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Ne pas Donner des avis de religion (fatwa) sans science

La voie de la sauvegarde, c’est de se préserver d’abord nous-mêmes, avant de donner un avis de jurisprudence, et de nous rappeler que nous avons devant nous le Paradis et l’enfer. Si la réponse à la question est claire pour nous, comme la clarté du soleil au milieu du ciel, on répond, sinon on ne répond pas. On ne donne aucun avis à partir de ses passions, car celui qui suit ses passions court à sa perte et chutera.

L’Imam An-Nawawiyy explique le ḥadīth al-Jâriyah (ḥadīth de la femme esclave)

L’Imam An-Nawawiyy confirme que Dieu n’a aucune ressemblance avec les créatures, il est impossible à son sujet la localisation et la direction et que les ḥadîths équivoques ne sont pas interprétés dans un sens qui n’est pas digne de Allāh.

L’Imam Al-Qourtoubi explique le ḥadīth de la femme esclave et le verset « A-amintoum man fi s-samâ’ »

L’Imam Al-Qourtoubi confirme que la voie des gens de la vérité est de croire que Allāh n’est ni dans les cieux, ni au-dessus des cieux, ni sur terre. Et il explique que le verset « A-’amintoum man fis-samâ’ » [sôurat Al-Moulk], ainsi que le Hadîth de la femme esclave (jâriyah) et les autres textes de cet ordre, ne sont pas à prendre selon le sens apparent, mais qu’ils doivent être interprétés de manière correct.

Exégèse de soūrat Al-Moulk ’āyah 1 à 5

’a’amintoum m-man fi s-samā’i c’est-à-dire ne craignez-vous pas que celui qui est au ciel c’est-à-dire l’ange chargé du châtiment, qui est Jibrīl, ne vous enfonce dans la terre, c’est-à-dire qu’elle va vers le bas comme a subit cela qāroūn à l’époque de notre maître Moūçā, la terre s’est fissurée et l’a englouti, et comme Jibrîl a fait cela avec aussi avec le peuple de Loūṭ. fa’idhā hiya tamoūr c’est-à-dire qu’elle bouge avec les gens sur elle.

Allāh existe sans endroit

Parmi les fondements de la croyance des musulmans, indiqués par les preuves et par les arguments catégoriques tirés à partir du Qour’ân, du Hadîth, de la raison et de l’unanimité -al-‘ijmâʿ-, il y a l’exemption de Allāh soubḥânahou wa taʿâlâ de la localisation dans un endroit ou du fait d’être diffus dans tous les endroits. Notre Seigneur soubḥânahou wa taʿâlâ est le Créateur des endroits, Il existe avant l’existence de tous les endroits, sans en avoir besoin. Ensuite, Il a créé les endroits et après les avoir créés, Il est tel qu’Il est de toute éternité, c’est-à-dire sans endroit. En effet, Allāh soubḥânah fait changer les choses alors que Lui-même ne change pas, tout comme cela s’est répandu parmi les musulmans du commun ainsi que parmi leurs savants. En effet, si le changement était possible au sujet de Allāh, Il aurait besoin de qui le ferait changer. Or, celui qui a besoin d’autrui ne peut être un dieu.

Interprétation du Qour’ān Exégèse soūrat Yāçīn ’āyah 26 à 32

Ḥabīb An-Najār a dit: « Si seulement mon peuple sait le pardon que Dieu m’a accordé et ce par quoi Il m’a honoré qui est le Paradis », qui est la récompense du musulman. Et il lui a été dit: « Entre au Paradis », c’est-à-dire sa récompense car il est mort musulman, c’est d’entrer au Paradis, et cela montre que le Paradis est déjà créé. Le Paradis est au-dessus du septième ciel, séparé, il y a sept cieux séparés et au-dessus, il y a le Paradis. Et l’enfer est déjà créé, il est en dessous de la septième terre. Et la tombe de Ḥabīb An-Najār est dans le marché d’Antakya, il est celui qui a cru aux envoyés de ʿĪçā’. Tous les Prophètes ont appelé à l’Islam, qui est la religion de vérité.

Le sens du ḥadīth de la femme esclave (al-jāriyah).

An-Nawawiyy dans son commentaire du ḥadīth a dit : « La parole (’ayna l-Lāh) est une interrogation au sujet du mérite (al-makānah) et non au sujet de l’endroit (al-makān) ». Elle signifie : Quelle glorification accordes-tu dans ton cœur pour Allāh ? Et lorsqu’elle a répondu : (Fi s-samā’), cela veut dire qu’Il a un très grand mérite, c’est-à-dire que Allāh mérite une très grande vénération. Il n’est pas permis de croire que le Messager a interrogé cette femme esclave au sujet de l’endroit. Il n’est pas permis non plus de croire que cette femme esclave a voulu dire qu’Il habite le ciel.

Explication Traité de Croyance Musulmane de l’Imam Ibnou ʿASAKIR - Partie 3

Allāh est Celui Qui sait les choses cachées et les choses apparentes, rien ne Lui échappe sur Terre comme au ciel. Il sait ce qui est sur Terre et dans la mer. Aucune feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Il n’est pas une graine dans les obscurités de la terre, ni une plante verte ou desséchée sans que cela ne soit inscrit dans un livre clair. Allāh englobe toute chose par Sa science et Il sait le nombre de toute chose.

Exégèse de soūrat Al-Moulk ’āyah 16 à 20

’a’amintoum m-man fi s-samā’i ’an yakhsifa bikoum l-’arḍa fa’idhā hiya tamoūr c’est-à-dire ne craignez-vous pas que celui qui est au ciel c’est-à-dire l’ange chargé du châtiment, qui est Jibrīl, ne vous enfonce dans la terre, c’est-à-dire qu’elle va vers le bas comme a subit cela qârôun à l’époque du prophète Moūçā Moise, la terre s’est fissurée et l’a englouti, et comme Jibrīl a aussi fait cela avec le peuple de Loūṭ. fa’idhā hiya tamoūr c’est-à-dire qu’elle est en mouvement avec les gens sur elle.

Preuves du Qour’ân sur l’existence de versets explicites et de versets non explicites

Allāh taʿālā dit ce qui signifie : « C’est Lui Qui a fait descendre sur toi le Livre qui comporte des verset explicites (mouḥkamah) qui sont la base du Livre (qui constituent la majeur partie des versets du Qour’ân) et d’autres [versets qui sont] non explicites (moutachâbihah) » [sourat ‘Ali ʿImrân / ‘ayah 7].

Les versets non explicites

Dans la langue arabe, il y a de grandes possibilités d’utilisation des sens figurés et beaucoup de richesse dans le langage. De plus, les compagnons du Prophète ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam connaissaient les racines des mots et comprenaient leurs diverses significations. Celui donc qui ne s’autorise jamais à expliquer les textes par un autre sens que le sens apparent, c’est en raison de son peu de compréhension de la langue arabe. Quant à celui qui a de vastes connaissances dans la langue arabe d’origine [la langue dans laquelle a été révélé le Qour’ân], il lui est facile de comprendre les sens réels.

Les ḥadīth non explicites

Al-Boukhāriyy a rapporté que le Messager de Allāh ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam a dit: سَبْعَةٌ يُظِلُّهُمُ اللَّهُ فِي ظِلِّهِ يَوْمَ لاَ ظِلَّ إِلاَّ ظِلُّهُ (sabʿatoun youḍhil-louhoumou l-Lâhou fī ḍhil-lih yawma lâ ḍhilla ‘il-lâ ḍhillouh) ce qui signifie : « Il y a sept catégories de personnes que Allāh protègera à l’ombre du Trône, le Jour où il n’y aura pas d’autres ombres que l’ombre du Trône ». Dans ce ḥadīth, il s’agit d’une indication que l’ombre en question correspond à l’ombre d’une chose honorée (at-tachrîf) selon le jugement de Allāh, et il s’agit du Trône. Ce ḥadīth ne signifie donc pas comme le prétendent faussement les moujassimah [ceux qui attribuent à Allāh le corps], que ces sept catégories de personnes seront sous l’ombre de Dieu au Jour du Jugement. Ces égarés ont clairement affichés leur croyance anthropomorphiste en donnant à ce ḥadīth une telle signification.