Tafsir & Exégèse de Sourate Al-Ma`ārij, 'āyah - Coran en français

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm | Au nom de Allāh, ar-Raḥmāni r-Raḥīm.

Le terme "Allāh" est le nom propre de l'Être nécessairement existant, digne de toutes les louanges, et il n'est pas dérivé. "Ar-Raḥmān" fait partie des noms spécifiques à Allāh; il signifie que Sa miséricorde englobe le croyant et le non-croyant dans ce bas monde. Cependant, Il ne fait miséricorde qu'aux croyants dans l'au-delà, comme il est dit dans sourat Al-'A^rāf/156 qui signifie: "Et Ma miséricorde englobe toute chose; Je la réserverai pour ceux qui ont évité la mécréance." "Ar-Raḥīm" est Celui Qui fait miséricorde aux croyants, comme Allāh dit dans sourat Al-'Aḥzāb/43 ce qui signifie: "Et Il est Miséricordieux envers les croyants." "Ar-Raḥmān" est plus éloquent que "Ar-Raḥīm" car l'augmentation dans la structure indique une augmentation dans le sens

Sourate al-Ma`ārij (70) est mecquoise, elle est de 44 'āyah.

﴿سَأَلَ سَائِلٌ بِعَذَابٍ وَاقِعٍ (1)﴾

[70:1] Sa'ala sa'ilun bi^adhābin wāqi^

Un demandeur a demandé un châtiment imminent.

Un demandeur parmi les mécréants a demandé un châtiment de la part de Allāh. Il se demandait sur qui il allait s'abattre et quand il aurait lieu. Allāh, en réponse à cette question, a révélé le verset suivant.

﴿لِلْكَافِرينَ لَيْسَ لَهُ دَافِعٌ (2)﴾

[70:2] Lilkāfirīna laysa lahu dāfi^

Pour les mécréants, que rien ne peut repousser.

Ce châtiment s'abattra sur les mécréants. Il a été dit que le sens du verset est : « un demandeur a demandé et un chercheur a cherché un châtiment imminent pour les mécréants ». An-Nasā'iyy et d'autres rapportent selon Ibn ^Abbās que la signification de (Sa'ala sa'ilun) est : « An-Naḍhr Ibnou l-Ḥārith, qui a dit : 'Ô Allāh, si cela est la vérité venant de Toi, alors fais pleuvoir sur nous des pierres du ciel.' » C'est alors que ce verset a été révélé. An-Naḍhr a été tué le jour de la bataille de Badr. Le sens de (laysa lahu dāfi^) est que ce châtiment s'abattra inévitablement sur eux, qu'ils le demandent ou non. Il s'agira d'un châtiment dans ce bas-monde par la mort et dans l'au-delà, car le châtiment s'abattra sur eux dans l'au-delà et rien ne pourra le repousser. Ibnou l-Mundhir rapporte que Al-Ḥasan a dit : Le verset (Sa'ala sa'ilun bi^adhābin wāqi^) a été révélé et les gens ont demandé : « Sur qui ce châtiment va-t-il s'abattre ? » Allāh a alors révélé le verset : (Lilkāfirīna laysa lahu dāfi^).

﴿مِنْ اللَّهِ ذِي الْمَعَارِجِ (3)﴾

[70:3] Mina l-Lāhi dhī l-ma^ārij

De la part de Allāh, Détenteur des Degrés.

Ce châtiment vient de la part de Allāh. Il n'y a pas de rempart qui puisse repousser ce châtiment de la part de Allāh pour les mécréants. (Dhī l-ma^ārij) signifie : "Détenteur des degrés", c'est-à-dire des degrés que montent les anges. Les degrés sont les cieux que les anges montent d'un ciel à l'autre. Il a été dit que cela signifie « Détenteur des faveurs et des grâces ».

﴿تَعْرُجُ الْمَلائِكَةُ وَالرُّوحُ إِلَيْهِ فِي يَوْمٍ كَانَ مِقْدَارُهُ خَمْسِينَ أَلْفَ سَنَةٍ (4)﴾

[70:4] Ta^ruju l-malā'ikatu wa r-Rūḥu 'ilayhi fī yawmin kāna miqdāruhu khamsīna 'alfa sanah

Les anges et Jibrīl y montent, en un jour dont la durée est de cinquante mille ans.

Cela signifie que les anges montent et Jibrīl ^alayhi s-salām, il est mentionné en dernier même s'il est un ange en raison de sa noblesse et de son rang élevé. Ils montent vers l'endroit honoré par Allā qui est leur demeure, qui se trouve au ciel, car le ciel est la source des miséricordes et des bénédictions. Il a été dit que cela signifie « vers Son Trône », et non pas comme l'ont prétendu les moujassimites que Allāh Ta^ālā habiterait le Trône, qu'Allāh nous en préserve. Allāh ^azza wa jall est exempt de l'endroit et de la direction. La mention de "vers" ne signifie pas un lieu où l'existence de Allāh prendrait fin, car Allāh Ta^ālā a informé au sujet de 'Ibrāhīm ^alayhi s-salām qu'il a dit : ('innī dhāhibun 'ilā rabbī sayahdīnī) c'est-à-dire vers l'endroit où mon Seigneur m'a ordonné d'aller. Son départ était de l'Iraq vers Ach-Chām, et il est certain que Allāh n'était pas à Ach-Chām, car les preuves irréfutables attestent que Allāh est exempt des directions et des endroits. Cela indique plutôt la noblesse du lieu visé, et de même pour le mot "ilayhi" dans le verset précédent.

Le jour mentionné est le Jour du Jugement. Sa durée est de cinquante mille ans du temps de ce bas-monde. Allāh a fait que sa durée soit de cinquante mille ans pour les mécréants, à partir du moment de la résurrection jusqu'à ce que les créatures soient jugées. Cette longue durée est pour les mécréants, et non pas pour les croyants. Il a été dit que le sens de ce verset est que la montée des anges du bas de la terre au Trône a une durée pour d'autres que les anges, s'ils montaient, qui est de cinquante mille ans. Aḥmad rapporte d'après Abū Sa^īd Al-Khouḍriyy, raḍiya l-Lāhou ^anhou, qui a dit : Il a été dit à Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم : (fī yawmin kāna miqdāruhu khamsīna 'alfa sanah) « Comme ce jour est long ! » Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم a répondu : "Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, il sera allégé pour le croyant, à tel point qu'il lui sera plus léger qu'une prière obligatoire qu'il accomplit dans ce bas-monde." Il rapporte également d'après Abū Sa^īd Al-Khouḍriyy, raḍiya l-Lāhou ^anhou, que Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم a dit : « Le Jour du Jugement, le mécréant sera debout pendant cinquante mille ans, comme il n'a pas œuvré dans ce bas-monde. Le mécréant verra l'enfer et il pensera qu'il y tombera d'une distance de quarante ans de marche. » Sache que celui qui a attendu longtemps la mort dans ce bas-monde en raison de la grande patience dont il a fait preuve en s'abstenant des désirs, son attente pendant ce jour sera courte. Sois donc parmi ces croyants. Tant qu'il te reste un souffle de ta vie, le choix t'appartient et la préparation est entre tes mains. Alors, œuvre durant ces jours courts pour les jours longs afin d'obtenir un gain dont la joie n'a pas de fin. Méprise ta vie, ou plutôt la vie de ce bas-monde, car si tu patientes en t'abstenant des péchés dans ce bas-monde pour être sauvé du châtiment d'un jour dont la durée est de cinquante mille ans, alors ton gain sera immense et ta fatigue sera minime.

﴿فَاصْبِرْ صَبْراً جَمِيلاً (5)﴾

[70:5] Faṣbir ṣabran jamīlā

Patiente donc d'une belle patience.

Cela signifie : « Ô Mouḥammad, patiente d'une belle patience », c'est-à-dire une patience qui n'a pas de plainte, ni d'affliction à l'égard d'un autre que Allāh. Le sens est : patiente face au mal que ces polythéistes te causent, et ne laisse pas ce que tu subis d'eux comme désagrément t'empêcher de transmettre le message que ton Seigneur t'a ordonné de leur transmettre. Ibnou l-Jawziyy a dit : « Les commentateurs ont dit : une patience sans affliction, et un groupe d'entre eux, comme Ibnou Zayd, a prétendu que cela a été révélé avant l'ordre du combat, puis a été abrogé par le verset de l'épée. »

﴿إِنَّهُمْ يَرَوْنَهُ بَعِيداً (6)﴾

[70:6] 'innahum yarawnahu ba^īdā

Eux le voient lointain.

Ces polythéistes voient le châtiment ou le Jour du Jugement comme lointain, c'est-à-dire qu'il n'aura pas lieu et ne se produira pas. Allāh ^azza wa jall a révélé qu'ils le voient lointain parce qu'ils ne le croyaient pas, et qu'ils niaient la résurrection après la mort, la rétribution et le châtiment.

﴿وَنَرَاهُ قَرِيباً (7)﴾

[70:7] Wa narāhu qarībā

Alors que Nous le voyons proche.

Le "Nous" dans ce verset est la forme du pluriel pour désigner la majesté. Le sens est que Nous savons que son avènement est proche, c'est-à-dire qu'il se produira inévitablement, car tout ce qui est à venir est proche.

﴿يَوْمَ تَكُونُ السَّمَاءُ كَالْمُهْلِ (8)﴾

[70:8] Yawma takūnu s-samā'u kal-muhl

Le jour où le ciel sera comme du plomb fondu.

Cela signifie comme du marc d'huile. Il a été dit que cela signifie comme ce qui est fondu du plomb, du cuivre ou de l'argent.

﴿وَتَكُونُ الْجِبَالُ كَالْعِهْنِ (9)﴾

[70:9] Wa takūnu l-jibālu kal-^ihn

Et les montagnes seront comme de la laine cardée.

C'est-à-dire comme de la laine de différentes couleurs, car les montagnes ont différentes couleurs. Lorsqu'elles seront réduites en poussière et dispersées dans l'air, elles ressembleront à la laine cardée que le vent a dispersée. Allāh les a comparées à la laine en raison de leur faiblesse et de leur souplesse. Il a été dit qu'elles y sont comparées en raison de leur légèreté et de leur déplacement.

﴿وَلا يَسْئَلُ حَمِيمٌ حَمِيماً (10)﴾

[70:10] Wa lā yas'alu ḥamīmun ḥamīmā

Et où aucun proche ne s'enquerra de son proche.

Cela signifie qu'un proche ne s'enquerra pas de son proche en raison de sa propre préoccupation due à l'horreur et à la gravité de ce jour, comme dans le verset de Allāh : ﴿Yawma yafirru l-mar'u min 'akhīh, wa 'ummihi wa 'abīh, wa ṣāḥibatihi wa banīh, likulli mri'in minhum yawma'idhin sha'nun yughnīh﴾ (Sourat ^Abas) « Le jour où l'homme s'enfuira de son frère, de sa mère et de son père, de son épouse et de ses enfants, ce jour-là chacun aura sa propre préoccupation qui lui suffira. »

﴿يُبَصَّرُونَهُمْ يَوَدُّ الْمُجْرِمُ لَوْ يَفْتَدِي مِنْ عَذَابِ يَوْمِئِذٍ بِبَنِيهِ (11)﴾

[70:11] Yubaṣṣarūnahum yawaddu l-mujjrimu law yaftadī min ^adhābi yawmi'idhin bibanīh

On les leur rendra visibles. Le criminel souhaiterait pouvoir se racheter du châtiment de ce jour en sacrifiant ses enfants.

Ils les verront et l'homme verra son père, son frère, ses proches et sa tribu, mais il ne leur demandera rien et ne leur adressera pas la parole, car chacun sera préoccupé par sa propre personne. ﴿Yawaddu l-mujrimu﴾, c'est-à-dire le mécréant, souhaite ﴿law yaftadī min ^adhābi yawmi'idhin﴾, c'est-à-dire se racheter du châtiment du Jour du Jugement par celui qui lui était le plus cher dans ce bas-monde, mais il ne pourra pas. Allāh les a ensuite mentionnés en disant ﴿bibanīh﴾, c'est-à-dire ses enfants.

﴿وَصَاحِبَتِهِ وَأَخِيهِ (12)﴾

[70:12] Wa ṣāḥibatihi wa 'akhīh

et son épouse et son frère.

Et son épouse.

﴿وَفَصِيلَتِهِ الَّتِي تُئْوِيهِ (13)﴾

[70:13] Wa faṣīlatihi l-latī tu'wīh

et sa tribu qui le protégeait.

C'est-à-dire sa tribu (l-latī tu'wīh) qui le rassemble et où il trouve refuge.

﴿ وَمَنْ فِي الأَرْضِ جَمِيعاً ثُمَّ يُنجِيهِ (14)﴾

[70:14] Wa man fī l-'arḍi jamī^an thumma yunjīh

ainsi que tous ceux qui sont sur terre, si cela pouvait le sauver.

C'est-à-dire les gens. (Thumma yunjīh), c'est-à-dire que ce rachat le délivrerait du châtiment de Allāh. C'est-à-dire que le mécréant aimerait pouvoir se racheter par eux s'il le pouvait. Allāh ^azza wa jall a commencé par mentionner les enfants, puis l'épouse, puis le frère, afin d'informer Ses esclaves qu'en raison de l'immense épreuve qui s'abattra sur le mécréant ce jour-là, s'il trouvait un moyen de se racheter par les personnes qui lui étaient les plus chères et les plus proches par le lien de parenté dans ce bas-monde, il le ferait. Ibnou Ḥibbān a rapporté d'après ^Uqbah Ibnou ^Āmir qui a dit : J'ai vu Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم dire : « Le soleil s'approchera de la terre, et les gens transpireront. Parmi eux, il y en a dont la sueur atteindra leurs chevilles, et d'autres jusqu'à la moitié des jambes, et d'autres jusqu'aux genoux, et d'autres jusqu'au bassin, et d'autres jusqu'à la hanche, et d'autres jusqu'au cou, et d'autres jusqu'au milieu de leur bouche », et il a indiqué avec sa main, en mettant sa main devant sa bouche, et il a dit : « J'ai vu Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم faire ainsi. Et il y en a dont la sueur les recouvrira », et il a fait un geste avec sa main. Ibnou Ḥibbān a également rapporté d'après ^Abdou l-Lāh Ibnou Mas^oud, raḍiya l-Lāhou ^anhou, que le prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Le mécréant sera tellement inondé de sueur le Jour du Jugement qu'il dira : 'Délivre-moi, ne serait-ce que par l'enfer.' » Si telle est la situation du mécréant qui appelle pour que Allāh le fasse entrer en enfer en raison de la douleur et du tourment intenses qu'il subit en attendant le jugement, que dire de son état une fois qu'il y sera entré ? Quant au croyant pieux, Allāh le protégera par l'ombre du Trône, là où il n'y aura d'ombre que la sienne. Nous demandons à Allāh la sécurité dans ce bas-monde et dans l'au-delà.

﴿كَلاَّ إِنَّهَا لَظَى (15)﴾

[70:15] Kallā 'innahā laẓā

Non, certes, c'est un feu flamboyant.

Ce verset est un rejet de la part du criminel et une négation de ce qu'il souhaite comme rachat. Le verset indique que le rachat ne le sauvera pas du châtiment de Allāh. Allāh ^azza wa jall a ensuite commencé à informer de ce qu'Il a préparé pour le mécréant le Jour du Jugement en disant : ('innahā), c'est-à-dire l'enfer, (laẓā), c'est-à-dire Jahannam. Elle a été appelée Laḍhā parce qu'elle s'enflamme pour le mécréant.

﴿نَزَّاعَةً لِلشَّوَى (16)﴾

[70:16] Nazzā^atan li ch-chawā

Qui arrache la peau.

(Chawā) est le pluriel de (chawāh) qui signifie la peau de la tête, c'est-à-dire qu'elle arrache la peau de la tête. Il a été dit que (chawa) désigne les extrémités du corps humain, comme les mains et les pieds. Le sens est qu'elle arrache les membres qui se trouvent aux extrémités du corps, puis ils redeviennent comme ils étaient, et ainsi de suite éternellement.

﴿تَدْعُوا مَنْ أَدْبَرَ وَتَوَلَّى (17)﴾

[70:17] Tad^ū man 'adbara wa tawallā

Elle appelle ceux qui ont tourné le dos et se sont détournés.

L'enfer appelle réellement vers lui. Allāh y crée la parole comme Il la crée dans les membres. ﴿Man 'adbara﴾ dans ce bas-monde, de l'obéissance à Allāh, ﴿wa tawallā﴾ de la croyance en Allāh et en Son messager. Son appel est qu'elle dit : « Viens à moi, ô polythéiste ! Viens à moi, ô mécréant ! » Elle appelle les mécréants, puis elle les saisit comme un oiseau saisit un grain.

﴿وَجَمَعَ فَأَوْعَى (18)﴾

[70:18] Wa jama^a fa'aw^ā

et qui a amassé et thésaurisé.

Il a amassé de l'argent ﴿fa'aw^ā﴾, c'est-à-dire qu'il l'a mis dans sa bourse et a refusé de donner ce qui est un droit de Allāh sur lui.

﴿إِنَّ الإِنسَانَ خُلِقَ هَلُوعاً (19)﴾

[70:19] 'inna l-'insāna khuliqa halū^ā

Certes, l'homme a été créé de nature très avide.

Le terme "homme" est utilisé ici pour désigner l'espèce, c'est pourquoi il en a été fait une exception avec Sa Parole : "sauf les accomplisseurs de la prière". ﴿Khuliqa halū^ā﴾. En langue arabe, le ḥala^ est la plus grande avidité, la pire et la plus horrible affliction. L'explication du verset se trouve dans ce qui suit, à savoir la Parole de Allāh Ta^ālā : ﴿'idhā massahu ch-charru jazū^ā﴾.

﴿إِذَا مَسَّهُ الشَّرُّ جَزُوعاً (20)﴾

[70:20] 'idhā massahu ch-charru jazū^ā

quand un mal le touche, il s'afflige grandement.

Quand un mal le touche, il s'afflige fortement et n'endure pas.

﴿وَإِذَا مَسَّهُ الْخَيْرُ مَنُوعاً (21)﴾

[70:21] Wa 'idhā massahu l-khayru manū^ā

Et quand un bien le touche, il est avare.

C'est-à-dire que s'il a beaucoup de richesses et obtient de l'abondance, il est avare avec ce qu'il a en sa possession, il est pingre et ne dépense pas pour obéir à Allāh ni ne s'acquitte du droit de Allāh.

Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم a dit : « Le pire des caractères chez l'homme est une avidité qui le rend avide, et une lâcheté qui le prive du cœur. » Rapporté par Abū Dāwūd et d'autres. Al-Ḥāfiḍh, le faqīh Mouḥammad Mourtadā az-Zoubaydiyy al-Ḥanafiyy raḥimahou l-Lāh Ta^ālā a dit en explication du texte de Al-'Iḥyā' : « Le pire des caractères chez l'homme », c'est-à-dire de ses défauts, « est une avidité qui le rend avide », c'est-à-dire une avidité qui l'incite à convoiter l'argent et à s'affliger de sa disparition. « Et une lâcheté qui le prive du cœur », c'est-à-dire une lâcheté extrême, comme si elle lui arrachait son cœur, en raison de sa peur intense des créatures. Al-^Irāqiyy a dit : « Abū Dāwūd l'a rapporté d'après le ḥadīth d'Abū Hourayrah avec une bonne chaîne de transmission. » J'ajoute que Al-Boukhāriyy l'a également rapporté dans At-Tārīkh, et Al-Ḥakīm dans An-Nawādir, et Ibnou Jarīr dans At-Tahdhīb, et Al-Bayhaqiyy dans Ach-Chou^ab, et Ibnou Ṭāhir a dit : « Sa chaîne de transmission est connectée. » Fin des paroles d'Az-Zoubaydiyy.

﴿إِلاَّ الْمُصَلِّينَ (22)﴾

[70:22] 'illā l-muṣallīn

sauf ceux qui accomplissent la prière.

Ce sont les gens de la foi en Allāh. C'est une exception, et c'est pour cela qu'Il les a décrits par ce qu'Il les a décrits, à savoir la patience face aux épreuves et les belles qualités. Le sens est : sauf ceux qui obéissent à Allāh en accomplissant la prière qu'Il a rendue obligatoire pour Ses esclaves.

﴿الَّذِينَ هُمْ عَلَى صَلاتِهِمْ دَائِمُونَ (23)﴾

[70:23] Al-ladhīna hum ^alā ṣalātihim dā'imūn

Ceux qui persévèrent dans leur prière.

La prière obligatoire que Allāh a rendue obligatoire pour Ses esclaves. (Dā'imūn), c'est-à-dire qu'ils y sont assidus à leurs heures et ne la délaissent pas.

﴿ وَالَّذِينَ فِي أَمْوَالِهِمْ حَقٌّ مَعْلُومٌ (24)﴾

[70:24] Wa l-ladhīna fī 'amwālihim ḥaqqun ma^lūm

et ceux dans les biens desquels il y a une part déterminée.

C'est-à-dire la zakāt obligatoire.

﴿لِلسَّائِلِ وَالْمَحْرُومِ (25)﴾

[70:25] Li s-sā'ili wa l-maḥrūm

pour le mendiant et le miséreux qui s'abstient de demander.

Le mendiant est le nécessiteux qui demande aux gens en raison de sa pauvreté. (Wa l-maḥrūm), c'est-à-dire celui qui est digne, qui ne demande rien aux gens et n'informe pas les gens de son besoin. Il a été dit d'autres choses.

﴿وَالَّذِينَ يُصَدِّقُونَ بِيَوْمِ الدِّينِ (26)﴾

[70:26] Wa l-ladhīna yuṣaddiqūna biyawmi d-dīn

et ceux qui déclarent véridique le Jour du Jugement.

C'est-à-dire qu'ils croient et ont une croyance ferme (biyawmi d-dīn), qui est le Jour du Jugement, c'est-à-dire qu'ils croient en la résurrection, au rassemblement, à la rétribution et au jugement.

﴿وَالَّذِينَ هُمْ مِنْ عَذَابِ رَبِّهِمْ مُشْفِقُونَ (27)﴾

[70:27] Wa l-ladhīna hum min ^adhābi rabbihim muchfiqūn

et ceux qui craignent le châtiment de leur Seigneur.

C'est-à-dire ceux qui, dans ce bas-monde, ont peur que leur Seigneur les châtie dans l'au-delà. C'est pourquoi, par crainte de cela, ils ne délaissent aucune obligation et ne transgressent aucune de Ses limites.

﴿إِنَّ عَذَابَ رَبِّهِمْ غَيْرُ مَأْمُونٍ (28)﴾

[70:28] 'inna ^adhāba rabbihim ghayru ma'mūn

car le châtiment de leur Seigneur n'est pas à l'abri d'être craint.

C'est-à-dire que personne ne doit se sentir en sécurité. Il doit être entre la peur et l'espoir : il craint le châtiment de son Seigneur et espère Sa miséricorde.

﴿وَالَّذِينَ هُمْ لِفُرُوجِهِمْ حَافِظُونَ (29)﴾

[70:29] Wa l-ladhīna hum lifouroujihim ḥāfiḍhūn

Et ceux qui préservent leur chasteté.

Ils la préservent des interdits comme l'adultère et autres. Al-Boukhāriyy a rapporté dans son Ṣaḥīḥ que Rassoulou l-Lāh صلى الله عليه وسلم a dit ce qui signifie : « Celui qui me garantit ce qui est entre ses mâchoires et ce qui est entre ses jambes, je lui garantis le Paradis. »

إِلَّا عَلَى أَزْوَاجِهِمْ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَإِنَّهُمْ غَيْرُ مَلُومِينَ

[70:30] Illā ^alā azwājihim aw mā malakat aymānuhum fa innahum ghayru malūmīn

sauf avec leurs épouses et les femmes qui leurs sont licites. Dans ce cas, ils ne sont pas blâmables,

C’est-à-dire, à l'exception de leurs femmes que Allāh leur a rendues licites. Dans ce cas, ils ne sont pas blâmés, car Allāh leur a rendu licite le plaisir par le rapport intime et par d'autres moyens. Il n'y a donc pas de reproche à leur faire à ce sujet.

فَمَنْ ابْتَغَى وَرَاءَ ذَلِكَ فَأُوْلَئِكَ هُمْ الْعَادُونَ

[70:31] Fa mani btaghā warā'a dhalika fa ulā'ika humu l-^ādūn

ceux qui, par contre, voudront le dépasser, ceux-là sont les transgresseurs.

C'est-à-dire, ceux qui recherchent des rapports intimes en dehors de leurs épouses ou de leurs femmes qui sont licites, ce sont là les injustes qui ont dépassé la limite du licite pour aller vers l’illicite.

وَالَّذِينَ هُمْ لِأَمَانَاتِهِمْ وَعَهْدِهِمْ رَاعُونَ

[70:32] Wa lladhīna hum li amānātihim wa ^ahdihim rā^ūn

et ceux qui préservent les dépôts qui leur sont confiés ainsi que leurs engagements,

C’est-à-dire, ceux qui préservent les dépôts que Allāh leur a confiés, qu'ils soient des paroles, des actes ou des croyances. Cela inclut toutes les obligations, qu'elles soient des actions à accomplir ou des interdictions à respecter, et il est obligatoire de toutes les accomplir. De même, ils préservent les dépôts que les gens leur ont confiés en veillant sur eux jusqu'à ce qu'ils soient rendus. Ils respectent également les engagements de Allāh, ceux qu’Il a pris envers eux en leur ordonnant de Lui obéir dans ce qu'Il a commandé et interdit, ainsi que les engagements qu'ils ont pris avec d'autres. "rā^ūn" signifie qu’ils sont vigilants, qu’ils ne les négligent pas mais les honorent et les respectent comme Allāh leur a demandé de le faire.

وَالَّذِينَ هُمْ بِشَهَادَاتِهِمْ قَائِمُونَ

[70:33] Wa lladhīna hum bi shahādātihim qā'imūn

et ceux qui accomplissent leurs témoignages,

C’est-à-dire qu’ils ne cachent pas ce sur quoi il leur a été demandé de témoigner, mais ils l'assument sans le modifier ni le changer. Ce témoignage fait partie de l'honnêteté, mais Allāh le mentionne spécifiquement en raison de son importance, car c'est par lui que les droits sont maintenus et préservés, alors qu’ils sont perdus et négligés par son abandon.

وَالَّذِينَ هُمْ عَلَى صَلَاتِهِمْ يُحَافِظُونَ

[70:34] Wa lladhīna hum ^alā ṣalātihim yuḥāfiḍhūn

et ceux qui sont assidus à leurs prières.

C’est-à-dire qu’ils accomplissent les cinq prières obligatoires dans leurs temps, en respectant leurs conditions et leurs piliers.

أُوْلَئِكَ فِي جَنَّاتٍ مُكْرَمُونَ

[70:35] Ulā'ika fī jannātin mukramūn

Ceux-là seront dans des Jardins, honorés.

Cela signifie que ceux qui possèdent ces qualités seront dans des jardins, et Allāh les honorera par Sa grâce.

فَمَالِ الَّذِينَ كَفَرُوا قِبَلَكَ مُهْطِعِينَ

[70:36] Fa māli lladhīna kafarū qibalaka muḥṭi^īn

Qu’ont-ils donc, ceux qui ne croient pas, à accourir vers toi, le cou tendu,

C'est-à-dire, qu'est-ce qui arrive aux mécréants pour qu’ils soient dirigés vers toi, ô Moḥammed ? "muḥṭi^īn" signifie qu'ils se hâtent pour te démentir. On a dit aussi qu'ils se précipitent pour t'écouter afin de te critiquer et de se moquer de toi. On a aussi dit qu'ils se précipitent vers toi, le cou tendu, le regard fixe, comme un regard d'ennemi.

عَنْ الْيَمِينِ وَعَنْ الشِّمَالِ عِزِينَ

[70:37] ^Ani l-yamīni wa ^ani sh-shimāli ^izīn

de la droite et de la gauche, en groupes ?

C’est-à-dire, à la droite et à la gauche du Prophète صلى الله عليه وسلم, ils sont en groupes séparés, formant des cercles et des assemblées, tournant le dos à toi et au Livre de Allāh.

أَيَطْمَعُ كُلُّ امْرِئٍ مِنْهُمْ أَنْ يُدْخَلَ جَنَّةَ نَعِيمٍ

[70:38] A yaṭma^u kullu mri'in minhum an yudkhala jannata na^īm

Chacun d’eux convoite-t-il qu’il soit admis au Jardin des délices ?

C’est-à-dire, est-ce que chacun de ces mécréants espère entrer au Paradis comme les musulmans y entrent et jouir de ses délices ?

كَلاَّ إِنَّا خَلَقْنَاهُمْ مِمَّا يَعْلَمُونَ

[70:39] Kallā innā khalaqnāhum mimmā ya^lamūn

Non ! Vraiment, Nous les avons créés de ce qu’ils savent.

Ceci est un rejet et une réprimande pour leurs espérances. Le sens est qu'ils n'entreront pas au Paradis. "Innā khalaqnāhum mimmā ya^lamūn" signifie qu’ils savent qu’ils ont été créés d'une goutte de sperme, puis d'un caillot de sang, puis d'un morceau de chair, tout comme le reste de leur espèce. Ils n'ont donc aucune vertu qui leur donnerait le droit d’être au Paradis. Celui-ci est gagné par la foi, les bonnes œuvres et la Miséricorde de Allāh.

فَلَا أُقْسِمُ بِرَبِّ الْمَشَارِقِ وَالْمَغَارِبِ إِنَّا لَقَادِرُونَ

[70:40] Fa lā uqsimu bi rabbi l-mashāriqi wa l-maghāribi innā la qādirūn

Eh bien, Je jure par le Seigneur des levants et des couchants,

C'est-à-dire : "Je jure par le Seigneur des levants" du soleil et de ses couchants. Les levants et les couchants concernent le lever et le coucher de chaque jour.

عَلَى أَنْ نُبَدِّلَ خَيْراً مِنْهُمْ وَمَا نَحْنُ بِمَسْبُوقِينَ

[70:41] ^Alā an nubaddila khayran minhum wa mā naḥnu bi masbūqīn

Nous sommes certes Capable de les remplacer par de meilleurs qu’eux, et Nous ne sommes pas incapable.

C’est-à-dire que Nous sommes capables de les anéantir et de créer à leur place des gens meilleurs et plus obéissants à Allāh. "wa mā naḥnu bi masbūqīn" signifie que Nous ne sommes pas incapables ou vaincus de les anéantir et de les remplacer par ceux qui sont meilleurs qu'eux. Rien ne nous échappe et aucune affaire n'est difficile pour nous.

فَذَرْهُمْ يَخُوضُوا وَيَلْعَبُوا حَتَّى يُلَاقُوا يَوْمَهُمْ الَّذِي يُوعَدُونَ

[70:42] Fa dharhum yakhūḍū wa yal^abū ḥattā yulāqū yawmahumu lladhī yū^adūn

Laisse-les donc s’enfoncer dans leurs discussions (futiles) et se divertir, jusqu’à ce qu’ils rencontrent le Jour dont ils sont menacés.

C'est-à-dire, laisse les négateurs et abandonne-les. Cette expression est un ordre qui a le sens d’une menace. "yakhūḍū" signifie qu’ils s'enfoncent dans leurs futilités. "wa yal^abū" signifie qu’ils se divertissent dans leur vie mondaine. "ḥattā yulāqū yawmahumu lladhī yū^adūn" signifie qu'ils subiront le châtiment du Jour de la Résurrection dont ils sont menacés.

يَوْمَ يَخْرُجُونَ مِنْ الْأَجْدَاثِ سِرَاعاً كَأَنَّهُمْ إِلَى نُصُبٍ يُوفِضُونَ

[70:43] Yawma yakhrujūna mina l-ajdāthi sirā^an ka annahum ilā nuṣubin yūfiḍūn

le Jour où ils sortiront des tombes, hâtifs, comme s’ils couraient vers des pierres dressées.

C'est-à-dire des tombes, "sirā^an" : en se hâtant lorsqu'ils entendent le dernier cri pour répondre à l'appel. Le sens est qu'ils sortent des tombes en se précipitant vers le lieu du Rassemblement, "ka annahum ilā nuṣubin" : comme s’ils se dirigeaient vers des idoles qu'ils adoraient. "yūfiḍūn" signifie qu’ils se précipitent. Le sens de ce verset est qu'ils sortent des tombes en se hâtant vers l'Appel, s'y précipitant comme ils se précipitaient autrefois vers leurs idoles pour les toucher. Les "nuṣub" sont les idoles que les gens de la Jahiliyyah adoraient et qu'ils vénéraient en se rendant auprès d'elles.

خَاشِعَةً أَبْصَارُهُمْ تَرْهَقُهُمْ ذِلَّةٌ ذَلِكَ الْيَوْمُ الَّذِي كَانُوا يُوعَدُونَ

[70:44] Khāshi^atan abṣāruhum tarhaquhum dhillah dhālika l-yawmu lladhī kānū yū^adūn

leurs regards sont baissés, et une humiliation les couvre. C’est cela le Jour dont ils étaient menacés.

C’est-à-dire que leurs regards sont humiliés et soumis, ils ne les lèvent pas en raison du châtiment de Allāh qu’ils attendent. "tarhaquhum dhillah" signifie que l’humiliation les recouvre. "dhālika l-yawmu" : ce jour-là, le Jour du Jugement, "alladhī kānū yū^adūn" : dont ils étaient menacés dans la vie d'ici-bas par le châtiment qui les attend.

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