit de toute éternité, Il existe alors que de toute éternité, il n’y a ni où ni créatures et Il est Celui Qui est le Créateur de toute chose ». Allâh ta`âlâ dit :

﴿ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ ﴾

(layça kamithlihi chay’)

ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sôurat Ach-Chôurâ / 11] .

Il y a aussi le Hadîth rapporté par Al-Boukhâriyy :

« كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىءٌ غَيْرُهُ »

(kâna l-Lâhou wa lam yakoun chay’oun ghayrouh)

ce qui signifie : « Allâh est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ».

Question 17 : Le jugement de celui qui insulte Allâh c’est qu’il est mécréant. Montre cela avec les preuves.

Réponse : Le QâDî `IyâD a rapporté l’Unanimité que celui qui insulte Allâh est jugé mécréant même s’il était en colère, même s’il plaisantait, même s’il n’acceptait pas la mécréance dans son cœur. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَلَئِن سَأَلْتَهُمْ لَيَقُولُنَّ إِنَّمَا كُنَّا نَخُوضُ وَنَلْعَبْ قُلْ أَبِاللهِ وَءَايَاتِهِ وَرَسُولِهِ كُنْتُمْ تَسْتَهْزِءُونَ لاَ تَعْتَذِرُوا قَدْ كَفَرْتُمْ بَعْدَ إِيـمَانِكُمْ ﴾

(wala’in sa’altahoum layaqôulounna ‘innamâ kounnâ nakhoudou wa nal`ab qoul ‘abi l-Lâhi wa ‘âyâtihi wa raçôulihi kountoum tastahzi’ôun lâ ta`tadhirôu qad kafartoum ba`da ‘îmânikoum)

ce qui signifie : « Si tu leur avais posé la question, ils auraient répondu : « Nous ne faisions que discuter et jouer ». Dis : Est-ce de Allâh, de Ses ‘âyah, de Son messager que vous vous moquiez ? Ne vous excusez pas, vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants » [sôurat At-Tawbah / 65-66].

Il y a le Hadîth :

«إِنَّ العَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالكَلِمَةِ لاَ يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا»

(‘inna l-`abda layatakallamou bi l-kalimati, lâ yarâ bihâ ba’san, yahwî bihâ fi n-nâri sab`îna kharîfâ)

ce qui signifie : « Certes il arrive à l’esclave de Allâh de prononcer un mot dans lequel il ne voit aucun mal et à cause duquel il chutera en enfer d’une distance de soixante-dix automnes » [rapporté par At-Tirmîdhiyy].

Question 18 : Quelle est la preuve qu’il est permis de visiter les tombes aussi bien pour les hommes que pour les femmes ?

Réponse : C’est le Hadîth :

« زُورُوا القُبُورَ فَإِنَّهَا تُذَكِّرُكُمْ بِالآخِرَة »

(zourôu l-qoubôura fa’innahâ toudhakkiroukoum bi l-‘âkhirah)

ce qui signifie : « Visitez les tombes, car elles vous rappellent l’au-delà » [rapporté par Al-Bayhaqiyy].

Question 19 : Comment se fait l’entrée en Islam ?

Réponse : Par la prononciation des deux témoignages avec l’intention d’entrer en Islam et non pas par la parole (‘astaghfirou l-Lâh) « Je demande que Allâh me pardonne ». Quant à la parole de Allâh ta`âlâ :

﴿ فَقُلْتُ اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ﴾

(faqoultou-staghfirôu rabbakoum)

[sôurat NôuH / 10], elle signifie que NôuH a demandé à son peuple d’entrer en Islam en croyant en Allâh et en Son prophète NôuH afin que Allâh leur pardonne.

Il y a aussi le Hadîth :

« أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَشْهَدُوا أَن لاَ إِلَـهَ إِلاَّ اللهُ وَأَنِّي رَسُولُ اللهِ »

( …Hattâ yach-hadôu ‘an lâ ‘ilâha ‘il-la l-Lâhou wa ‘anni raçôulou l-Lâh)

ce qui signifie : « … jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est de dieu que Allâh et que je suis l’Envoyé de Allâh » [rapporté par Al-Boukhâriyy et Mouslim].

Question 20 : Montre le jugement du fait de faire l’éloge du Messager de Allâh.

Réponse : C’est permis selon l’Unanimité. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَإِنَّكَ لَعَلَى خُلُقٍ عَظِيم ﴾

(wa’innaka la`alâ khoulouqin `aDHîm)

ce qui signifie : « Tu as certes un comportement d’excellence » [sôurat Al-Qalam / 4].

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَعَزَّرُوهُ وَنَصَرُوهُ ﴾

(wa `azzarôuhou wa naSarôuh)

ce qui signifie : « Ceux qui ont fait son éloge, l’ont glorifié et l’ont appuyé pour lui donner la victoire ce sont eux les gagnants » [sôurat Al-‘A`râf / 157].

Il y a le Hadîth selon lequel certaines femmes ont fait l’éloge du Prophète en disant devant lui :

يَا حَبَّذَا مُحَمَّدٌ مِن جَار

(yâ Habbadhâ MouHammadoun min jâr)

ce qui signifie : « Ah quel bon voisin que MouHammad » [rapporté par AT-Tabarâniyy]. Il a été confirmé aussi que plus d’un compagnon du Prophète faisait son éloge, comme les éloges du poète Hassân Ibnou Thâbit et d’autres. Non seulement le Messager ne l’a pas renié mais il l’a au contraire approuvé.

Question 21 : Parle du supplice de la tombe.

Réponse : Il est un devoir de croire au supplice de la tombe qui est confirmé selon l’Unanimité, celui qui le renie devient mécréant. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ النَّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوًّا وَعَشِيًّا وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ أَدْخِلُوا ءَالَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ العَذَابِ ﴾

(an-nârou you`raDôuna `alayhâ ghoudouwwan wa `achiyyâ wa yawma taqôumou s-sâ`atou ‘adkhilôu ‘âla fir`awna ‘achadda l-`adhâb)

ce qui signifie : « Au feu ils sont exposés en début et en fin de journée mais au Jour du Jugement, faites entrer Pharaon et ceux qui l’ont suivi sur la mécréance dans le pire des châtiments » [sôurat Ghâfir / 46].

Il y a aussi le Hadîth :

« اِسْتَعِيذُوا بِاللهِ مِنْ عَذَابِ القَبْرِ »

(‘ista`Idhôu bi l-Lâhi min `adhâbi l-qabr)

ce qui signifie : « Demandez la protection par Allâh contre le supplice de la tombe » [rapporté Al-Boukhâriyy].

Question 22 : Quelle est la première des créatures ?

Réponse : La première des créatures, c’est l’eau. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَجَعَلْنَا مِنَ المَاءِ كُلَّ شَىءٍ حَيّ ﴾

(wa ja`alnâ mina l-mâ’i koulla chay’in Hayy)

ce qui signifie : « Nous avons fait à partir de l’eau toute créature vivante » [sôurat Al-‘Anbiyâ’ / 30].

Il y a aussi le Hadîth :

« كُلُّ شَىءٍ خُلِقَ مِنَ المَاءِ »

(koullou chay’in khouliqa mina l-mâ’)

ce qui signifie : « Toute chose a été créée à partir de l’eau » [rapporté par Ibnou Hibbân].

Question 23 : Parle des différentes sortes d’innovation et donne la preuve qu’il y a bien une bonne innovation.

Réponse : Al-bid`ah « l’innovation » selon la langue c’est tout ce qui a été innové sans avoir été précédé par quelque chose de semblable. Du point de vue de la Loi, al-bid`ah « l’innovation » se classe en innovation de bonne guidée (bid`atou houdâ) et en innovation d’égarement (bid`atou Dalâlah). Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَرَهْبَانِيَّةً اِبْتَدَعُوهَا مَا كَتَبْنَاهَا عَلَيْهِمْ إِلاَّ ابْتِغَاءَ رِضْوَانِ اللهِ ﴾

(wa rahbâniyyatani-btada`ôuhâ mâ katab­nâhâ `alayhim ‘il-la-btighâ’a riDwâni l-Lâh)

ce qui signifie : « Un monachisme qu’ils ont innové sans que Nous leur ayons prescrit, ils ne l’ont fait que par recherche de l’agrément de Allâh » [sôurat Al-Hadîd / 27]. Allâh a donc fait l’éloge des gens qui ont suivi `Içâ et qui étaient musulmans, parce qu’ils s’étaient abstenus des désirs, chose qui ne leur avait pas été rendue obligatoire, et ce par recherche de l’agrément de Allâh.

Il y a aussi le Hadîth :

« مَنْ سَنَّ فِي الإِسْلاَمِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا وَأَجْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِن بَعْدِهِ »

(man sanna fi l-‘islâmi sounnatan Haçanah falahou ‘ajrouhâ wa ‘ajrou man `amila bihâ min ba`dih)

ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne sounnah aura une récompense et une récompense chaque fois que quelqu’un après lui fera cet acte » [rapporté par Mouslim]. Les compagnons et ceux qui sont venus après eux ont innové de nombreuses bonnes choses dans la religion, des choses que la communauté a accueillies avec approbation.

Question 24 : Parle de la pratique de la magie.

Réponse : Pratiquer la magie est interdit. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَمَا كَفَرَ سُلَيْمَانُ وَلَكِنَّ الشَّيَاطِينَ كَفَرُوا يُعَلِّمُونَ النَاسَ السِّحْرَ ﴾

(wa mâ kafara Soulaymânou wa lakinna ch-chayâTîna kafarôu ; you`allimôuna n-nâça s-siHra)

ce qui signifie : « Soulaymân n’a jamais été mécréant, ce sont les chayTân qui ont mécru, ils enseignaient aux gens la magie » [sôurat Al-Baqarah / 102].

La preuve du Hadîth, c’est ce qu’a rapporté Mouslim :

« اِجْتَنِبُوا السَّبْعَ المُوبِقَاتِ »

(‘ijtanibou s-sab`a l-môubiqât)

ce qui signifie : « Évitez les sept péchés qui mènent à la perte ». On demanda alors : « Mais quels sont donc ces péchés, ô Messager de Allâh. » Il a répondu :

« الشِّرْكُ بِاللهِ وَالسِّحْرُ – – – »

(ach-chirkou bi l-Lâhi wa s-siHr …)

ce qui signifie : « Attribuer des associés à Allâh, la magie, – – – » jusqu’à la fin du Hadîth.

Question 25 : Quelle est la preuve que celui qui jette une feuille sur laquelle il y a le nom de Allâh dans les ordures devient mécréant ?

Réponse : Il n’est pas permis de jeter une feuille sur laquelle il y a le nom de Allâh dans les ordures. Celui qui le fait devient mécréant. Allâh dit :

﴿قُلْ أَبِاللهِ وَءَايَاتِهِ وَرَسُولِهِ كُنْتُمْ تَسْتَهْزِءُونَ لاَ تَعْتَذِرُوا قَدْ كَفَرْتُمْ بَعْدَ إِيـمَانِكُمْ﴾

(qoul ‘abi l-Lâhi wa ‘âyâtihi wa raçôulihi kountoum tastahzi’ôun ; lâ ta`tadhirôu qad kafartoum ba`da ‘îmânikoum)

ce qui signifie : « Est-ce de Allâh, de Ses ‘âyah ou de Ses messagers que vous vous moquiez ? Ne vous excusez pas, vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants » [sôurat At-Tawbah / 65-66] et Ibnou `Abidîn a dit : « Devient mécréant celui qui jette le MouS-Haf « le livre du Qour’ân » dans les ordures même s’il ne visait pas le rabaissement. En effet son acte indique un rabaissement ».

Question 26 : Quel est le jugement de an-nadhr, le vœu ?

Réponse : Il est permis de faire le vœu d’accomplir quelque chose agréée par Allâh. Il est alors un devoir de tenir ce vœu. En revanche, il n’est pas permis de faire le vœu de faire ce qui est interdit et ce n’est pas un devoir de tenir un tel vœu. Allâh ta`âlâ dit :

﴿يُوفُونَ بِالنَّذْرِ﴾

(yôufôuna bi n-nadhr)

ce qui signifie : « Ils tiennent les vœux » [sôurat Al-‘ Inçân / 7].

Il y a aussi le Hadîth :

« مَن نَذَرَ أَن يُطيعَ اللهَ فَلْيُطِعْهُ ، وَمَن نَذَرَ أَن يَعْصِيَهُ فَلاَ يَعْصِهِ »

(man nadhara ‘an youTî`a l-Lâha fa l-youTî`­hou wa man nadhara ‘an ya`Siyahou falâ ya`Sih)

qui signifie : « Celui qui fait le vœu d’accomplir un acte d’obéissance à Allâh, qu’il Lui obéisse. Celui qui fait le vœu d’accomplir un acte de désobéissance à Allâh, qu’il ne Lui désobéisse pas » [rapporté par Al-Boukhâriyy].

Question 27 : Quelle est la preuve que la voix de la femme n’est pas une `awrah « quelque chose d’intime » et que ce n’est pas quelque chose qu’elle doit dissimuler ?

Réponse : Allâh dit :

﴿ وَقُلْنَ قَوْلاً مَعِرُوفًا ﴾

(wa qoulna qawlan ma`rôufâ)

ce qui signifie : « vous femmes dites des paroles de bien » [sôurat Al-‘Ahzab / 32].

Il y a le Hadîth :

« قَالَ الأَحْنَفُ بْنُ قَيْس سَمِعْتُ الحَدِيثَ مِن فِي أَبِي بَكِرٍ وَعُمَرَ وَعُثْمَانَ وَعَلِيٍّ فَمَا سَمِعْتُهُ كَمَا سَمِعْتُهُ مِن فِي عَائِشَة »

(qâla l-‘aHnafou bnou Qays sami`tou l-Hadîtha min fî ‘Abî Bakrin wa `Oumara wa `Outhmâna wa `Aliyy ; famâ sami`touhou kamâ sami`touhou min fî `A’ichah)

ce qui signifie : « Al-‘AHnaf Ibnou Qays a dit : « J’ai pu entendre le Hadîth de la bouche de Abôu Bakr, de celle de `Oumar, de `Outhmân et de `Aliyy mais je ne l’ai pas entendu comme je l’ai entendu de la bouche de `A’ichah » » [rapporté par Al-Hâkim dans Al-Moustadrak].

Question 28 : Parle de l’attribut de Allâh ta`âlâ, la parole.

Réponse : Allâh parle mais pas comme nous parlons. Sa parole n’est pas de lettres ni une voix ni une langue. Allâh dit :

﴿ وَكَلَّمَ اللهُ مُوسَى تَكْلِيمًا ﴾

(wa kallama l-Lâhou Môuçâ taklîmâ)

ce qui signifie : « Allâh a parlé à Môuçâ assurément » [sôurat An-Niçâ’ / 164].

L’Imâm Abôu Hanîfah a dit :

وَالله يَتَكَلَّمُ بِكَلاَمٍ لاَ يُشْبِهُ كَلاَمَنَا نَحْنُ نَتَكَلَّمُ بِالآلاَتِ مِنَ المخَارِجِ وَالحُرُوفِ وَالله مُتَكَلِّمٌ بِلاَ آلَةٍ وَلاَ حَرْفٍ

ce qui signifie : « Dieu parle d’une parole qui n’est pas comme la nôtre, nous parlons par le moyen d’organes à partir de points de prononciation et de lettres mais Dieu parle sans organe ni lettre ». Ceci figure dans son livre Al-Fiqhou l-‘AbsaT.

Question 29 : Que signifie la parole de Allâh ta`âlâ :

﴿ الرَّحْمـٰنُ عَلَى العَرْشِ اسْتَوَى ﴾

(Ar-RaHmânou `ala l-`archi stawâ)

Réponse : L’Imam MAlik a dit : (‘istawâ kamâ waSafa nafsah wa lâ youqâlou `anhou kayf wa kayf `anhou marfou` ) « ‘istawâ comme Allâh nous l’a appris mais on ne dit pas comment, car demander comment est exclu à Son sujet ». Le comment fait partie des attributs des créatures. Parmi les attributs des créatures il y a la position assise, l’établissement et l’endroit. Al-Qouchayriyy a dit : « ‘Istawâ signifie que Allâh préserve, domine et qu’Il maintient en existence ». Il n’est pas permis de croire que Allâh est assis au-dessus du Trône car il s’agit de la croyance des mécréants des fils de ‘Isrâ’îl et il y a en cela un démenti de Sa parole ta`âlâ :

﴿ فَلاَ تَضْرِبُوا للهِ الأَمْثَال ﴾

(falâ taDribôu li l-Lâhi l-‘amthâl)

ce qui signifie : « N’attribuez pas des équivalents à Allâh » [sôurat An-NaHl / 74].

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَبَرَزُوا للهِ الوَاحِدِ القَهَّار ﴾

(wa barazou li l-Lâhi l-WâHidi l-Qahhâr)

ce qui signifie : « – – – Allâh l’Unique, Celui Qui domine par Sa toute-puissance » [sôurat ‘Ibrâhîm / 48].

Il y a le Hadîth selon lequel l’Imâm `Aliyy a dit :

إِنَّ اللهَ خَلَقَ العَرْشَ إِظْهَارًا لِقُدْرَتِهِ وَلَمْ يَتَّخِذْهُ مَكَانًا لِذَاتِهِ

ce qui signifie : « Allâh a créé le Trône comme manifestation de Sa toute-puissance et Il ne l’a pas pris comme endroit pour Lui-même » [rapporté par Abôu ManSôur Al-Baghdâdiyy].

Question 30 : Parle de la destinée.

Réponse : Toute chose qui a lieu dans ce bas monde, que ce soit du bien ou du mal, que ce soit un acte d’obéissance ou de désobéissance, que ce soit une foi ou une mécréance, a lieu conformément à la prédestination de Allâh, à Sa volonté et à Sa science. Le bien, la foi et l’obéissance sont par Sa prédestination, par Son agrément – Sa volonté de récompenser -. Quant au mal, à la désobéissance et à la mécréance, ils ont lieu par la prédestination de Allâh et non par Son agrément. On ne qualifie pas Son attribut « la prédestination de Allâh  » par le fait d’être mauvais. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ إِنَّا كُلَّ شَىءٍ خَلَقْنَاهُ بِقَدَرٍ ﴾

(‘inna koulla chay’in khalaqnâhou biqadar)

ce qui signifie : « Nous avons créé toute chose selon une destinée » [sôurat Al-Qamar / 49].

Il y a le Hadîth :

« كُلُّ شَىءٍ بِقَدَرٍ حَتَّى العَجْزُ وَالكَيْسُ »

(koullou chay’in biqadar Hatta l-`ajzou wa l-kays)

ce qui signifie : « Toute chose est selon une destinée, même la faiblesse et la perspicacité », [rapporté par Mouslim].

Question 31 : Quelle est la preuve qu’il est interdit de serrer la main à une femme ‘ajnabiyyah ?

Réponse : C’est le Hadîth selon lequel le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

«لأَن يُطْعَنَ أَحَدُكُمْ بِحَدِيدَةٍ فِي رَأْسِهِ خَيْرٌ لَهُ مِنْ أَن يَمَسَّ امْرَأَةً لاَ تَحِلُّ لَهُ»

(la’an youT`ana ‘aHadoukoum biHadîdatin fî ra’sihi khayroun lahou min ‘an yamassa-mra’atan lâ taHil-lou lahou)

ce qui signifie : « Que l’un de vous soit frappé avec une barre de fer sur la tête vaut mieux pour lui que de toucher une femme qui ne lui est pas licite ». D’autre part, le Messager de Allâh a dit :

« وَزِنَى اليَدَيْنِ البَطْشُ »

(wa zina l-yadayni l-baTch)

ce qui signifie : « et le péché des mains comme préliminaire à la fornication, c’est le toucher » [rapporté par Al-Boukhâriyy].

Question 32 : Parle de la récitation du Qour’ân en faveur du mort.

Réponse : Elle est permise. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَافْعَلُوا الخَيْرَ ﴾

(wa-f`alôu l-khayr)

ce qui signifie : « Et faites le bien » [sôurat Al-Hajj / 77].

Il y a le Hadîth selon lequel le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« اِقْرَءُوا عَلىٰ مَوْتَاكُمْ يـٰس »

(‘iqra’ôu `alâ mawtâkoum Yâ Sîn)

ce qui signifie : « Récitez Yâ-Sîn en faveur de vos morts » [rapporté par Ibnou Hibbân qui l’a jugé sûr]. Les gens de la vérité sont unanimes sur le caractère permis et l’utilité de la récitation en faveur des morts. Ach-Châfi`iyy a dit :

لَوْ قَرَءُوا عِنْدَ قَبْرِهِ شَيئًا مِنَ القُرْءَانِ كَانَ حَسَنًا وَلَوْ قَرَءُوا القُرْءَانَ كُلَّهُ كَاَن أَحْسَن

(law qara’ôu `inda qabrihi chay’an mina l-qour’âni kâna Haçanâ ; wa law qara’ôu l-qour’âna koullahou kâna ‘aHçan)

ce qui signifie : « S’ils récitent auprès de sa tombe une partie du Qour’ân ce sera bien, mais s’ils récitent le Qour’ân en entier, ce sera mieux encore » [rapporté par An-Nawawiyy dans son livre Riyadou S-SaliHîn].

Question 33 : Quelle est la preuve qu’il est possible que le mort tire profit de l’aumône ?

Réponse : C’est le Hadîth :

« إِذَا مَاتَ ابْنُ ءَادَمَ انْقَطَعَ عَمَلُهُ إِلاَّ مِن ثَلاَثٍ صَدَقَةٌ جَارِيَةٌ وَعِلْمٌ يُنْتَفَعُ بِهِ وَوَلَدٌ صَاِلِحٌ يَدْعُو لَهُ »

(‘idhâ mâta-bnou ‘Adama-nqaTa`a `amalou­hou ‘il-lâ min thalâth : Sadaqatoun jâriyah, wa `ilmoun yountafa`ou bihi wa waladoun SâliHoun yad`ôu lah)

ce qui signifie : « Lorsque le fils de ‘Adam meurt, ses actes ne lui rapportent plus de récompenses sauf trois : Une aumône qui court, une science dont on tire profit et un enfant vertueux qui fait des invocations en sa faveur » [rapporté par Mouslim]. Cela signifie que l’aumône fait partie des choses dont le musulman peut tirer profit et dont il est lui-même l’auteur. De même Sa parole ta`âlâ :

﴿ وَأَن لَيْسَ لِلإِنْسَانِ إِلاَّ مَا سَعٰى ﴾

(wa ‘anna layça li l-‘insâni ‘il-la mâ sa`â)

[sôurat An-Najm / 39] c’est-à-dire qu’il tire profit de ses propres actes de bien et pour ce qui des bons actes des autres en sa faveur et qui ne font pas partie de ses propres actes, il en tirera profit par la grâce de Allâh Qui le lui accorde. C’est le cas par exemple de la prière funéraire, elle n’est pas un acte du mort mais il en tire profit. C’est aussi le cas de l’invocation que le Messager fait pour autre que lui, bien qu’elle ne fait pas partie des actes de cet autre, mais cet autre en tire profit. À l’exemple de la parole du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam quand il a invoqué en faveur de Ibnou `Abbâs :

« اللَّهُمَّ عَلِّمْهُ الحِكْمَةَ وَتَأْوِيلَ الكِتَاب »

(Allâhoumma `allimhou l-Hikmata wa ta’wîla l-kitâb)

qui signifie : « Ô Allâh , apprends-lui la sagesse et l’interprétation (at-ta’wîl) du Livre » [rapporté par Al-Boukhâriyy].

Question 34 : Quelle est la preuve qu’il est permis d’accomplir des prières de nuit (qiyâm) pendant RamaDân de plus de onze rak`ah ?

Réponse : Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَافْعَلُوا الخَيْرَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ ﴾

(wa f`alou l-khayra la`allakoum touflihoun)

ce qui signifie : « Faites les actes de bien, puissiez-vous réussir » [sôurat Al-Hajj / 77].

Il y a aussi le Hadîth :

« صَلاَةُ اللَّيْلِ مَثْنٰى مَثْنٰى »

(Salâtou l-layli mathnâ mathnâ)

ce qui signifie : « On accomplit la prière de nuit deux rak`ah par deux rak`ah » [rapporté par Al-Boukhâriyy]. Et Mouslim a rapporté :

« الصَّلاَةُ خَيْرٌ مَوْضُوعٌ فَمَنْ شٰاءَ اسْتَقَلَّ وَمَنْ شٰاءَ اسْتَكْثَر »

(aS-Salâtou khayroun mawDôu`oun faman châ’a-staqalla wa man châ’a-stakthar)

ce qui signifie : « La prière est un bien qui est accordé ; celui qui veut, qu’il en fasse peu et celui qui veut, qu’il en fasse beaucoup ».

Question 35 : Quelle est la preuve qu’il est permis d’utiliser le douff ?

Réponse : C’est le Hadîth :

« أَنَّ امْرَأَةً قَالَتْ لِلرَّسُولِ إِنِّي نَذَرْتُ إِنْ رَدَّكَ اللهُ سَالِمًا أَنْ أَضْرِبَ بِالدُّفِّ بَيْنَ يَدَيْكَ »

(anna mra’atan qâlat li r-raçôuli ‘inni nadhartou ‘in raddaka l-Lâhou sâliman ‘an ‘aDriba bi d-douffi bayna yadayk)

ce qui signifie : Une femme a dit au Messager : « J’ai fait le vœu que si Allâh te faisait revenir sain et sauf, je frapperais du douff devant toi. » Il lui a dit :

« إِنْ كُنْتِ نَذَرْتِ فَأَوْفِي بِنَذْرِكِ »

(‘in kounti nadharti fa’awfî binadhrik)

ce qui signifie : « Si tu en as fait le vœu, alors tiens-le » [rapporté par Abôu Dâwôud].

Question 36 : Qui est le premier prophète ?

Réponse : Le premier prophète est ‘Adam. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ إِنَّ اللهَ اصْطَفٰى ءَادَمَ ﴾

(‘inna l-Lâha-stafâ ‘Adama)

ce qui signifie : « Certes Allâh a élu ‘Adam » [sôurat Ali `Imrân / 33]. Il y a le Hadîth :

« ءَادَمُ فَمَن سِوَاهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ تَحْتَ لِوَائِي يَوْمَ القِيَامَةِ »

(‘Adamou faman siwâhou mina l-‘anbiyâ’i taHta liwâ’i yawma l-qiyâmah)

ce qui signifie : « ‘Adam et les autres prophètes seront sous ma bannière le Jour du Jugement » [rapporté par At-Tirmîdhiyy].

Question 37 : Qu’est-ce qui est obligatoire pour les prophètes et qu’est-ce qu’il leur est impossible ?

Réponse : Il est obligatoire qu’ils soient caractérisés par la véracité, l’honnêteté, l’extrême intelligence, la chasteté, le courage et l’éloquence. Il leur est impossible le mensonge, la trahison, la vilenie, la fornication, tous les grands péchés et la mécréance avant l’avènement de leur mission de prophète tout comme après. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَكُلاَّ فَضَلْنَا عَلٰى العَاَلَمِينَ ﴾

(wa koullan faDDalnâ `ala l-`âlamîn)

ce qui signifie : « Nous leur avons accordé à tous un mérite par rapport au reste des mondes » [sôurat Al-An`âm / 86].

Il y a le Hadîth :

« مَا بَعَثَ اللهُ نَبِيًا إَلاَّ حَسَنَ الوَجْهِ حَسَنَ الصَوْتِ »

(mâ ba`atha l-Lâhou nabiyyan ‘il-lâ Haçana l-wajhi Haçana S-Sawt)

ce qui signifie : « Allâh n’a pas envoyé de prophète sans qu’il ait un beau visage et une belle voix » [rapporté par At-Tirmîdhiyy].

Question 38 : Que signifie Sa parole ta`âlâ :

﴿ لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ ﴾

(lam yalid wa lam yôulad)

Réponse : Elle signifie la négation de la matière et de l’incarnation au sujet de Allâh. Ainsi, Allâh ne s’incarne pas en quoi que ce soit. Rien ne se sépare de Lui, de façon absolue et rien ne s’incarne en Lui non plus. L’Imâm Ja`far AS-Sadiq a dit :

مَن زَعَمَ أَنَّ اللهَ فِي شِىءٍ أَوْ مِن شَىءٍ أَوْ عَلٰى شَىءٍ فَقَدْ أَشْرَكَ

(man za`ama ‘anna l-Lâha fî chay’ ‘aw min chay’ ‘aw `alâ chay’ faqad ‘achrak)

ce qui signifie : « Celui qui prétend que Allâh est dans quelque chose, issu de quelque chose ou sur quelque chose aura commis une association » [rapporté par Abôu l-Qâçim Al-Qouchayriyy dans son livre Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah].

Question 39 : Quelle est la preuve qu’il est permis de faire l’invocation en faveur du Prophète après l’appel à la prière ?

Réponse : Il est permis de faire l’invocation en faveur du Prophète après l’appel à la prière et on ne prête aucune attention à quelqu’un qui l’interdirait. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ إِنَّ اللَّهَ وَمَلاَئِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلٰى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا ﴾

(‘inna l-Lâha wa malâ’ikatahou youSallôuna `ala n-nabiyy ; yâ ‘ayyouha l-ladhîna ‘âmanôu Sallôu `alayhi wa sallimôu taslîmâ)

ce qui signifie : « Certes Allâh honore davantage le Prophète et les anges invoquent Allâh pour qu’Il l’honore davantage. Ô vous qui avez cru, invoquez Allâh pour qu’Il l’honore davantage et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle » [sôurat Al-‘Ahzab / 56].

Il y a aussi le Hadîth :

« إِذَا سَمِعْتُمُ المُؤَذِّنَ فَقُولُوا كَمَا يَقُولُ ثُمَّ صَلُّوا عَلَيَّ »

(‘idhâ sami`toumou l-mou’adh-dhina faqôulou kamâ yaqôulou thoumma Sallôu `alayy)

ce qui signifie : « Lorsque vous entendez le mou’adh-dhin, répétez ce qu’il dit, ensuite faites l’invocation en ma faveur » [rapporté par Mouslim].

Il y a également le Hadîth :

« مَن ذَكَرَنِي فَلْيُصَلِّ عَلَيَّ »

(man dhakarani fa l-youSalli `alayy)

ce qui signifie : « Que celui qui cite mon nom invoque en ma faveur pour que Allâh m’honore davantage » [rapporté par le HâfiDH As-Sakhâwiyy].

Vous pouvez écouter ou télécharger l’audio du ‘Adhân fait par le récitateur égyptien connu `Abdou l-BâsiT `abdou S-Samad à la fin du ‘Adhân il fait l’invocation en faveur du prophète:

‘Adhân `Abdou l-BâsiT `abdou S-Samad

Question 40 : Qu’est-ce que l’apostasie ? En combien de sortes se divise-t-elle ?

Réponse : L’apostasie, c’est le fait de rompre son Islam. Elle se divise en trois sortes :

L’apostasie par la parole comme le fait d’insulter Allâh, même en étant en colère.

L’apostasie par les actes comme le fait de jeter le MouS-Haf dans les ordures ou le piétiner.

L’apostasie par le cœur comme croire que Allâh est un corps ou une âme ou qu’Il est assis au-dessus du Trône, qu’Il habite le ciel ou qu’Il est dans tous les endroits par Lui-même.

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَلَقَدْ قَالُوا كَلِمَةَ الكُفْرِ وَكَفَرُوا بَعْدَ إِسْلاَمِهِمْ ﴾

(wa laqad qâlôu kalimata l-koufri wa kafarôu ba`da ‘islâmihim)

ce qui signifie : « Ils ont dit la parole de mécréance et sont devenus mécréants après avoir été sur l’Islam » [sôurat At-Tawbah / 74]. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ لاَ تَسْجُدُوا لِلشَّمْسِ وَلاَ لِلقَمَرِ ﴾

(la tasjoudôu li ch-chamsi wa la li l-qamar)

ce qui signifie : « Ne vous prosternez pas pour le soleil ou la lune » [sôurat Foussilât / 37].

Il y a le Hadîth selon lequel le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« إِنَّ العَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالكَلِمَةِ لاَ يُلْقِي لَهَا بَالاً يَهْوِي بِهَا فِي النَارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ المَشْرِقِ وَالمَغْرِبِ »

(‘inna l-`abda layatakallamou bi l-kalimati la youlqi lahâ bâlan yahwî bihâ fi n-nâri ‘ab`ada mimmâ bayna l-machriqi wa l-maghrib)

ce qui signifie : « Certes, il arrive à l’esclave de Allâh de prononcer un mot auquel il ne prête aucune attention mais à cause duquel il chutera en enfer plus loin que ce qui sépare le levant du couchant » [rapporté par Al-Boukhâriyy et Mouslim].

Question 41 : Quelle est la preuve du caractère permis de la commémoration de la naissance honorée du Prophète ?

Réponse : Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَافْعَلُوا الخَيْرَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ ﴾

(waf`alou l-khayra la`allakoum touflihoun)

ce qui signifie : « Faites les actes de bien, puissiez-vous réussir » [sôurat Al-Hajj / 77]. Il y a aussi le Hadîth selon lequel le Prophète `alayhi S-Salâtou wa s-salâm a dit :

« مَنْ سَنَّ فِي الإِسْلاَمِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا »

(man sanna fi l-‘islâmi sounnatan Haçanah falahou ‘ajrouhâ)

ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition en aura la récompense » [rapporté par Mouslim].

Question 42 : Qu’est-ce qui est visé par la parole du Messager :

« إِذَا سَأَلْتَ فَاسْأَلِ اللهَ وَإِذَا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِن باللهِ »

(‘idhâ sa’alta fas’ali l-Lâh wa ‘idha-sta`anta fasta`in bi l-Lâh)

Réponse : Elle veut dire qu’on demande en priorité à Allâh et on demande l’aide en priorité à Allâh. Elle ne veut pas dire qu’on ne demande à personne d’autre qu’à Allâh ou qu’on ne demande l’aide à personne d’autre qu’à Allâh. Cette parole est similaire au Hadîth de Ibnou Hibbân :

« لاَ تُصَاحِبْ إِلاَّ مُؤْمِنًا وَلاَ يَأْكُلْ طَعَامَكَ إِلاَّ تَقِي »

(lâ tousahib ‘il-la mou’minâ wa lâ ya’koul Ta`âmaka ‘il-lâ taqiyy)

c’est-à-dire qu’on offre à manger au pieux en priorité et qu’on cherche la compagnie du croyant en priorité. Cela ne signifie pas qu’il est interdit d’offrir à manger à quelqu’un qui n’est pas croyant ou qu’il est interdit de lui tenir compagnie. En effet, Allâh ta`âlâ a fait l’éloge des musulmans dans le Qour’ân par Sa parole :

﴿ وَيُطْعِمُونَ الطَّعَامَ عَلٰى حُبِّهِ مِسْكِينًا وَيَتِيمًا وَأَسِيرًا ﴾

(wa youT`imôuna T-Ta`âma `alâ Houbbihi miskînan wa yatîman wa ‘açîrâ)

ce qui signifie : « Ils offrent à manger la nourriture qu’ils aiment au pauvre, à l’orphelin et au captif » [sôurat Al-‘Insân / 8]. Le captif ici désigne le non musulman.

Par ailleurs, il a été rapporté dans les SaHîH de Mouslim et de Al-Boukhâriyy :

« ثَلاَثَةٌ نَفَرٍ سَأَلُوا اللهَ بِصَالِحِ أَعْمَالِهِمْ »

(thalâthatou nafarin sa’alou l-Lâha biSâliHi ‘a`mâlihim)

ce qui signifie : « Trois personnes ont demandé à Allâh par le mérite de leurs bons actes ».

Question 43 : Quelle est la preuve du caractère permis de la visite à la tombe du Prophète `alayhi S-Salâtou wa s-salâm ?

Réponse : La visite à la tombe du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam est recommandée selon l’Unanimité. Le Qâdî `Iyad ainsi que An-Nawawiyy ont rapporté l’Unanimité à ce sujet.

Allâh ta`âlâ dit :

﴿وَلَوْ أَنَّهُمْ إِذْ ظَلَمُوا أَنْفُسَهُمْ جَاءُوكَ فَاسْتَغْفَرُوا اللهَ وَاسْتَغْفَرَ لَهُمُ الرَسُولُ لَوَجَدُوا اللهَ تَوَّابًا رَحِيمًا ﴾

(wa law ‘annahoum ‘idh DHalamôu ‘anfousahoum jâ’ôuka fastaghfarôu l-Lâha wa-staghfara lahoumou r-raçôulou lawajadôu l-Lâha tawwâban raHîmâ)

ce qui signifie : « Si, ayant été injustes envers eux-mêmes, ils venaient auprès de toi pour demander le pardon à Allâh, et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils verraient que Allâh est Celui Qui accepte le repentir et Qui fait miséricorde » [sôurat An-Niçâ’ / 64].

Il y a aussi le Hadîth :

« مَن زَارَ قَبْرِي وَجَبَتْ لَهُ شَفَاعَتِي »

(man zâra qabrî wajabat lahou chafâ`atî )

ce qui signifie : « Celui qui visite ma tombe bénéficiera de mon intercession » [rapporté par Ad-DâraqouTniyy et jugé qawiyy par le HâfiDH As-Soubkiyy].

Quant au Hadîth :

« لاَ تُشَدُّ الرِّحَالُ إِلاَّ إِلىٰ ثَلاَثَةِ مَسَاجِد »

(lâ touchaddou r-riHâlou ‘il-lâ ‘ilâ thalâthati maçâjid)

Il signifie que si quelqu’un veut effectuer un voyage pour accomplir la prière dans une mosquée, qu’il fasse le voyage pour ces trois mosquées-là car la récompense de la prière y est multipliée. Ceci a le sens de la recommandation et non de l’obligation.

Le Hadîth est donc spécifique au voyage pour aller accomplir la prière. Il ne comporte donc rien qui interdise la visite de la tombe du Prophète `alayhi s-salâm.

Question 44 : Quelle est la preuve du caractère permis du tabarrouk – la recherche des bénédictions – ?

Réponse : Le tabarrouk – la recherche des bénédictions – par le Prophète et par ses traces est permis.

Allâh ta`âlâ dit en attribuant le discours à Yôuçouf :

﴿ اِذْهَبُوا بِقَمِيصِي هَذٰا فَأَلْقُوهُ عَلىٰ وَجْهِ أَبِي يَأْتِ بَصِيرًا ﴾

(‘idh-habou biqamisi hâdhâ fa’alqôuhou `ala wajhi ‘abî ya’ti baSîrâ)

ce qui signifie : « Prenez ma chemise et passez-la sur le visage de mon père, il recouvrera la vue » [sôurat Yôuçouf / 93].

Il y a aussi le Hadîth :

« الرَّسُولُ قَسَّمَ شَعَرَهُ وَوَزَّعَهُ بَيْنَ النَّاسِ لِيَتَبَرَّكُوا بِهِ »

(ar-raçôulou qassama cha`arahou wa wazza`ahou bayna n-nâci liyatabarrakôu bihi)

ce qui signifie : « Le Messager a partagé ses cheveux et les a fait distribuer aux gens afin qu’ils en recherchent les bénédictions » [rapporté par Ach-Chaykhân  » Al-Boukhâriyy et Mouslim « ].

Question 45 : Quelle est la preuve du caractère permis de porter un Hirz « ou Hijâb » comportant du Qour’ân et ce qui est de cet ordre, contrairement aux talismans interdits ?

Réponse : Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَنُنَزِّلُ مِنَ الْقُرْ‌آنِ مَا هُوَ شِفَاءٌ وَرَ‌حْمَةٌ لِّلْمُؤْمِنِينَ ﴾

(wa nounazzilou mina l-qour’âni mâ houwa chifâ’oun wa raHmâtoun li l-mou’minîn)

ce qui signifie : « Nous révélons du Qour’ân ce qui comporte une guérison et une miséricorde pour les croyants » [sôurat Al-‘Isrâ’ / 82].

Il y a le Hadîth :

« قَالَ عَبْدُ اللهِ بْنِ عَمْرو : كُنَّا نُعَلِّمُ صِبْيَانَنَا الآيٰاتِ مِنَ القُرْءانِ وَمَن لَمْ يَبْلُغْ نَكْتَبُهَا عَلىٰ وَرَقَةٍ وَنُعَلِّقُهَا عَلىٰ صَدْرِهِ »

(qâla `Abdou l-Lâh Ibnou `Amr : kounna nou`allimou Sibyânanâ l-‘âyâti mina l-qour’âni wa man lam yablough naktoubouhâ `alâ waraqatin wa nou`alliqouhâ `alâ Sadrih)

ce qui signifie : « `Abdou l-Lâh Ibnou `Amr a dit : Nous enseignions à nos enfants les ‘âyah du Qour’ân. Pour ceux qui n’avaient pas encore atteint la puberté, nous les écrivions sur une feuille que nous accrochions à leur cou » [rapporté par At-Tirmîdhiyy].

Le prophète a interdit le port des amulettes et les talismans des mécréants qui comportent une adoration et une invocations des jinns et d’autres créatures. Mais les Hirz qui comportent des ‘âyah du Qour’ân sont permis tout en croyant que c’est Dieu Qui est le créateur des causes et des conséquence et du profit et de la nuisance. Voir : La Croyance, Foi en Dieu, Unicité, TawHid

Question 46 : Parle de l’évocation de Allâh (adh-dhikr) dans les convois funéraires.

Réponse : C’est permis sans divergence. Allâh ta`âlâ dit :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اذْكُرُوا اللهَ ذِكْرًا كَثِيرًا ﴾

(yâ ‘ayyouhâ l-ladhîna ‘âmanôu dhkourôu l-Lâha dhikran kathîrâ)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, évoquez beaucoup Allâh » [sôurat Al-‘AHzâb / 41].

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ الَّذِينَ يَذْكُرُونَ اللهَ قِيَامًا وَقُعُودًا وَعَلىٰ جُنُوبِهِمْ ﴾

(‘alladhîna yadhkourôuna l-Lâha qiyâman wa qou`ôudan wa `alâ jounôubihim)

ce qui signifie : « Ceux qui évoquent Allâh en étant debout, assis ou allongés sur leurs côtés » [sôurat ‘Ali `Imrân / 191].

Il y a aussi le Hadîth :

« كَانَ رَسُولُ اللهِ يَذْكُرُ اللهَ عَلىٰ جَمِيعِ أَحْوَالِهِ »

(kâna raçôulou l-Lâhi yadhkourou l-Lâha `alâ jamî`i ‘aHwâihi)

ce qui signifie : « Le Messager de Allâh évoquait Allâh en toutes situations » [rapporté par Mouslim].

Question 47 : Parle du ta’wîl l’interprétation du Qour’ân et Hadîth.

Réponse : Le ta’wîl consiste à interpréter un texte par un autre sens que son sens apparent. Cette interprétation est permise pour les ‘âyah et les Hadîth dont le sens apparent laisse penser que Allâh aurait une main, un visage ou qu’Il serait assis au-dessus du Trône (`arch) ou qu’Il habiterait dans une direction ou qu’Il aurait une des caractéristiques des créatures.

Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي العِلْمِ ﴾

(wa mâ ya`lamou ta’wîlahou ‘il-lâ l-Lâhou wa r-râcikhôuna fi l-`ilm)

ce qui signifie : « N’en sait l’interprétation que Allâh et ceux qui sont versés dans la science » [sôurat ‘Ali `Imrân / 7].

Il y a aussi le Hadîth de l’invocation en faveur de Ibnou `Abbâs :

« اللَّهُمَّ عَلِّمْهُ الحِكْمَةَ وَتَأْوِيلَ الكِتَابِ »

(Allâhoumma `allimhou l-Hikmata wa ta’wîla l-kitâb)

qui signifie : « Ô Allâh, enseigne-lui la sagesse et l’interprétation du Livre » [rapporté par Al-Boukhâriyy, Ibnou Mâjah et le HâfiDH Ibnou l-Jawziyy].

Question 48 : Quelle est la preuve que la foi est une condition pour l’acceptation des bons actes ?

Réponse : Allâh ta`âlâ dit :

﴿ وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتِ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثىٰ وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الجَنَّةَ وَلاَ يُظْلَمُونَ نَقِيرًا ﴾

(wa man ya`mal mina S-SâliHâti min dhakarin ‘aw ‘ounthâ wahouwa mou’minoun fa’oulâ’ika yadkhoulôuna l-jannata wa lâ youDH­lamôuna naqîrâ)

ce qui signifie : « Ceux qui accomplissent des bons actes, homme ou femme, tout en étant croyant, ceux-là entreront au paradis et ne seront lésés en rien (pas même d’un hile de noyau de datte) » [sôurat An-Niçâ’ / 124].

Il y a aussi le Hadîth :

« أَفْضَلُ الأَعْمَالِ إِيمَانٌ بِاللهِ وَرَسُولِهِ »

(‘afDalou l-‘a`mâli ‘Imânoun bi l-Lâhi wa raçôulih)

qui signifie : « La meilleure des œuvres est la croyance en Allâh et en Son Messager » [rapporté par Al-Boukhâriyy].

Question 49 : Quelle est la signification de Sa parole ta`âlâ, [sourat Al-QaSaS / 88] :

﴿ كُلُّ شَىءٍ هَالِكٌ إِلاَّ وَجْهَهُ ﴾

(koullou chay’in hâlikoun ‘il-lâ wajhah)

Réponse : L’Imam Al-Boukhâriyy a dit : « La signification de (‘il-lâ wajhah) est (‘il-lâ moulkah) », c’est-à-dire tout sera anéanti sauf Sa souveraineté.

L’Imam Soufyân Ath-Thawriyy a dit : « (‘il-lâ wajhah) c’est-à-dire sauf ce par quoi l’on a recherché l’agrément de Allâh », c’est-à-dire les bons actes, tout comme cela figure dans le SaHîH de Al-Boukhâriyy.

Question 50 : Que signifie Sa parole ta`âlâ, [sôurat Al-Moulk / 16] :

﴿ ءَأَمِنْتُم مَن فِي السَّمٰاءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الأَرْضَ ﴾

(‘amintoum man fi s-samâ’i ‘an yakhsifa bikoumou l-‘arD)

Réponse : Le Moufassir – l’Exégète – Al-Fakhr Ar-Razi dans son Tafsîr – son exégèse -, ainsi que Abôu Hayyân Al-‘Andalouciyy dans son livre Al-BaHrou l-MouHîT ont dit : « Ce qui est visé par (man fi s-samâ’) « qui est au ciel », ce sont les anges. Il n’est pas visé par-là que Allâh habite le ciel ».

Question 51 : Que signifie Sa parole ta`âlâ, [sôurat Adh-Dhâriyât / 47] :

﴿ وَالسَّمٰاءَ بَنَيْنَاهَا بِأَيْدٍ وَإِنَّا لَمُوسِعُونَ ﴾

(wa s-samâ’a banaynâhâ bi’aydin wa ‘innâ lamôuci`ôun)

Réponse : Ibnou `Abbâs a dit : « (bi ‘aydin) c’est-à-dire par une puissance (bi qoudrah). Ce n’est pas la main qui est visée ici car Allâh est exempt d’une telle chose », fin de citation.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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