Tafsir & Exégèse de Sourate Al-Jinn - Coran en français
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم
Bismi l-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm
Au nom de Allāh, ar-Raḥmāni r-Raḥīm.
Le terme "Allāh" est le nom propre de l’Être nécessairement existant, digne de toutes les louanges, et il n’est pas dérivé. "Ar-Raḥmān" fait partie des noms spécifiques à Allāh ; il signifie que Sa miséricorde englobe le croyant et le non-croyant dans ce bas monde. Cependant, Il ne fait miséricorde qu’aux croyants dans l’au-delà, comme il est dit dans sourate Al-’Aʿrāf / 156 qui signifie: "Et Ma miséricorde englobe toute chose; Je la réserverai pour ceux qui ont évité la mécréance." "Ar-Raḥīm" est Celui Qui fait miséricorde aux croyants, comme Allāh dit dans sourate Al-’Aḥzāb / 43 ce qui signifie: "Et Il est Miséricordieux envers les croyants." "Ar-Raḥmān" est plus éloquent que "Ar-Raḥīm" car l’augmentation dans la structure indique une augmentation dans le sens
Sourate Al-Jinn (72) est mecquoise et elle est de 28 ’āyah
L’Imam Al-Boukhāriyy a rapporté dans son Saḥīḥ, chapitre de l’interprétation du Qour’ān (kitāb at-tafsīr), concernant la sourate Al-Jinn (72) "qul ’ūḥiya ilayya" le récit d’Ibnou ʿAbbās, que Allāh l’agrée, il relate que le Messager de Allāh, ﷺ, partit avec un groupe de ses compagnons en direction du marché de ʿUkāḍh. À ce moment, les shayāṭīn (démons) se virent interdire l’écoute des nouvelles du ciel, et des météores leur furent lancés. Les shayāṭīn retournèrent auprès de leur peuple et s’interrogèrent : "que vous arrive-t-il ?" Ils répondirent : "nous avons été empêchés d’entendre les nouvelles du ciel et des météores nous ont été envoyés." Le chef des shayāṭīn leur dit : "ce n’est qu’un événement récent qui vous a empêchés d’entendre les nouvelles du ciel. Parcourez la Terre d’est en ouest pour voir ce qui s’est passé." Ils se mirent donc à parcourir la Terre pour découvrir la raison de cet empêchement. Ceux qui se dirigèrent vers la région de Tihāmah rencontrèrent le Messager de Allāh, ﷺ, à Nakhlah (une vallée entre la Mecque et aṭ-Ṭā’if) alors qu’il se rendait au marché de ʿUkāḍh et qu’il priait la prière de l’aube (al-Fajr) avec ses compagnons. Quand ils entendirent la récitation du Qour’ān, ils y prêtèrent une oreille attentive et dirent : "c’est cela qui nous a empêchés d’entendre les nouvelles du ciel." Ils retournèrent alors auprès de leur peuple et dirent : ﴾إنَّا سَمِعنا قُرءانًا عَجَبًا يهدي إلى الرُّشْدِ فآمَنَّا بهِ ولن نُشرِكَ بربِّنا أحدًا﴿ qui signifie: “Ô notre peuple, nous avons entendu un Qour’ān merveilleux. Il guide vers la rectitude, et nous y avons cru. Nous n’associerons plus jamais personne à notre Seigneur.” Et Allāh, عز وجل, révéla à Son Prophète Mouḥammad ﷺ :
{ قُلْ أُوحِيَ إِلَيَّ أَنَّهُ اسْتَمَعَ نَفَرٌ مِّنَ الْجِنِّ فَقَالُوا إِنَّا سَمِعْنَا قُرْآنًا عَجَبًا }
[1] Qul ūḥiya ilayya annahu stamaʿa nafarun mina l-jinni faqālū innā samiʿnā Qur’ānan ʿajabā.
Dis : «Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns a prêté l’oreille, puis ils ont dit : “Nous avons certes entendu un Qour’ān merveilleux.”»
Ô Mouḥammad, dis aux gens : « Il m’a été révélé par Allāh qu’un groupe (nafar) de djinns, c’est-à-dire une assemblée de trois à dix, a écouté ma récitation du Qour’ān. » Les djinns sont une catégorie de créatures de Allāh, créées à partir d’un feu sans fumée (mārij min nār). Ils sont invisibles aux yeux des êtres humains. Nier leur existence est une annulation de la foi qui fait sortir de la religion, car cela contredit ce que Allāh, le Seigneur des mondes, a révélé. Les djinns, après avoir écouté la récitation du Prophète Mouḥammad ﷺ, dirent à leur peuple : « Nous avons certes entendu un Qour’ān merveilleux, c’est-à-dire une parole éloquente dont on n’a jamais vu de pareille par sa clarté, la beauté de sa structure, la profondeur de ses significations et la force de ses exhortations, car elle se distingue de tous les autres Livres. » Ce verset indique que le Prophète, ﷺ, a été envoyé aussi bien aux djinns qu’aux humains, qu’ils sont tenus de se conformer à la Loi, qu’ils comprennent nos langues et que les croyants parmi eux appellent les autres djinns à la foi.
{ يَهْدِي إِلَى الرُّشْدِ فَآمَنَّا بِهِ وَلَن نُّشْرِكَ بِرَبِّنَا أَحَدًا }
[2] yahdī ila r-rushdi fa’āmannā bihī wa lan nuṣhrika birabbinā ’aḥadā.
"Qui guide vers la rectitude ; nous y avons cru et nous n’associerons jamais personne à notre Seigneur."
Les djinns continuèrent : « Ce Qour’ān guide vers la rectitude », c’est-à-dire qu’il appelle à la vérité, à la justesse, à l’unicité de Allāh et à la foi. « Nous y avons cru », c’est-à-dire que nous avons cru au Qour’ān. Étant donné que la foi en lui implique la foi en Allāh et en Son Unicité, ainsi que l’exemption du polythéisme, ils ajoutèrent : « Nous n’associerons jamais personne à notre Seigneur », ce qui signifie que nous n’associerons aucune créature à notre Seigneur.
{ وَأَنَّهُ تَعَالَى جَدُّ رَبِّنَا مَا اتَّخَذَ صَاحِبَةً وَلَا وَلَدًا }
[3] wa ’annahu taʿālā jaddurabbinā ma-ttakhadha ṣāḥibatan walā waladā.
"Et que l’éminence de notre Seigneur est très élevée ! Il ne S’est donné ni compagne ni enfant."
Et les djinns continuèrent : « L’éminence de notre Seigneur est très élevée, et Il est exempte de ce qui Lui a été attribué, comme le fait d’avoir une compagne ou un enfant. » Il ne S’est pas donné de compagne, ce qui signifie qu’Il n’a pas d’épouse, ni d’enfant, car Allāh, est exempt de cela. Il est l’Unique, sans associé, Il n’a pas engendré et n’a pas été engendré, et rien n’est semblable à Lui, comme le dit le verset qui signifie : « absolument rien ne Lui est semblable, et c’est Lui Qui entend et Qui voit » [Sourate Ash-Shūrā : 11].
{ وَأَنَّهُ كَانَ يَقُولُ سَفِيهُنَا عَلَى اللَّهِ شَطَطًا }
[4] wa ’annahu kāna yaqūlu safīhunā ʿala l-Lāhi shaṭaṭā.
"Et que notre insensé (Iblis) disait sur Allāh des choses excessivement mensongères."
Et ils continuèrent : « Il était une habitude que notre insensé », c’est-à-dire notre ignorant, qui serait Iblis selon une explication, ou le polythéiste parmi les djinns selon une autre, « dise sur Allāh des choses excessivement mensongères », c’est-à-dire des mensonges, de l’injustice et de la transgression en Lui attribuant des associés et un enfant.
{ وَأَنَّا ظَنَنَّا أَن لَّن تَقُولَ الْإِنسُ وَالْجِنُّ عَلَى اللَّهِ كَذِبًا }
[5] wa ’annā ḍhannannā an lan taqūla l-’insu wa l-jinnu ʿala l-Lāhi kadhibā.
"Et nous pensions que ni les humains ni les djinns ne diraient de mensonges sur Allāh."
Et ils continuèrent : « Et nous pensions », c’est-à-dire nous croyions, « que ni les humains ni les djinns ne diraient de mensonges sur Allāh. » Le sens est que nous pensions que personne n’oserait mentir sur Allāh en Lui attribuant une compagne ou un enfant. Nous avions donc cru à la justesse des égarements d’Iblis et de ses acolytes, jusqu’à ce que nous entendions le Qour’ān qui a mis en évidence leurs mensonges.
{ وَأَنَّهُ كَانَ رِجَالٌ مِّنَ الْإِنسِ يَعُوذُونَ بِرِجَالٍ مِّنَ الْجِنِّ فَزَادُوهُمْ رَهَقًا }
[6] wa ’annahu kāna rijālun mina l-’insi yaʿūdhūna birijālin mina l-jinni fazādūhum rahaqā.
"Et qu’il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient protection auprès d’hommes parmi les djinns, et cela n’a fait qu’accroître leur perdition."
Et ils continuèrent : « Et qu’il y avait des hommes parmi les humains », c’est-à-dire à l’époque de la jāhiliyyah (pré-islam), « qui cherchaient protection auprès d’hommes parmi les djinns. » Lorsqu’un homme voulait passer la nuit ou séjourner dans une vallée, il criait de toutes ses forces : « Ô seigneur de cette vallée, je cherche ta protection contre les insensés qui sont sous ton autorité. » Il croyait ainsi que le djinn de la vallée le protégerait. « Et cela n’a fait qu’accroître leur perdition », c’est-à-dire que les djinns ont augmenté les humains en faute et en péché. Cette augmentation est attribuée aux djinns parce qu’ils en étaient la cause. Ibn al-Mundhir a rapporté que Kurdum ibn Abī as-Sā’ib al-Anṣāriyy a dit : « Je sortis avec mon père vers Médine pour une affaire, et c’était au début où le Messager de Allāh ﷺ fut mentionné. La nuit nous a abrités chez un berger de moutons. Au milieu de la nuit, un loup vint et prit un agneau. Le berger bondit et dit : “Ô Âmir de la vallée, je cherche ta protection.” Un crieur que nous ne voyions pas cria : “Ô Sirḥān !” L’agneau revint en courant et rentra dans le troupeau. Alors Allāh révéla à Son Prophète à la Mecque ce qui signifie : « Et qu’il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient protection auprès d’hommes parmi les djinns... »
{ وَأَنَّهُمْ ظَنُّوا كَمَا ظَنَنتُمْ أَن لَّن يَبْعَثَ اللَّهُ أَحَدًا }
[7] wa ’annahum ḍhannū kamā ḍhanantum an lan yabʿatha l-Lāhu aḥadā.
"Et ils pensaient, de la même manière que vous avez pensé, que Allāh n’enverrait jamais de messager."
Et les djinns dirent : « Et qu’eux », c’est-à-dire les mécréants parmi les humains, « ont pensé de la même manière que vous avez pensé », ô djinns, « que Allāh n’enverrait jamais de messager », c’est-à-dire qu’ils pensaient que Allāh n’enverrait jamais de messager à Ses créatures pour établir l’argument contre eux.
{ وَأَنَّا لَمَسْنَا السَّمَاءَ فَوَجَدْنَاهَا مُلِئَتْ حَرَسًا شَدِيدًا وَشُهُبًا }
[8] wa ’annā lamasna s-samā’a fawajadnāhā muli’at ḥarasan shadīdan wa shuhubā.
"Et que nous avons [essayé d’atteindre] le ciel et l’avons trouvé rempli d’une forte garde et de météores."
Les djinns continuèrent : « Et que nous, en tant que djinns, avons tenté d’atteindre le ciel pour écouter la parole de ses habitants, les anges. » « Et nous l’avons trouvé rempli d’une forte garde », c’est-à-dire d’anges gardiens qui empêchent les shayāṭīn de s’en approcher, « et de météores », qui sont ce par quoi les shayāṭīn sont lapidés lorsqu’ils tentent d’écouter.
{ وَأَنَّا كُنَّا نَقْعُدُ مِنْهَا مَقَاعِدَ لِلسَّمْعِ فَمَن يَسْتَمِعِ الْآنَ يَجِدْ لَهُ شِهَابًا رَّصَدًا }
[9] wa ’annā kunnā naqʿudu minhā maqā’ida li s-sam’i faman yastamiʿi l-āan yajid lahu shihāban raṣadā.
"Et qu’auparavant nous prenions des positions pour y écouter. Mais quiconque tente d’écouter maintenant trouve un météore qui l’attend."
Les djinns ajoutèrent : « Et que nous, en tant que djinns, avions l’habitude de prendre des positions d’écoute pour entendre les nouvelles du ciel avant l’avènement du Prophète Mouḥammad ﷺ. » Les chefs des djinns faisaient cela pour écouter les anges et voler des mots pour les transmettre aux devins, en y ajoutant cent mensonges. « Mais quiconque tente d’écouter maintenant », c’est-à-dire après l’avènement du Prophète Mouḥammad, « trouve un météore qui l’attend », un météore de feu qui lui est réservé pour le lapider.
{ وَأَنَّا لَا نَدْرِي أَشَرٌّ أُرِيدَ بِمَن فِي الْأَرْضِ أَمْ أَرَادَ بِهِمْ رَبُّهُمْ رَشَدًا }
[10] wa ’annā lā nadrī a’sharrun urīda biman fi l-arḍi am arāda bihim Rabbuhum rashadā.
"Et que nous ne savons pas si un mal a été voulu pour ceux qui sont sur la terre, ou si leur Seigneur a voulu pour eux une rectitude."
Les djinns continuèrent : « Et que nous ne savons pas si un mal a été voulu pour ceux qui sont sur la Terre, en envoyant Mouḥammad à eux, car ils le traitent de menteur et périront à cause de cela, tout comme ont péri ceux qui ont traité de menteurs les prophètes des communautés précédentes. Ou bien si leur Seigneur a voulu pour eux la rectitude, » c’est-à-dire qu’ils croient et soient guidés. Une autre explication est que les djinns dirent : « Et nous ne savons pas si Allāh a voulu faire descendre un châtiment sur les habitants de la Terre en nous interdisant d’entendre les nouvelles du ciel et en lapidant ceux qui le tentent, ou si leur Seigneur a voulu pour eux la guidance en envoyant un messager qui les guide vers la vérité. »
{ وَأَنَّا مِنَّا الصَّالِحُونَ وَمِنَّا دُونَ ذَٰلِكَ كُنَّا طَرَائِقَ قِدَدًا }
[11] wa ’annā minna ṣ-ṣāliḥūna wa minnā dūna dhālika kunnā ṭarā’iqa qidadā.
"Et que certes, parmi nous il y a des justes et parmi nous il y en a d’autres qui ne le sont pas. Nous avons des voies différentes."
Ceci est une information des djinns sur leur état. Ils disent : « Et nous, parmi nous il y a des justes, » c’est-à-dire des croyants pieux qui agissent conformément à l’obéissance à Allāh le tout Puissant. « Et parmi nous il y en a d’autres qui ne le sont pas », c’est-à-dire des non-croyants. Il se peut aussi que cela signifie que certains d’entre eux sont des gens vertueux, et d’autres ne le sont pas. « Nous avons des voies différentes », c’est-à-dire des croyances différentes et des groupes divers.
{ وَأَنَّا ظَنَنَّا أَن لَّن نُّعْجِزَ اللَّهَ فِي الْأَرْضِ وَلَن نُّعْجِزَهُ هَرَبًا }
[12] wa ’annā ḍhannannā an lan nuʿjiza l-Lāha fi l-arḍi wa lan nuʿjizahu harabā.
"Et que nous avons su que nous ne saurions échapper à la puissance de Allāh sur terre, et que nous ne pourrions Lui échapper en nous enfuyant."
Et les djinns dirent : « Et nous avons su et sommes certains que nous ne pourrons échapper à la puissance de Allāh où que nous soyons sur Terre, s’Il veut nous faire quelque chose. Et nous ne pourrons non plus Lui échapper en nous enfuyant » de la Terre vers le ciel. Le sens du verset est que les djinns ont dit : « Nous ne pourrons échapper à la puissance de Allāh, que nous soyons sur Terre où que nous soyons, et que nous y restions ou que nous tentions de nous en échapper. » Fuir ou ne pas fuir, c’est la même chose, car rien ne peut empêcher l’accomplissement de la volonté de Allāh en nous. La Terre, malgré son étendue, n’est pas un refuge contre Lui, et il n’y a pas d’échappatoire. Ne voyez-vous pas comment Allāh a noyé le peuple de Nūḥ avec le déluge et sauvé ceux qui avaient cru en Nūḥ, عليه السلام ? Gloire à Allāh, à Qui appartient toute chose et Qui est tout puissant sur toute chose.
{ وَأَنَّا لَمَّا سَمِعْنَا الْهُدَىٰ آمَنَّا بِهِ فَمَن يُؤْمِن بِرَبِّهِ فَلَا يَخَافُ بَخْسًا وَلَا رَهَقًا }
[13] wa ’annā lammā samiʿna l-hudā āmannā bihī faman yu’min birabbihī falā yakhāfu bakhsan walā rahaqā.
"Et que lorsque nous avons entendu la Guidance, nous y avons cru. Quiconque croit en son Seigneur ne craint ni une diminution de ses bonnes œuvres, ni une augmentation de ses mauvaises."
Les djinns ajoutèrent : « Et lorsque nous avons entendu la Guidance », c’est-à-dire le Qour’ān qui guide vers le droit chemin, « nous y avons cru », c’est-à-dire que nous l’avons cru et avons reconnu qu’il était une vérité venant de Allāh. « Quiconque croit en son Seigneur ne craint ni une diminution de ses bonnes œuvres », c’est-à-dire qu’il ne craint pas qu’on lui retire une partie de ses bonnes actions ou qu’il n’en soit pas récompensé. « Ni une augmentation de ses mauvaises », c’est-à-dire qu’il ne craint pas qu’on lui ajoute des péchés. Selon une autre interprétation, il ne craint ni l’injustice ni un mal à craindre.
{ وَأَنَّا مِنَّا الْمُسْلِمُونَ وَمِنَّا الْقَاسِطُونَ فَمَنْ أَسْلَمَ فَأُولَٰئِكَ تَحَرَّوْا رَشَدًا }
[14] wa ’annā minnā l-muslimūna wa minnā l-qāsiṭūna faman aslama fa’ulā’ika taḥarraw rashadā.
"Et certes, parmi nous il y a les musulmans, et parmi nous il y a les mécréants injustes. Ceux qui sont devenus musulmans, voilà ceux qui ont cherché le droit chemin."
Et les djinns continuèrent : « Et certes, parmi nous il y a les musulmans », c’est-à-dire ceux qui ont cru en Allāh et en Son Messager Mouḥammad ﷺ. « Et parmi nous il y a les mécréants injustes », c’est-à-dire les mécréants qui s’éloignent de la vérité. « Ceux qui sont devenus musulmans, voilà ceux qui ont cherché le droit chemin », c’est-à-dire qu’ils ont cherché et ont pris pour but le chemin de la vérité.
{ وَأَمَّا الْقَاسِطُونَ فَكَانُوا لِجَهَنَّمَ حَطَبًا }
[15] wa ’amma l-qāsiṭūna fakānū lijahannama ḥaṭabā.
"Quant aux mécréants injustes, ils seront le combustible de l’Enfer."
Et les djinns continuèrent : « Et quant aux mécréants injustes », c’est-à-dire ceux qui s’éloignent du chemin de la vérité et de la foi, qui sont les mécréants parmi les djinns, « ils seront le combustible de l’Enfer », c’est-à-dire qu’ils serviront de combustible pour le feu de l’Enfer, tout comme les mécréants parmi les humains. Ce verset prouve que les mécréants parmi les djinns seront châtiés dans le Feu. Si l’on demande comment ils peuvent être châtiés par le feu alors qu’ils sont créés à partir du feu, la réponse est que les djinns ont changé de leur état originel, de la même manière que les humains ont été créés de terre et ont changé de leur état originel.
{ وَأَن لَّوِ اسْتَقَامُوا عَلَى الطَّرِيقَةِ لَأَسْقَيْنَاهُم مَّاءً غَدَقًا }
[16] wa ’an lawi staqāmū ʿala ṭ-ṭarīqati la’asqaynāhum mā’an ghadaqā.
"Et s’ils avaient suivi la bonne voie, Nous les aurions abreuvés d’une eau abondante."
Et les djinns continuèrent : « Et s’ils avaient suivi la bonne voie », c’est-à-dire si ces injustes avaient suivi la voie de l’Islam, « Nous les aurions abreuvés d’une eau abondante », ce qui signifie que Nous leur aurions donné des subsistances en abondance. La mention spécifique de l’eau abondante est due au fait qu’elle est à la base de la subsistance et de l’aisance. Selon une autre explication, ce verset a été révélé à propos des mécréants de Quraysh lorsque la pluie fut retenue pendant sept ans.
{ لِّنَفْتِنَهُمْ فِيهِ وَمَن يُعْرِضْ عَن ذِكْرِ رَبِّهِ يَسْلُكْهُ عَذَابًا صَعَدًا }
[17] linaftinahum fīhi wa man yuʿriḍ ʿan dhikri Rabbihī yaslukhu ’adhāban ṣaʿadā.
"Afin de les éprouver par cela. Et quiconque se détourne du rappel de son Seigneur (Qour’ān), Il le fera entrer dans un châtiment difficile."
« afin de les éprouver par cela », c’est-à-dire pour les mettre à l’épreuve, afin manifester comment ils remercient les bienfaits que Allāh leur a accordés. « Et quiconque se détourne du rappel de son Seigneur », c’est-à-dire du Qour’ān, « Il le fera entrer dans un châtiment difficile », c’est-à-dire un châtiment pénible, intense, sans répit.
{ وَأَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ فَلَا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَدًا }
[18] wa ’anna l-masājida lillāhi falā tadʿū maʿa l-Lāhi aḥadā.
"Et certes les mosquées sont pour Allāh. N’adorez donc personne avec Allāh."
Les djinns continuèrent : « Et certes les mosquées », c’est-à-dire les lieux construits pour adorer, unifier et glorifier Allāh, « sont pour Allāh », ce qui est une attribution de respect et d’honneur, c’est-à-dire que ces mosquées sont honorables selon le jugement de Allāh. « N’adorez donc personne avec Allāh », c’est-à-dire ne Lui associez rien, mais vouez-Lui un culte sincère et unique.
{ وَأَنَّهُ لَمَّا قَامَ عَبْدُ اللَّهِ يَدْعُوهُ كَادُوا يَكُونُونَ عَلَيْهِ لِبَدًا }
[19] wa ’annahu lammā qāma ʿabdullāhi yad’ūhu kādū yakūnūna ’alayhi libadā.
"Et que lorsque l’esclave de Allāh (Mouḥammad) s’est levé pour L’adorer, ils ont failli se rassembler autour de lui en foule compacte."
Et les djinns dirent : « Et que lorsque l’esclave de Allāh », Mouḥammad ﷺ, s’est levé pour L’adorer lorsqu’il priait la prière du Fajr et récitait le Qour’ān, « ils ont failli se rassembler autour de lui en foule compacte », c’est-à-dire que les djinns ou les humains ont failli former une foule dense les uns sur les autres en raison de leur désir d’écouter le Qour’ān. Ou bien, lorsque le Prophète a commencé à prêcher, les Arabes ont failli se rassembler contre lui pour anéantir la vérité qu’il avait apportée. Ibn ʿAbbās a dit : « libadā : des aides, partisans. »
{ قُلْ إِنَّمَا أَدْعُو رَبِّي وَلَا أُشْرِكُ بِهِ أَحَدًا }
[20] Qul innamā adʿū rabbī wa lā ushriku bihī aḥadā.
Dis : « Je n’adore que mon Seigneur, et je ne Lui associe personne. »
Dis Ô Mouḥammad" à ceux qui se pressent autour de toi, qu’il s’agisse des djinns ou des humains polythéistes. “Je n’adore que mon Seigneur et je ne Lui associe personne.” Le Prophète doit leur faire comprendre que le message qu’il apporte n’a rien de répréhensible. Il n’adore que son Seigneur seul, et cette adoration ne justifie pas leur hostilité. Alternativement, cela peut être une réponse aux djinns qui s’étonnaient de son adoration de Allāh, leur disant qu’il n’y a rien d’étonnant à adorer le Créateur, mais plutôt à adorer autre que Lui.
{ قُلْ إِنِّي لَا أَمْلِكُ لَكُمْ ضَرًّا وَلَا رَشَدًا }
[21] Qul innī lā amliku lakum ḍarrā wa lā rashadā.
Dis : « Je ne détiens pour vous ni nuisance ni bien. »
Dis Ô Mouḥammad je ne peux ni vous parvenir le bien ni le mal, car Seul Allāh peut cela, car c’est Lui le Créateur du bien et du mal. C’est Lui qui guide qui Il veut et égare qui Il veut.
{ قُلْ إِنِّي لَن يُجِيرَنِي مِنَ اللَّهِ أَحَدٌ وَلَنْ أَجِدَ مِن دُونِهِ مُلْتَحَدًا }
[22] Qul innī lan yujīranī mina l-lāhi aḥadun wa lan ajida min dūnihi multaḥadā.
Dis : « Personne ne peut me protéger du châtiment de Allāh, et je ne trouverai jamais de protecteur en dehors de Lui. »
Dis Ô Mouḥammad rien ne peut me protéger du châtiment de Allāh si je Lui désobéis. Ce verset fait écho à une situation où certains djinns auraient proposé au Prophète de le protéger s’il abandonnait son message. C’est un démenti direct à la proposition des djinns et une réaffirmation de sa totale dépendance envers son Créateur.
{ إِلَّا بَلَاغًا مِّنَ اللَّهِ وَرِسَالَاتِهِ وَمَن يَعْصِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَإِنَّ لَهُ نَارَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا }
[23] Illā balāghā mina l-lāhi wa risalātihi wa man yaʿṣi l-lāha wa rasūlahu fa inna lahu nāra jahannama khālidīna fīhā abadā.
Si ce n’est que j’ai à transmettre un message et des ordres venant de Allāh. Et quiconque désobéit à Allāh et à Son Messager, il aura le feu de l’enfer pour y demeurer éternellement.
Ce verset explique que la seule chose que le Prophète ﷺ peut faire pour les gens est de leur transmettre le message de Allāh et Ses commandements. Le Prophète ﷺ n’a aucun pouvoir sur leur destin, si ce n’est d’être celui qui reçoit la révélation. Le verset avertit ensuite que toute personne qui désobéit à Allāh et à Son Messager en refusant de croire sera jetée en enfer, où elle demeurera éternellement. Ce châtiment est d’une intensité insoutenable et ne prendra jamais fin. Ce verset réfute clairement la fausse croyance selon laquelle l’enfer pourrait être éphémère ou que ses habitants non-musulmans n’y resteraient pas pour toujours.
{ حَتَّىٰ إِذَا رَأَوْا مَا يُوعَدُونَ فَسَيَعْلَمُونَ مَنْ أَضْعَفُ نَاصِرًا وَأَقَلُّ عَدَدًا }
[24] Ḥattā idhā ra’aw mā yūʿadūna fasayaʿlamūna man aḍʿafu nāṣirān wa aqallu ʿadadā.
Jusqu’au jour où ils verront ce qui leur a été promis. Ils sauront alors qui a l’aide la plus faible et le nombre le plus petit.
Les non-croyants verront le châtiment qui leur a été promis, que ce soit un châtiment sur Terre ou celui de l’au-delà. À ce moment-là, toute incertitude disparaîtra, et ils réaliseront clairement qui est le plus faible en termes de soutien et de nombre. Ils comprendront que leurs divinités et leurs alliés ne leur sont d’aucune aide, et que les croyants, même s’ils étaient moins nombreux sur Terre, avaient le plus grand soutien, celui de Allāh.
{ قُلْ إِنْ أَدْرِي أَقَرِيبٌ مَّا تُوعَدُونَ أَمْ يَجْعَلُ لَهُ رَبِّي أَمَدًا }
[25] Qul in adrī a qarībun mā tūʿadūna am yajʿalu lahu rabbī amadā.
Dis : « Je ne sais pas si ce qui vous a été promis est imminent ou si mon Seigneur lui a fixé une échéance lointaine. »
Dis Ô Mouḥammad aux polythéistes je ne connaît pas le moment exact. Que ce soit pour un châtiment immédiat ou pour une échéance lointaine, Seul Allāh sait l’advenu du châtiment et de l’Heure de la fin du monde. Je ne sais que ce que Allāh m’a révélé.
{ عَالِمُ الْغَيْبِ فَلَا يُظْهِرُ عَلَىٰ غَيْبِهِ أَحَدًا }
[26] ʿĀlimu l-ghaybi fa lā yuḍhiru ʿalā ghaybihī aḥadā.
C’est Lui Qui sait toute les choses cachées [aux créatures], et Il n’accorde cette connaissance à aucune créature.
Ainsi Seul Allāh sait toute chose et nul autre que Lui ne sait toute chose
{ إِلَّا مَنِ ارْتَضَىٰ مِن رَّسُولٍ فَإِنَّهُ يَسْلُكُ مِن بَيْنِ يَدَيْهِ وَمِنْ خَلْفِهِ رَصَدًا }
[27] Illā mani r-taḍā min rasūlin fa innahū yasluku min bayni yadayhi wa min khalfihī raṣadā.
Cependant celui qu’Il agrée comme Messager ; Il lui accorde devant lui et derrière lui des anges gardiens.
Allāh, pour protéger le Messager, met des anges gardiens devant et derrière lui. Le mot "illā" est ici utilisé avec le sens de "mais" ou "cependant". Ces anges protègent le Messager des djinns.
{ لِيَعْلَمَ أَن قَدْ أَبْلَغُوا رِسَالَاتِ رَبِّهِمْ وَأَحَاطَ بِمَا لَدَيْهِمْ وَأَحْصَىٰ كُلَّ شَيْءٍ عَدَدًا }
[28] Liyaʿlama an qad ablaghū risalāti rabbihim wa aḥāṭa bimā ladayhim wa aḥṣā kulla shay’in ʿadadā.
Afin qu’il [Mouḥammad] sache qu’ils [les prophètes avant lui] ont bien transmis les messages de leur Seigneur. Et Il sait toute chose les concernant Il a dénombré toute chose.
C’est pour que le Prophète Mouḥammad ﷺ sache que les autres Messagers avant lui ont accompli leur mission en transmettant fidèlement les messages de Allāh. Certains exégètes disent que cela signifie que Mouḥammad ﷺ saura que Jibrīl et les anges ont bien transmis les messages de leur Seigneur.
La fin du verset réaffirme l’omniscience absolue de Allāh. Il sait tout ce que les Messagers ont reçu et transmis. Il a tout dénombré, y compris les plus petites choses comme les gouttes de pluie, les grains de sable, et les feuilles des arbres. Il sait absolument toute chose par une science unique qui ne change pas.
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